Rova d’Ambohidratrimo incendié!
Un autre patrimoine historique et culturel d’Antananarivo vient de subir les actes barbares d’inconnus non encore identifiés dans la nuit du 26 au 27 Août, après l’incendie criminel qui a réduit en cendres une partie du Rova d’Ambohitrimanjaka. En effet, tout le site du Rova d’Ambohidratrimo a été volontairement incendié par ces criminels qui n’ont pas essayé de cacher les preuves de leurs méfaits, en l’occurence des bouteilles de pétrole servant à arroser pour détruire ces importants vestiges.
Des restes calcinés des tombeaux royaux dans l’enceinte du rova.
Le Premier Ministre Jean Ravelonarivo s’étant rendu sur les lieux avec différents responsables a vivement condamné cet acte odieux, et n’a pas manqué de lier cet acte criminel au climat politique actuel. Il n’a pas voulu accepter que des divergences de point de vue ou des dissensions de tous ordres, quels qu’ils soient, aboutissent à de tels comportements. Il est allé plus loin en évoquant carrément un sabotage et un acte de déstabilisation du pays.
De son côté, le président Hery Rajaonarimampianina, évoquant le même sujet, a lié l’évènement à l’attaque perpetrée par une centaine de dahalo (bandits voleurs de bétails) cette même semaine à Ankazoabo-Sud, dans la région de Tuléar, et tuant huit éléments des forces armées pris dans un habile traquenard élaboré par ces grands bandits.
Ces évènements rappellent les exactions commises récemment par les djihadistes de l’Etat Islamique de Syrie et du Proche Orient qui ont fait exploser un ancien temple à Palmyre, patrimoine de l’humanité, ainsi que celui tristement célèbre du 06 Novembre 1995, et non encore élucidé, où des individus de même acabit ont incendié le Palais de la Reine (Rova de Manjakamiadana) symbole de la souveraineté historique de Madagascar et de l’identité même de sa population, attaquée dans sa Culture et dans son coeur, avec un grand « C » .
Le Fihavanana malagasy hérité de nos ancêtres, et ciment de l’unité nationale, n’est certainement pas mort, mais nécessite néanmoins une lucidité rationnelle chez tout un chacun, notamment les jeunes et les moins jeunes, dans ses conceptions et pratiques morales de tous les jours, à l’épreuve de différentes provocations.
par R.M.