Flottille pour Gaza : l’indignation internationale
Ces images ont provoqué un tollé mondial, celles de militants d’une flottille pour Gaza mis à genoux et menottés dans une vidéo publiée par le ministre d’extrême droite israélien Itamar Ben Gvir. Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, vient de lui interdire le territoire français après avoir convoqué l’ambassadeur d’Israël. Giorgia Meloni aussi, et elle demande des excuses.
L’encyclique de Léon XIV: que l’IA serve l’humanité et non le pouvoir de quelques-uns

Isabella Piro – Cité du Vatican
«La magnifique humanité créée par Dieu se trouve aujourd’hui face à un choix décisif: ériger une nouvelle tour de Babel ou bâtir la cité où Dieu et l’humanité habitent ensemble». L’incipit de la première encyclique de Léon XIV – Magnifica humanitas, «sur la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle» – en résume les raisons fondamentales et l’objectif. Publiée aujourd’hui, lundi 25 mai, elle a été signée par le Souverain pontife le 15 mai dernier, à l’occasion du 135e anniversaire de la promulgation de Rerum novarum de Léon XIII. Et le Pape Léon XIV a repris l’héritage de son prédécesseur, en rédigeant une encyclique sociale qui aborde l’un des principaux défis de l’époque contemporaine: l’intelligence artificielle.
Subdivisé en cinq chapitres, auxquels s’ajoutent une introduction et une conclusion, Magnifica humanitas part d’un postulat: la technologie n’est pas une «force antagoniste par rapport à la personne» (4), ni «un mal en soi» (9). Cependant, «elle n’est pas neutre, car elle prend le visage de ceux qui la conçoivent, la financent, la régulent et l’utilisent». D’où l’appel du Pape à «construire le bien» et à «rester humains», en suivant la logique de la coresponsabilité courageuse, de la subsidiarité, de la communion, afin que «le monde puisse reconnaître… au cœur de l’être humain, le lieu où Dieu désire habiter» (16).
La doctrine sociale de l’Église est une théologie de la communion
Le premier chapitre – Une pensée dynamique fidèle à l’Évangile – retrace l’évolution de la Doctrine sociale de l’Église (DSE) dans le magistère récent et au Concile Vatican II, en mettant en lumière «son caractère dynamique» (17). Loin d’être «un recueil de principes et de normes à appliquer», la DSE est plutôt «un chemin de discernement communautaire», une «théologie de la communion dans l’histoire» (27) qui oriente la lecture des événements à la lumière de l’Évangile. Léon XIV rappelle la pensée de ses prédécesseurs: de Pie XII – le premier à employer l’expression «doctrine sociale de l’Église» dans l’exhortation apostolique Menti nostrae de 1950 – au pape François, en passant naturellement par Rerum novarum de 1891, qualifiée de «jalon dans l’évolution du Magistère social» (30). À leur époque respective, chaque successeur de Pierre «a fait ressortir différents aspects d’un patrimoine unique: la dignité de la personne, la valeur du travail, la destination universelle des biens, la solidarité et la subsidiarité, la sauvegarde de la création, la centralité de la paix et de la fraternité.» (45).
Protéger la dignité humaine: la personne n’est pas une ressource à exploiter
Dans le deuxième chapitre, Léon XIV énumère les «fondements et les principes de la doctrine sociale de l’Église»: parmi les premiers, il cite la dignité de la personne, créée à l’image et à la ressemblance de Dieu. Il est nécessaire de le rappeler car la pression exercée par «de nouvelles idéologies» et par «certains intérêts très puissants» peut réduire la personne à une «ressource à utiliser et à exploiter» ou à «ce qu’elle réalise ou produit» (51). Au contraire, «la dignité fondamentale de chaque personne ne s’acquiert pas, ne se mérite pas et n’a pas besoin d’être démontrée» (53). Un deuxième fondement de la DSE est l’inviolabilité des droits humains, parmi lesquels le premier est celui à la vie «de sa conception à son terme naturel» : à cet égard, Léon XIV définit l’avortement provoqué, le meurtre d’innocents et l’euthanasie comme des «choix gravement illicites» (55). Le troisième fondement est la reconnaissance des droits des minorités, avec une attention particulière pour les femmes : en leur faveur, le Souverain pontife demande des «choix concrets» dans les lois, le travail, l’éducation, les responsabilités sociales et politiques, afin qu’elles soient véritablement écoutées et valorisées (57).
