Pérou : le président refuse de démissionner malgré le scandale Odebrecht
L’opposition péruvienne, qui contrôle le Parlement, a demandé, jeudi, la démission du président Pedro Pablo Kuczynski. Ce dernier est accusé de « corruption » dans le cadre du scandale du géant de la construction Odebrecht.
Dans une allocution télévisée, « PPK », comme est surnommé l’actuel chef de l’État, entouré de membres de son gouvernement, a démenti toute malversation. Il a déclaré qu’il était bien le propriétaire de l’entreprise citée, Westfield Capital, mais qu’il ne la dirigeait pas au moment où les versements ont été effectués.
Le Parlement péruvien se réunira le Jeudi 21 Décembre pour valider la destitution du Président de la République.
Le président péruvien Pedro Pablo Kuczynski a échappé à la destitution jeudi en convaincant les parlementaires de repousser une motion de l’opposition qui souhaite l’évincer du pouvoir.
Il a manqué huit voix à la motion présentée au Congrès sur un total de 87 voix nécessaires pour contraindre le chef de l’Etat à la démission.
Avant le débat, le président Kuczynski avait appelé les parlementaires à mettre de côté ses défauts pour protéger la démocratie péruvienne de ce qu’il a appelé une tentative de « coup d’Etat » organisée dans la précipitation par Force populaire, l’opposition de droite.
Force populaire, créée par des partisans de l’ancien président Alberto Fujimori et dirigée par sa fille Keiko Fujimori, souhaite le départ de Kuczynski parce que, explique-t-elle, il est « moralement inapte » à gouverner après la découverte d’un lien entre ses anciennes entreprises et l’affaire Odebrecht, la plus grosse affaire de corruption d’Amérique latine.
La société brésilienne a transmis cette semaine un rapport au Congrès péruvien dans lequel elle détaille les versements d’un montant total de 4,8 millions de dollars (4,07 millions d’euros) effectués à Westfield Capital, une société que le président contrôlait tout en exerçant un mandat public et à une entreprise dirigée par un ami proche et associé en affaires de Pedro Pablo Kuczynski.
Odebrecht, un scandale en Amérique latine
Parti du Brésil, le scandale Odebrecht ébranle de nombreux pays d’Amérique latine depuis que l’entreprise de BTP a accepté il y a un an d’expliquer en détail à la justice les mécanismes qui lui ont servi pendant des années à verser des pots-de-vin à la classe politique.
Odebrecht affirme avoir versé environ 30 millions de dollars de pots-de-vin à des responsables péruviens sur une décennie, notamment durant la présidence d’Alejandro Toledo (2001-2006), quand Pedro Pablo Kuczynski était Premier ministre et ministre des Finances.
Keiko Fujimori, battue l’an dernier à la surprise générale par Kuczynski, est elle-même soupçonnée par la justice d’avoir bénéficié de l’argent d’Odebrecht pour financer une précédente campagne électorale en 2011.
Le chef de l’Etat péruvien a échappé à la destitution jeudi grâce à 19 voix contre la motion, 21 absentions et dix élus qui ne se sont pas présentés.