Un monde qui change
Un Editorial de Sahondra Rabenarivo (Lu dans Madagascar Tribune)

À la veille du premier tour des élections présidentielles françaises, un éditorial dans le New York Times m’a particulièrement interpellé. L’auteur explique comment « pour la première fois dans l’histoire des trois dernières républiques, les deux candidats favoris à l’élection présidentielle française récusent leur appartenance à la droite et à la gauche, ou même au centre, de l’échiquier politique ». Plutôt, « les deux candidats présentent des visions antagonistes de la globalisation, de l’Europe et de la laïcité ». Et conclut qu’ « une nouvelle opposition idéologique semble donc être en train de redéfinir le discours politique en France, et ailleurs en Occident : le protectionnisme économique et identitaire des populistes, face à l’ouverture à l’Europe et la globalisation des libéraux. La gauche et la droite ne seront bientôt que les vestiges d’un XXème siècle bien révolu » [1].
La longue marche du libéralisme, dont l’ascendance émerge après la chute du mur de Berlin (présumée victoire de l’Occident) semble donc se heurter à un nouveau phénomène, en partie parce que certains segments de la population de ces pays d’Occident, en zones rurales surtout, sont perdants dans la mondialisation. Mondialisation rime quelque part avec urbanisation et le phénomène Londres/grandes villes et les zones rurales du Brexit, ainsi que la défaite de Trump dans presque toutes les grandes villes américaines et sa victoire dans le fin fond des USA le démontrent.
Et nous alors ? Le libéralisme nous a ouvert depuis les années 1990 aux importations de tout ce qui devrait essentiellement être produit localement : riz, friperies, ciment, savon, tout. En face, nos produits peinent à équilibrer les choses en offrant au monde mondialisé nos marchandises : textiles, nickel, vanille…