Il est immoral et inacceptable d’éliminer ou d’asservir une nation
Quant aux principes de la DSE, Léon XIV en énonce cinq: le premier est le bien commun, «forme sociale de la dignité reconnue à chacun» (59). Sur un point, le Pape est particulièrement catégorique: «La promotion du bien commun ne peut jamais être dissociée du respect du droit des peuples à exister, à préserver leur identité et à apporter leur originalité à la famille des nations». Par conséquent, «toute tentative ou tout projet visant à éliminer ou à soumettre une nation est gravement immoral et donc inacceptable» (64).
La technologie ne doit pas être concentrée entre les mains de quelques-uns
Le deuxième principe concerne la destination universelle des biens: ici et à d’autres endroits de l’encyclique, Léon XIV insiste sur la nécessité que les connaissances et les technologies ne soient pas concentrées entre les mains de quelques-uns, creusant ainsi le fossé entre ceux qui sont inclus et ceux qui sont exclus de la révolution numérique (67). En découlent le troisième et le quatrième principe, à savoir la subsidiarité (68) – qui exige de dépasser le paternalisme et l’assistanat au profit de la coresponsabilité – et la solidarité (73), «principe et vertu» qui s’oppose à l’indifférence et tient compte des peuples et des générations futures.
La justice sociale et les migrants comme «test »
Le cinquième principe de la DSE indiqué par le Pape est la justice sociale: à l’ère numérique, elle doit garantir à tous un accès équitable aux opportunités, protéger les plus fragiles, lutter contre la haine et la désinformation, soumettre à un contrôle public l’utilisation des données et des technologies, «afin que le critère ne soit pas le seul profit, mais la dignité de chaque personne et le bien des peuples» (80). Léon XIV désigne les migrants, les réfugiés et les personnes déplacées comme un «un test décisif» dans ce domaine: la manière dont la société les traite montre «si l’idée de justice est guidée par la peur ou par la fraternité». D’où l’appel à préserver le «droit à l’espoir» de ceux qui sont contraints de partir, en leur garantissant des voies sûres et légales, un accueil digne et une intégration; et à promouvoir «le droit de rester» pour chacun sur sa propre terre, en paix et en sécurité, en s’attaquant aux «causes profondes» des migrations (81).
Les abus et l’examen de conscience pour l’Église
Le Pape entend que ces cinq principes s’adressent non seulement à la société, mais aussi à l’Église, appelée à «un examen de conscience». Le Pape exhorte à «assainir les relations et les structures ecclésiales de ces distorsions qui engendrent des inégalités, de l’opacité et des abus de pouvoir». Il demande que soient écoutées les «victimes d’abus spirituels, économiques, institutionnels, sexuels, de pouvoir, de conscience», car cela «fait partie intégrante d’un chemin de justice, qui comprend la reconnaissance du préjudice, la juste réparation et la prévention» (89).
