Sahondrarimalala Marie Michelle : « Arrestation illégale », selon Milavonjy Philobert

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Le 7e Vice-président de l’Assemblée nationale a démenti l’information selon laquelle la levée de l’immunité parlementaire de la députée de Fianarantsoa aurait été décidée à l’issue d’une réunion du Bureau permanent.

(©midi-madagasikara0mg)

Une justice à deux vitesses. C’est ainsi que le 7e Vice-président de l’Assemblée nationale, Milavonjy Philobert qualifie les persécutions faites actuellement contre les figures du régime Andry Rajoelina. Le député d’Ambovombe Androy a convoqué la presse hier pour dénoncer l’arrestation de la députée de Fianarantsoa et non moins ancienne ministre de l’Education nationale Sahondrarimalala Marie Michelle. Pour le moment, le clan Volomboasary ne dispose d’aucune information sur les inculpations portées contre l’ex-MEN. Faisant référence au statut de l’intéressée, Milavonjy Philobert dénonce une arrestation entachée d’illégalité et contraire aux lois en vigueur de la République de Madagascar. « S’il s’agit d’une infraction commise durant l’époque où elle était ministre, la Constitution est claire. C’est le Procureur général près la Cour suprême qui devrait saisir l’Assemblée nationale et la poursuite doit faire l’objet d’un vote à la Chambre basse », rappelle-t-il.

Et d’ajouter que « par ailleurs, en tant que députée élue par le peuple, elle est protégée par une immunité parlementaire, conformément à l’article 73 de la Constitution ». Hier, Milavonjy Philobert a répondu au président de l’Assemblée nationale Siteny Randrianasoloniaiko qui était le premier à avoir annoncé la levée de l’immunité parlementaire de Sahondrarimalala Marie Michelle et son arrestation sur son compte Facebook. A entendre le Vice-président représentant l’opposition à Tsimbazaza, il n’y avait eu aucune réunion des membres du Bureau permanent, contrairement à ce qu’avait annoncé le PAN. « En tant que 7e Vice-président, je n’étais pas au courant et on ne m’a jamais avisé de l’existence d’une réunion durant laquelle on aurait pris la décision relative à la levée de son immunité », a-t-il soutenu. Une sorte de démenti aux propos du président de la Chambre basse. Une manière aussi pour le Chef de l’opposition parlementaire de remettre en cause la légalité et la crédibilité de la procédure en cours.

« Vengeance politique » 

Milavonjy Philobert évoque aussi l’Ordonnance 2005-005 du 22 mars 2006 régissant le statut de la magistrature, ainsi que les articles 512 et 513 du Code de procédure pénale. « Sahondrarimalala Marie Michelle est un magistrat de premier grade. Elle ne peut être auditionnée que par un magistrat du même grade. Selon ces dispositions, seul le Procureur général près la Cour suprême est habilité à lancer une poursuite à son encontre. Comment se fait-il qu’elle soit auditionnée auprès de la Police économique ? » se demande le député d’Ambovombe. Selon ses dires, la procédure et les règles sont complètement bafouées dans cette affaire. Pour lui, l’arrestation de l’ancienne Directrice de campagne d’Andry Rajoelina, durant l’élection présidentielle de 2023, relève tout simplement d’une « vengeance politique ». Tout en dénonçant un deux poids deux mesures, ce leader du clan Volomboasary lance un appel à l’endroit des tenants du pouvoir actuel afin de reprendre aussi le traitement des dossiers judiciaires de ceux qui ont commis des infractions sous le régime HVM. « Ce n’est pas normal que toutes ces personnes soient complètement blanchies après le changement de régime qui s’est produit au pays », martèle Milavonjy Philobert. Pour l’heure, tous les dossiers impliquant des anciens ministres et hauts responsables ont été étouffés. Selon Milavonjy Philobert, si on veut réellement instaurer la vraie refondation, il faut que tout le monde soit traité d’une manière équitable.

(source: Davis R – Midi M/kara

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