Saad Hariri

Liban : Saad Hariri désigné Premier ministre

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Déjà par trois fois Premier ministre dans le passé , le président libanais Aoun a chargé Saad Hariri de former un nouveau gouvernement … moins d’un an après avoir dû démissionner sous la pression de la rue.

Saad Hariri, pilier de la politique libanaise, a une nouvelle fois été désigné jeudi Premier ministre, promettant un gouvernement d’experts pour enrayer l’effondrement économique, dans un pays qui attend désespérément des réformes toujours boudées par les dirigeants.

Ironie du sort, M. Hariri avait démissionné il y a un an quasiment jour pour jour sous la pression d’un soulèvement populaire inédit, déclenché contre les manquements d’une classe politique quasi inchangée depuis des décennies, accusée de corruption et d’incompétence.

Le Premier ministre libanais Saad Hariri a annoncé mercredi qu’il suspendait sa démission surprise.

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Il ajoute qu’il attend des consultations sur des dossiers épineux dont l’implication dans des conflits régionaux du puissant Hezbollah pro-iranien, partenaire de son gouvernement.

Cette décision survient au lendemain de son retour au Liban.

Son annonce devrait décrisper l’atmosphère au Liban pris de court par la démission du Premier ministre annoncée le 4 novembre depuis Ryad, où son séjour prolongé avait alimenté les spéculations sur une interdiction de voyage.

Dans ses interventions à Beyrouth, M. Hariri n’a pas évoqué les accusations du président Michel Aoun selon lesquelles il avait été « retenu en otage » en Arabie saoudite.

Des accusations qu’il avait niées durant son séjour à Ryad.

Le visage grave, M. Hariri s’est exprimé dans une brève allocution télévisée, appelant au « dialogue » dans un pays miné par les crises politiques à répétition opposant les deux principaux blocs, celui emmené par M. Hariri et celui du Hezbollah.

M. Hariri a appelé à éloigner le Liban des conflits au Moyen-Orient et à adopter une « politique de distanciation ».

Saad Hariri arrive à Beyrouth

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Saad Hariri à sa descente d’avion à Beyrouth de retour au Liban trois semaines après avoir annoncé sa démission depuis l’Arabie saoudite dans des circonstances mystérieuses. (Photo : The Associated Press/Bilal Hussei)

Arrivé à l’aéroport international de Beyrouth, M. Hariri ne s’est pas adressé aux médias libanais et étrangers qui l’attendaient. Il venait, via Chypre, du Caire où il s’est entretenu avec le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, a rapporté la presse officielle égyptienne.

Le premier ministre démissionnaire doit prendre part mercredi à la fête de l’Indépendance du Liban. Il doit également s’expliquer sur sa démission depuis un pays étranger dans un contexte de tensions entre l’Arabie saoudite sunnite, qui le parraine, et l’Iran, soutien de son grand rival, le Hezbollah chiite.

Dès l’annonce de cette démission, le Liban s’est trouvé plongé dans une grave crise politique. À Beyrouth comme dans de nombreuses capitales dans le monde, le geste de M. Hariri a été perçu comme une prise d’otage mettant en danger le Liban, susceptible de devenir le théâtre d’une guerre par procuration entre Téhéran et Riyad.

Le président libanais Michel Aoun, allié du Hezbollah qui a refusé la démission de M. Hariri, a rappelé la nécessité de respecter la constitution du pays en présentant sa démission en personne au Liban. Il a clairement affirmé que le premier ministre n’agissait pas de son propre chef, même si ce dernier s’est dit libre de ses mouvements et de ses décisions.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a exprimé son inquiétude après cette démission et les conséquences qui pourraient en découler.

Le secrétaire d’État américain, Rex Tillerson, y est allé d’une mise en garde : le Liban ne doit pas être « un lieu de conflits par procuration », a-t-il dit en exhortant toutes les parties, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Liban, à « respecter l’intégrité et l’indépendance des institutions nationales légitimes du Liban ».

La France s’est également manifestée en invitant Saad Hariri à Paris après avoir dépêché son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, à Riyad, évoquant une invitation « à titre amical ».

En février 2005, le père de M. Hariri, Rafic Hariri, avait été tué dans un attentat à la voiture piégée à Beyrouth. Son assassinat avait été attribué au Hezbollah, dont des membres avaient été accusés pour leur implication dans l’attentat.

(Radio-Canada)

La France demande à l’Arabie saoudite de libérer le PM libanais

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Le gouvernement français est intervenu auprès du prince héritier saoudien, Mohamed Ben Salmane, pour qu’il libère le Premier ministre libanais, Saad Hariri, actuellement aux arrêts à l’hôtel Ritz de Riyad avec plusieurs des personnalités arrêtées lors du coup de Palais. Il est impossible de le joindre.

Le Premier ministre du Liban Saad Hariri.

Monsieur Hariri a annoncé depuis l’hôtel Ritz qu’il démissionnait de ses fonctions au Liban. Cependant, selon la Constitution libanaise, il reste en charge des affaires courantes dans l’attente de son successeur. Il a informé directement le président Michel Aoun par téléphone de sa démission, mais n’en a pas exposé le motif.

Dans un discours télévisé, le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, a pris la défense de Saad Hariri, leader de la Coalition opposée à son parti. Il a dénoncé une ingérence saoudienne dans les affaires libanaises.

Le président Michel Aoun a réuni lundi matin un Conseil de défense au palais de Baabda pour déterminer les réactions à la disparition inattendue du Premier ministre. Il ne semble pas considérer comme valide une démission par téléphone et ne devrait en tenir compte que si le Premier ministre revenait au Liban la lui annoncer en personne.

La classe dirigeante libanaise fait preuve de circonspection, à l’exception de l’ancien directeur de la Police, Achraf Rifi, rentré d’exil pour succéder à Saad Hariri. Selon lui, le président Aoun doit prendre ses responsabilités et choisir d’urgence un nouveau Premier ministre.

Saad Hariri ayant la double nationalité saoudo-libanaise, il ne peut bénéficier de l’immunité diplomatique en Arabie saoudite.

(source: Voltairenet)