Nécessité d’un code éthique commun sur l’IA
Le troisième chapitre – Technique et domination. La grandeur de la personne humaine face aux promesses de l’IA – aborde de front le thème de l’intelligence artificielle. Léon XIV met en garde contre le «paradigme technocratique» déjà dénoncé par François et en raison duquel chaque choix est dicté exclusivement par des paramètres d’efficacité et de profit (92). Au contraire, la technologie la plus puissante n’est pas nécessairement la meilleure: l’IA peut imiter et simuler l’homme, mais elle ne possède ni conscience morale, ni empathie, ni capacité affective, relationnelle et spirituelle. Il faut donc aborder l’IA avec sobriété et vigilance, en veillant à la clarté des responsabilités à chaque étape (accountability) et en misant sur Lire la suite »
Magnifica Humanitas : premières clés de lecture
Le pape Léon XIV publie « Magnifica Humanitas », magnifique humanité, une encyclique sous-titrée : « La protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle ». Signée le 15 mai 2026, jour du 135e anniversaire de l’encyclique « Rerum Novarum » de Léon XIII, texte fondateur de la Doctrine Sociale de l’Eglise. Le texte est construit en cinq chapitres et 245 paragraphes. Qu’y a-t-il dans ce texte ? Quelle continuité avec les enseignements des papes précédents ? Quels nouveaux points d’attention ?
Cette émission spéciale propose quelques premières clés de lecture avec Laurence Devillers, enseignante chercheuse en informatique appliquée aux sciences sociales, et le père Augustin Bourgue, co-directeur du département de recherche Politique et religions du Collège des Bernardins.
Ce que contiennent les accords d’Abraham, dont Donald Trump exige la signature par l’Arabie saoudite et le Qatar dans le plan de paix avec l’Iran

Le président américain a exigé lundi de pays à majorité musulmane de normaliser leurs relations avec Israël dans le cadre d’un potentiel accord de paix avec l’Iran.
Donald Trump a exigé lundi de pays à majorité musulmane, en premier lieu l’Arabie saoudite et le Qatar, de normaliser leurs relations avec Israël dans le cadre d’un potentiel accord de paix avec l’Iran, une contrainte susceptible de compliquer les négociations avec Téhéran. Dans un long message publié sur son réseau Truth Social, le président américain a énuméré les pays avec les dirigeants desquels il a parlé samedi dans le cadre des discussions pour mettre fin à la guerre avec l’Iran : «J’ai déclaré qu’après tout le travail effectué par les États-Unis pour tenter de résoudre cette situation très complexe, tous ces pays devraient être obligés, au minimum, de signer simultanément les accords d’Abraham.»
Signés en septembre 2020 et parrainés par Donald Trump lors de son premier mandat à la Maison-Blanche, les accords d’Abraham ont mené à la normalisation des relations entre Israël et des pays arabes : les Émirats arabes unis, Bahreïn, Maroc et Soudan. Le Kazakhstan a annoncé en novembre 2025 vouloir rejoindre l’accord, qui tire son nom du prophète des trois religions monothéistes, juive, chrétienne et musulmane. Mais nombre d’États ont jusqu’ici refusé de se joindre à ce processus, en particulier l’Arabie saoudite.
Guerre à Gaza
Avec la guerre à Gaza déclenchée par l’attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7-octobre 2023, Ryad a écarté toute normalisation avec Israël sans la création Lire la suite »
Ce que faisait le patron d’Anthropic avec le pape Léon XIV pour son premier manifeste
Le pape s’est entouré de hauts responsables du Saint-Siège et du cofondateur d’Anthropic, Christopher Olah, pour présenter un texte majeur appelant à réguler l’IA.
Chacun son domaine. Le pape Léon XIV s’est entouré d’éminents théologiens catholiques et de l’un des cofondateurs de la start-up américaine Anthropic pour présenter, ce lundi 25 mai, son premier texte majeur consacré à « désarmer » l’intelligence artificielle pour « l’empêcher de dominer l’humain ». Dans Magnifica Humanitas (Humanité magnifique), publié par le Vatican, il dénonce aussi les « nouvelles formes d’esclavage » derrière l’essor fulgurant de l’IA.
