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En Russie, des étudiants d’une université d’élite réclament le droit de ne pas apprendre le chinois
Le prestigieux Institut de physique et de technologie de Moscou veut rendre le chinois obligatoire à égalité avec l’anglais, et reléguer les autres langues, dont le français, au rang d’options payantes.

Peut-être inquiets de leur propre audace, ils le répètent sur tous les tons, sur tous les réseaux sociaux qu’ils ont investis : leurs revendications n’ont qu’un « caractère local », limitées « aux frontières du campus ». Pourtant, la lutte des étudiants du prestigieux Institut de physique et de technologie de Moscou (MFTI) en dit long sur l’air du temps en Russie.
Au cœur du conflit, une réforme de l’enseignement prévoyant l’apprentissage obligatoire du chinois, en plus de l’anglais, pour les quelque 6 000 étudiants de cette université d’élite. Cette réforme annoncée fin mars devrait entrer en vigueur dès la rentrée prochaine. Elle implique aussi la disparition des autres langues proposées auparavant – espagnol, français, allemand…
Dans le détail, les étudiants continueraient d’apprendre l’anglais lors des deux premières années d’étude, avant de devoir ajouter à leur cursus des cours de chinois durant quatre ans. Les autres langues ne seraient plus disponibles que comme options – payantes –, non prises en compte dans le diplôme. « A l’heure actuelle, 27 % des articles scientifiques publiés dans les domaines de compétence du MFTI le sont en chinois, avance la direction dans un document interne. Les chercheurs estiment que, à l’horizon 2030, la moitié des publications techniques dans le monde seront publiées dans la langue de notre voisin oriental. »
« Absurde et nuisible »
Pétition à l’appui, plus de mille étudiants ont déjà fait part de leur opposition à cette réforme « absurde et nuisible ». S’ils reconnaissent que « l’apparition du chinois dans notre université est en soi une bonne chose, qui offre de nouvelles opportunités dans un monde en mouvement », les signataires estiment que « le nombre de collaborations entre nos scientifiques et les scientifiques chinois n’a pas atteint un niveau tel qu’il rendrait l’apprentissage du chinois nécessaire ».
Plus largement, les étudiants demandent à conserver leur « liberté de choix », alors que l’enseignement des langues est un point fort reconnu du MFTI, université qui brille dans la formation de physiciens, biologistes, mathématiciens, ingénieurs…
(source: lemonde.fr)