Netanyahu rencontre Trump en urgence à Washington cause de cette menace iranienne
Pour le Premier ministre israélien, l’objectif est de taille : persuader Donald Trump de ne pas écarter le programme balistique iranien des négociations.

Une rencontre en haute sphère et au caractère très urgent. Ce mercredi 11 février, Benjamin Netanyahu va rencontrer Donald Trump, à Washington, pour aborder notamment, et surtout, l’Iran et son programme balistique. Cette entrevue, qui était à l’origine prévue une semaine plus tard, a été avancée sur demande du Premier Ministre israélien.
« J’exposerai au président (américain) nos vues concernant les principes des négociations, les principes importants […] non seulement pour Israël, mais pour quiconque […] souhaite la paix et la sécurité au Moyen-Orient », a déclaré le Premier Ministre israélien avant son départ pour les États-Unis. Comprendre : Israël veut s’assurer que les États-Unis n’oublieront pas leurs exigences dans les négociations en cours avec l’Iran.
Car Netanyahu le sait, il ne doit pas rater le train de ces discussions entre les deux pays. « Il y a une vraie inquiétude d’Israël sur l’accord qu’il pourrait y avoir entre les États-Unis et l’Iran », explique David Rigoulet-Roze, chercheur associé à l’Institut français d’analyse stratégique et rédacteur en chef de la revue Orients Stratégiques. Les deux pays se sont rencontrés pour des premiers pourparlers à Oman, ce vendredi 6 février. Un dialogue qui a « bien commencé » selon les deux parties.
« Cette question des missiles est existentielle »
Parmi les requêtes mises sur la table par les Américains : l’abandon par l’Iran de son programme nucléaire, la limitation des capacités balistiques du pays et l’arrêt de son soutien à des groupes armés hostiles à Israël, comme les rebelles Houthis du Yémen, le mouvement islamiste libanais Hezbollah ou le Hamas. Ces points sont également des exigences d’Israël.
Mais pour ces derniers, « le problème le plus urgent n’est pas de manière immédiate la question nucléaire, mais plutôt celle du balistique, donc des missiles et drones », assure David Rigoulet-Roze. Car Israël n’a pas oublié la guerre de douze jours, du 13 au 24 juin 2025, durant laquelle les deux pays se sont affrontés à coups de missiles et de frappes aériennes, affaiblissant son économie.
Les Israéliens se souviennent notamment des missiles lourds d’une portée de près de 2 000 kilomètres ; inquiétant quand on sait que Téhéran est à… 2000km de l’État hébreux. S’ajoute à cela le nouveau Khorramshahr 4, dévoilé début février, avec une trajectoire modulable, et que l’on dit capable d’atteindre Israël en moins de douze minutes. « Israël considère donc que cette question des missiles est existentielle », souligne le chercheur.
Et c’est précisément ce point qui semble être impossible à négocier. À l’issue des discussions avec les Américains, le ministre iranien avait répété que la question des capacités balistiques ne pourrait « jamais être négociée », s’agissant « d’un enjeu de défense ».
Trump fera-t-il l’impasse sur les exigences de Netanyahu ?
« L’inquiétude d’Israël réside dans le fait de savoir si les États-Unis ont l’intention ou non d’intégrer cette problématique dans les paramètres d’un éventuel accord », ajoute le spécialiste. Car Trump souhaite, le plus possible, usé de la voie diplomatique et conclure un accord. Bien qu’il ait déjà menacé d’une intervention militaire et positionné une « armada » au large du pays, le président américain qui se présente en leader de la paix dans le monde préférerait éviter d’avoir à en arriver là.
Des craintes telles que, bien que ces exigences aient déjà été formulées à plusieurs reprises, « Netanyahu voulait transmettre personnellement à Trump les nouvelles données des services de renseignements israéliens », sur le programme balistique iranien, explique le chercheur.
L’Iran disposerait désormais de 1500 à 2000 missiles balistiques, de 60 à 80 lanceurs ces missiles, et aurait même une capacité de production allant jusqu’à 200 missiles par mois. Des chiffres à prendre avec des pincettes puisqu’il s’agit des données communiquées par le pouvoir israélien.
La menace d’une frappe israélienne sur l’Iran
D’ailleurs, selon le Jerusalem Post, Israël a déjà prévenu les Américains qu’ils pourraient frapper seuls l’Iran, dans le cas où leurs exigences concernant les missiles balistiques (un abandon du développement du programme) ne seraient pas respectées.
David Rigoulet-Roze précise que cette intervention militaire « serait potentiellement plus large que celle de l’opération Rising Lion en juin dernier, puisque des responsables israéliens ont, sous couvert d’anonymat, évoqué une opération ’sous stéroïdes’, une terminologie destinée à l’adversaire désigné ». Trump y verra-t-il une opportunité de ne pas y mêler ses troupes, ou plaidera-t-il pour éviter l’escalade ? Quoi qu’il en soit, David Rigoulet-Roze conclut : « Je ne vois pas comment, selon les paramètres actuels et la réaffirmation des lignes rouges respectives, comment on pourrait faire l’économie de l’option militaire. »
Cette rencontre entre Benjamin Netanyahu et Donald Trump n’est pas vue d’un bon œil par l’Iran. « Notre partenaire dans les négociations est l’Amérique. C’est à l’Amérique de décider d’agir indépendamment des pressions et des influences destructrices qui nuisent à la région, a déjà déclaré le porte-parole des autorités. Le régime sioniste, agissant en saboteur, a montré à maintes reprises son opposition à tout processus diplomatique visant la paix dans notre région. » C’est évidemment d’Israël dont il est ici question.
(source: huffingtonpost.fr)