Christopher Olah, le cofondateur d’Anthropic, a déclaré que sa présence à la cérémonie s’expliquait par l’ampleur des enjeux liés à l’IA, dans un message partagé lundi sur X : « Les questions soulevées par l’IA dépassent le cadre de la communauté de l’IA. Nous avons un besoin urgent que le monde entier — les religions, la société civile, les universitaires, les gouvernements — participe à la mise en place d’une issue positive. »
Par ailleurs, l’entreprise a organisé une série d’événements destinés aux chefs religieux de différentes confessions ces derniers mois pour discuter notamment du « développement spirituel » de ses systèmes d’IA, souligne NBC News. Et Anthropic affirme chercher à entraîner son IA Claude à suivre une « constitution », un ensemble de principes internes décrits comme son « âme ».
« Nouvelles formes d’esclavage »
C’est donc avec sa casquette d’expert que Christopher Olah a pu assister à la présentation de cette encyclique, une lettre adressée à l’ensemble des fidèles, fixant une position de référence sur des questions sociales, morales ou théologiques. Dans ce texte de 130 pages, Léon XIV avance que l’IA ne peut « être considérée comme moralement neutre ».
Le pape augustinien insiste sur la nécessité d’un code éthique commun sur l’IA ainsi que sur le rôle crucial de l’éducation pour apprendre à en maîtriser les risques. Aujourd’hui, « le contrôle des plateformes, des infrastructures, des données et de la puissance de calcul n’appartient pas aux États, mais à de grands acteurs économiques et technologiques » qui « fixent les conditions d’accès, les règles de visibilité et les possibilités de participation », regrette-t-il.
Citant Platon, JRR Tolkien, Picasso ou encore Beethoven pour leur contribution à lutter contre la déshumanisation, le pape américain fustige aussi « les nouvelles formes d’esclavage » nées pour extraire les ressources nécessaires à l’utilisation de l’IA et appelle à « des solutions technologiques plus durables afin de réduire l’impact sur l’environnement ». « Dans certaines régions du monde, des adolescents et des enfants travaillent dans des conditions dangereuses au broyage des matériaux dont on tire les terres rares. Des corps marqués, mutilés, usés pour que le flux de calcul ne s’interrompe pas », dénonce-t-il.
Même impact dans le monde que « Laudato Si’ » ?
L’évêque de Rome en profite pour demander « sincèrement pardon » pour le retard avec lequel l’Église a condamné « le fléau de l’esclavage » au cours de l’Histoire.
Au-delà des enjeux technologiques, le pape s’inquiète d’un risque de « déshumanisation », mettant en garde contre une vision de l’humain réduit à ses performances ou à des données exploitées par les machines.
Depuis son élection il y a un an, le premier pape nord-américain de l’Histoire a multiplié les avertissements face aux dangers de l’IA, en soulignant la nécessité d’une « alphabétisation numérique ».
Les experts estiment que l’impact de Magnifica Humanitas pourrait être comparable à celui de l’encyclique Laudato Si’, manifeste du pape François sur l’écologie intégrale qui avait, dès sa publication en 2015, entraîné une vague de réactions dans le monde.
(source: huffingtonpost.fr)
La réaction de ces étudiants au discours sur l’IA de l’ex-patron de Google dit tout du malaise de la Gen Z
Eric Schmidt a prononcé un discours centré sur l’intelligence artificielle alors qu’une part croissante des jeunes américains s’inquiètent des répercussions de son utilisation.
L’ancien patron de Google n’a pas passé un bon moment à cette remise de diplôme à l’université d’Arizona. Eric Schmidt était présent le 15 mai dernier à Tucson pour la cérémonie de remise des diplômes de la faculté mais les étudiants l’ont hué à plusieurs reprises lors de sa prise de parole. La raison de cette animosité ? Un discours centré sur l’intelligence artificielle alors qu’une part croissante des jeunes américains s’inquiètent des répercussions de son utilisation, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article.
Il n’est pas le seul à avoir fait les frais de cette défiance. Une semaine plus tôt, lors d’un discours à l’université de Floride, Gloria Caulfield, cadre dans l’immobilier, a appris à ses dépens que vanter les mérites de l’IA devant une foule d’étudiants pouvait être mal perçu.
