Mamitiana Rajaonarison : Un gouvernement composé de ministres « choc choc » avec obligation de résultats immédiats

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Le nouveau Premier ministre Mamitiana Rajaonarison a livré hier les premières lignes directrices de son action gouvernementale.

Lors de la cérémonie de passation de service avec son prédécesseur Herintsalama Rajaonarivelo, au palais de Mahazoarivo, le nouveau chef du gouvernement a esquissé les contours d’une transition placée sous le signe de la « refondation nationale », de « l’unité politique » et d’un Exécutif qu’il veut résolument tourné vers les résultats. Cette première déclaration à la presse marque une entrée en fonction à la fois politique et stratégique. À travers ses propos, Mamitiana Rajaonarison a cherché à envoyer plusieurs signaux, notamment au chef de l’État qui l’a nommé, aux forces politiques nationales, mais aussi aux partenaires internationaux qui suivent de près l’évolution du processus de transition.

Dès ses premiers mots, le nouveau locataire de Mahazoarivo a mis en avant la mission que lui aurait confiée le président de la République. Il s’agit de « consolider la cohésion nationale » autour du projet de refondation. « Le président m’a confié de veiller à la solidarité et à l’unité nationale. Tout le monde devrait être derrière le projet de refondation. Je ne veux pas parler d’opposant. Mais j’estime qu’aucun Malgache ne compte s’opposer à la refondation de notre Nation », a-t-il déclaré. Au-delà de la formule, cette position traduit une volonté de dépasser les clivages politiques dans une période sensible. En évitant le terme même d’« opposant », le Premier ministre semble vouloir inscrire son discours dans une logique de rassemblement national, où la refondation de l’État serait présentée comme un objectif consensuel.

Le nouveau Premier ministre a également précisé les critères qui guideront le choix des futurs membres du gouvernement. Trois qualités ont été mises en avant : l’intégrité, l’audace et l’orientation vers les résultats. Ce triptyque traduit une volonté affichée de rompre avec une culture administrative parfois critiquée pour son manque d’efficacité.

L’accent mis sur l’intégrité renvoie directement aux attentes de l’opinion publique en matière de gouvernance et de lutte contre la corruption. L’audace, quant à elle, suggère une approche réformatrice, où les ministres seraient appelés à prendre des décisions fortes dans le cadre du projet de refondation nationale. L’orientation vers les résultats reflète une logique de performance et de redevabilité, où l’action gouvernementale serait évaluée à l’aune de ses impacts concrets. « Le gouvernement sera mis en place dans un délai meilleur », a-t-il aussi affirmé. Cette formulation, volontairement prudente, laisse entendre que les consultations pour la composition de l’équipe gouvernementale sont déjà engagées.

Efficacité opérationnelle

Dans cette même perspective, Mamitiana Rajaonarison a annoncé la mise en place d’un exécutif qu’il veut particulièrement dynamique. « Le prochain gouvernement sera orienté vers les résultats. Il sera aussi un gouvernement avec des ministres chocs », a-t-il déclaré. Cette expression laisse entendre la volonté de constituer une équipe capable d’imprimer rapidement un rythme d’action soutenu. Dans le langage politique, l’idée d’un « gouvernement choc » renvoie généralement à un cabinet resserré, composé de profils réputés pour leur capacité d’initiative et leur efficacité opérationnelle. Cette orientation pourrait également signifier que les futurs ministres seront jugés principalement sur leur capacité à produire des résultats tangibles dans leurs secteurs respectifs. Toutefois, le Premier ministre a tenu à rappeler les limites de ses prérogatives en matière de formation du gouvernement. « Le nombre de portefeuilles relève de la compétence du président. Je vais proposer, mais la décision lui revient », a-t-il expliqué.

Mamitiana Rajaonarison a également abordé la confirmation du calendrier de transition communiqué aux partenaires internationaux, notamment à l’Union africaine et à la SADC. « Le calendrier soumis à l’Union africaine, à propos de la durée de la transition, est maintenu pour la refondation », a indiqué le Premier ministre. Il s’agit du programme de 24 mois de transition. Ce point est particulièrement significatif. En réaffirmant le respect de ce calendrier, Mamitiana Rajaonarison cherche à envoyer un signal de continuité et de stabilité à la communauté internationale. L’Union africaine et la SADC, qui suivent de près les transitions politiques sur le continent, attachent en effet une importance particulière au respect des engagements institutionnels pris par les autorités nationales. Le maintien de ce calendrier suggère également que la transition ne devrait pas connaître de modification majeure dans son échéancier officiel, malgré les changements intervenus au sommet de l’Exécutif.

(source: Rija R. – Midi M/kara)

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