Crise politique au Brésil: le président Temer retire l’armée de Brasilia

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Son décret controversé n’aura pas tenu 24 heures: le président brésilien Michel Temer a retiré jeudi les troupes déployées la veille pour contenir des manifestations violentes, un revirement qui renforce la sensation de fragilité de son gouvernement.

Acculé par de graves accusations de corruption, le chef d’État âgé de 76 ans, dont le mandat ne tient qu’à un fil, a dû faire marche arrière dès jeudi matin.

Manifestants contre le régime et la corruption (AFP)

Cette mesure extrême avait déclenché une pluie de critiques dans un pays encore marqué par les années de plomb de la dictature militaire (1964-1985).

Au total, 1.500 soldats avaient été déployés mercredi après-midi, en raison des heurts qui avaient éclaté lors d’une grande manifestation réclamant la démission du président et la fin des mesures d’austérité promues par le gouvernement.

Jugement décisif

Une enquête pour corruption passive et entrave à la justice a été ordonnée par la Cour suprême, et 16 motions ont été déposées pour tenter d’obtenir sa destitution.

La dernière en date a été déposée jeudi par l’Ordre des avocats du Brésil, qui avait joué un rôle important l’an dernier lors de la destitution de la dirigeante de gauche Dilma Rousseff, remplacée alors par le conservateur Michel Temer, qui était son vice-président.

Mais pour de nombreux parlementaires, le destin de M. Temer devrait être scellé par le Tribunal supérieur électoral (TSE), qui juge à partir du 6 juin des irrégularités dans le financement de sa campagne aux côtés de Mme Rousseff en 2014.

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