Cette réaction épidermique au mot IA n’est pas une surprise pour le New York Times qui rappelle que le contexte est particulièrement morose pour les jeunes Américains. Ils font face à un marché du travail difficile, ont une vision pessimiste de leur avenir et ressentent une hostilité croissante envers l’IA.
Un sondage Gallup publié en avril dernier montre que leur opinion sur l’IA se détériore. Seuls 18 % des répondants âgés entre 14 et 29 ans se disent optimistes sur cette technologie alors qu’ils étaient 27 % l’année précédente. Près de la moitié des interrogés estime que les risques liés à l’IA sont plus importants que les bénéfices qu’elle apporte. Paradoxalement, ils sont la moitié à déclarer utiliser l’IA de façon quotidienne ou hebdomadaire. Ils sont aussi 48 % à penser qu’ils ont besoin d’apprendre à l’utiliser pour leur future carrière. Au moins un point d’accord avec Eric Schmidt.
(source: huffingtonpost.fr)
Tsinjoviniavo Aina Mahasambatra a décroché le titre africain U14 après son sacre en U12, tandis que six Malgaches se sont hissés dans le Top 10.
Tsinjoviniavo Aina Mahasambatra a décroché le titre africain U14 après son sacre en U12, tandis que six Malgaches se sont hissés dans le Top 10.

Madagascar frappe un grand coup sur l’échiquier continental. Aux Championnats d’Afrique jeunes 2026 disputés en Ouganda, Tsinjoviniavo Aina Mahasambatra s’est adjugé le titre continental dans la catégorie U14, confirmant sa domination dans la discipline. Il s’agit de son deuxième titre africain après celui remporté dans la catégorie U12 en 2023, en Égypte.
Face aux meilleures nations du continent, la délégation malgache, composée de onze joueurs, a signé une campagne remarquable, portée par le sacre de Tsinjoviniavo Aina Mahasambatra dans la catégorie U14 filles.
Engagée parmi 80 participantes, la jeune joueuse malgache a dominé la compétition avec autorité. Invaincue durant tout le tournoi, elle termine avec huit points sur neuf possibles grâce à sept victoires et deux matchs nuls. Un parcours remarquable marqué par une victoire de prestige contre l’Égyptienne Ahmed Mohamed Zakaa, maître FIDE féminine (WFM) et favorite annoncée.
À quelques rondes seulement du titre, Tsinjoviniavo Aina Mahasambatra a fait preuve d’une maturité impressionnante, gérant la pression pour offrir à Madagascar une médaille d’or historique. Ce sacre dépasse l’exploit individuel : il symbolise la progression constante des jeunes talents malgaches dans une discipline longtemps dominée par l’Afrique du Nord. Lire la suite »
Léon XIV: le défi de l’IA est avant tout anthropologique

Le Pape a reçu ce vendredi les participants à la conférence internationale «Préserver les voix et les visages humains», organisée par le dicastère pour la Communication et en collaboration avec le dicastère pour la Culture et l’Éducation. Dans son allocution, Léon XIV a invité à une utilisation rationnelle des outils technologiques numériques et de l’intelligence artificielle au service authentique de la dignité humaine et à lutter contre une «éclipse» du sens de l’existence humaine.
Moriba Camara, S.J. – Cité du Vatican
Recevant chercheurs, experts et participants à la conférence internationale «Préserver les voix et les visages humains», promue par les dicastères pour la Communication et pour la Culture et l’Éducation qui s’est tenue jeudi 21 mai à Rome pour marquer la 60e Journée mondiale des communications sociales, le Pape Léon XIV a salué leur engagement inconditionnel pour «l’avenir de l’humanité» dans «une époque marquée par la croissance exponentielle de la technologie». Cette question liée à la technologie, a expliqué le Saint-Père, est «particulièrement importante pour la mission de l’Église».
