UE Strasbourg
A Strasbourg, le premier ministre polonais réfute toute dérive antidémocratique
« Tout pays a le droit d’élaborer son système judiciaire selon ses propres traditions », a lancé Mateusz Morawiecki aux eurodéputés, alors que Bruxelles et Varsovie s’affrontent sur la réforme de la justice.

Un dialogue de sourds, très animé, qui, semble-t-il, ne fera pas dévier d’un pouce l’intéressé : à l’issue de près de trois heures de débat avec le Parlement européen, mercredi 4 juillet, à Strasbourg, le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a lancé un « merci » un peu froid aux eurodéputés, dont la plupart ne l’avaient pas ménagé.
Impassible face à un déluge de critiques, il a indiqué, dans la foulée, qu’il comptait bien poursuivre son programme de réformes – notamment de la justice – même si son pays est dans le collimateur de la Commission de Bruxelles. Celle-ci a lancé des procédures d’infraction et suggéré d’activer « l’article 7 », qui peut en théorie – après un vote à l’unanimité – priver un pays membre de ses droits de vote, pour cause de violation de l’Etat de droit.
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La Cour suprême polonaise entre en résistance contre le gouvernement
Varsovie, mercredi 4 juillet, 8 heures du matin. Une foule dense de plusieurs milliers de personnes est venue encercler l’entrée de la Cour suprême polonaise. Les représentants des syndicats de juges, d’avocats, de magistrats se trouvent aux premières loges, ainsi que des personnalités comme Andrzej Rzeplinski, ancien président du Tribunal constitutionnel et ennemi public numéro un pour le pouvoir ultraconservateur, lors de sa première tentative de prise de contrôle du pouvoir judiciaire, fin 2015.
Tout le monde attend celle qui est devenue, malgré elle, le dernier symbole de la justice indépendante en Pologne : Malgorzata Gersdorf, première présidente de la Cour suprême. En vertu d’une loi entrée en application la veille, qui abaisse l’âge de départ à la retraite des juges, Mme Gersdorf, ainsi que près de 40 % des juges de l’institution, sont démis de leurs fonctions. Mais la durée du mandat de la magistrate est inscrite noir sur blanc dans la Constitution et doit prendre fin en avril 2020. Elle a donc déclaré qu’elle se rendrait au travail comme à son habitude.