Car, selon le Pape, «c’est précisément dans le contexte de la mission universelle de l’Église que l’on peut le mieux comprendre son engagement en faveur des communications sociales». Une mission d’annoncer l’Évangile à toutes les nations. Citant le décret Inter Mirifica du Concile Vatican II sur les moyens de communication sociale, le Pape a précisé que «l’Église a été fondée par le Christ notre Seigneur pour apporter le salut à tous et qu’elle a donc le devoir de prêcher l’Évangile».
La finalité de l’Église a été, et continue d’être, donc le salut éternel de chaque personne humaine: «Afin qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ» citant ainsi l’Évangile selon saint Jean.
Des outils au service authentique de l’humanité
Le Saint-Père a insisté sur la nécessité d’orienter les médias, les outils technologiques numériques et l’intelligence artificielle «au service authentique de l’humanité». L’Évêque de Rome a dénoncé «la promotion et la mise en œuvre effrénées de la technologie au détriment de la dignité humaine, ainsi que les dommages causés lorsque les chatbots et autres technologies exploitent notre besoin de relations humaines» invitant à une utilisation éthique de ces moyens. Car, selon lui, ces faits de notre société d’aujourd’hui révèlent «une éclipse du sens de l’existence humaine». Le Pape a alors, dans son discours, lancé un avertissement clair: «le défi auquel nous sommes actuellement confrontés n’est pas technologique, mais anthropologique»», espérant que la Lettre encyclique qui sera publiée lundi 25 mai contribuera à relever ce défi.
Désignant le Christ, Verbe incarné comme réponse à cette crise, le Pape a rappelé que «le Fils de Dieu s’est uni d’une certaine manière à chaque personne humaine», et que «le cœur humain ne pourra jamais sonder pleinement les profondeurs de ses propres recoins ni comprendre sa valeur en dehors du cœur du Christ». Ainsi, «la véritable préservation du visage et de la voix de chaque individu passe nécessairement par une rencontre avec celui qui est “l’image du Dieu invisible”, tout en étant lui-même l’homme parfait».

Former un esprit critique face aux médias
Le Saint-Père a également insisté sur le rôle éducatif de l’Église dans le monde numérique. Face à l’expansion de l’intelligence artificielle, «l’Église se voit contrainte de contribuer à l’effort de planification et de mise en œuvre de l’éducation aux médias, à l’information et à l’intelligence artificielle au sein des systèmes éducatifs». L’objectif de cette éducation est de faire «en sorte que les personnes acquièrent un esprit critique» afin que «les technologies contribuent au salut de ceux qui les utilisent». Léon XIV s’est montré particulièrement préoccupé par les effets des technologies numériques sur les enfants et les jeunes.
Tous, mais surtout les jeunes, a-t-il rappelé, «devraient apprendre la modération et la discipline dans l’utilisation» des technologies numériques, «avec le soutien et les conseils des parents et des éducateurs».
Le Pape a également insisté sur la nécessité d’une «éducation à la vérité sur Dieu et sur l’humanité». Selon lui, les jeunes «sont ouverts à cette vérité et désireux de découvrir le sens de la vie». C’est pourquoi il faut les aider «à rencontrer le Christ vivant» et à intégrer les technologies dans «un mode de vie chrétien global».
En conclusion, le Souverain pontife a rappelé la responsabilité maternelle de l’Église face à ces nouveaux défis culturels. «En tant que Mère, l’Église s’intéresse à la vie de ses enfants, désireuse de les guider vers la pleine maturité», a-t-il déclaré. Léon XIV a enfin exprimé son souhait de voir naître «un regain de confiance dans la technologie», lorsqu’elle est utilisée «en harmonie avec le dessein créateur de Dieu» invoquant sur les participants «les bénédictions divines de la sagesse, de la joie et de la paix».
(source: vaticannews.va/fr)
