Herizo Razafimahaleo: parcours
Champion Sportif, Economiste, Responsable Politique, Entrepreneur
Mais avant tout un Homme d’Etat.
Petit-fils de pasteur protestant de brousse, Herizo Razafimahaleo est né en 1955 (51 ans) à Ihosy (Madagascar) d’un père agent technique des Travaux Publics et d’une mère institutrice publique. Marié, 2 enfants.
Ancien champion de Madagascar de natation, il a détenu pendant six ans le record de sa discipline.
Après une Maîtrise ès-Sciences Economiques, à l’Université de Madagascar, il poursuit ses études aux Etats-Unis, obtient un Master of Business Administration (MBA) de l’University of Michigan Ross School of Business (1980) et fait ses premières armes dans Wall Street à New-York au sein de la banque d’investissement, First Boston Corporation.
En 1981, Herizo Razafimahaleo rentre à Madagascar et travaille en tant qu’Attaché de Direction au sein du groupe Fraise (Import-export, hôtellerie, brasseries, aviation). Parallèlement, il donne bénévolement des cours d’Economie et de Gestion Budgétaire à la Faculté des Sciences Economiques d’Antananarivo.
En 1986, il crée sa première entreprise STEDIC « Services – Trading – Etude et Diffusion Industrielle – Conseil », avec l’appui du constructeur indien Tata, dont il vend les véhicules à Madagascar. STEDIC devient, en trois ans, le 1er vendeur de camions neufs du pays et se développe ensuite dans d’autres domaines.
Jeune opérateur économique, il se distingue par son dynamisme et son professionnalisme. En 1989, Herizo Razafimahaleo est appelé par le Président de l’époque pour donner son avis sur divers aspects de la libéralisation économique dans laquelle le pays devait s’engager après l’échec de 15 années de socialisme. Pour cela, il est nommé Conseiller à la Présidence. « La Convention du 31 octobre 1991 ayant transféré les pouvoirs du Président en matière économique au Premier Ministre de transition, j’ai rendu mon tablier de Conseiller puisque, ne faisant pas de politique à l’époque, mon rôle s’était strictement cantonné à des conseils techniques en matière de libéralisation économique », explique-t-il.
En 1990, Herizo fonde à Ambositra une entreprise manufacturière de fabrication d’allumettes AFOMA (AFOKASOKA MALAGASY), qui emploie aujourd’hui plus de 400 personnes. Cette initiative permet à Madagascar de moins recourir aux importations pour ce produit de première nécessité. Quelques années plus tard, une unité de production complémentaire est mise en place à Toamasina avec la création de la société Varatrafo.
En Juin 1992, avec une quinzaine d’amis de bonne volonté (dont la plupart n’avait jamais fait de politique), Herizo fonde l’association LEADER FANILO « Libéralisme Economique et Action Démocratique pour la Reconstruction Nationale ». Le LEADER, qui deviendra plus tard un parti politique, prône le renouvellement et le rajeunissement de la classe politique, pour faire de la politique « autrement ». La même année, Herizo est admis à suivre la session Euromoney Training et obtient, à Londres, le Diplôme de l’International Capital Markets Programme : l’homme est connu pour sa propension à mettre régulièrement ses connaissances pratiques et académiques à jour.
En juin 1993, à 38 ans, Herizo Razafimahaleo fait sa première expérience des urnes, sous les couleurs du LEADER FANILO : il est élu Député de Madagascar à Ambositra, son jeune parti plaçant quatorze autre députés à l’Assemblée Nationale.
En Août 1993, Herizo Razafimahaleo intègre le gouvernement de Francisque Ravony, en tant que Ministre de la Promotion Industrielle et du Tourisme. Parmi les nombreuses actions initiées, on peut relever l’organisation du « Forum des Investissements à Madagascar » ou FIMAG du 12 au 16 avril 1994. Ce salon international connaît un franc succès, tant en termes de participants, que de fréquentation. Il aboutit à de nombreux contacts et à des partenariats effectifs entre investisseurs nationaux et internationaux.
En juillet 1994, en désaccord avec la ligne du régime dont les plus hauts responsables avaient entraîné le pays dans la désastreuse aventure des « financements parallèles », Herizo Razafimahaleo prend ses responsabilités et démissionne du gouvernement de Francisque Ravony, une première dans les annales de la République. Déplorant la perte de crédibilité du pays vis-à-vis de ses bailleurs de fonds traditionnels, il estime « pouvoir être plus utile hors du gouvernement qu’en son sein ».
En mai 1995, les autres membres du parti de Herizo quittent le 2ème gouvernement de Francisque Ravony, invoquant la paralysie de leur action. « On ne sait plus où l’on va et on ne peut plus travailler dans un tel environnement », déclarait Herizo. Cette démission collective de ministres reste un cas unique aujourd’hui dans l’histoire du pays !
La même année, Herizo lance « L’Express de Madagascar », un quotidien bilingue qui marque une nette évolution de la presse malgache et saluée par les observateurs comme une avancée réelle dans le traitement professionnel de l’information. « Herizo me fout une paix royale dans la ligne éditoriale développée par le journal. » déclare Christian Chadefaux, le rédacteur en chef de l’époque.
En novembre 1996, Herizo se présente pour la première fois à l’élection présidentielle, élection anticipée qui fit suite à la destitution du président Albert Zafy. A 41 ans, Herizo est le benjamin des 15 candidats en lice. Il se place en troisième position avec 15,13% des voix.
En février 1997, Herizo est nommé Vice-premier Ministre chargé des Affaires Etrangères au sein du gouvernement de Pascal Rakotomavo, poste qu’il quittera un an et demi plus tard sur un désaccord entre le parti AREMA du Président Ratsiraka et son propre parti LEADER FANILO. Le Secrétaire Général et numéro deux du LEADER, Manassé Esoavelomandroso, démissionne aussi au même moment de son poste de Ministre de l’Industrie.
En 1998, Herizo et son parti organisent une table ronde des partis politiques destinée à assainir les pratiques politiques à Madagascar et de mettre en place toute la législation y afférente : code électoral révisé, charte de l’opposition, financement des partis, etc. Cette initiative vaut informellement à Herizo le titre de « champion de l’éthique politique ». L’adhésion de la plupart des partis participant à ces assises se révèle malheureusement n’être qu’une adhésion de façade et les résolutions très prometteuses adoptées et signées au cours de cette table ronde ne font pas long feu.
A l’issue des élections législatives de Juin 1998, le parti LEADER obtient 16 sièges à l’Assemblée Nationale et devient la 2ème force politique du pays. Herizo quitte momentanément le pays pour suivre à Harvard une formation spécifique sur la gouvernance publique et obtient le Diplôme de l’Executive Program, Harvard University John F. Kennedy School of Government.
En 2001, l’industriel Herizo finalise un accord avec le groupe réunionnais Ravate Distribution, spécialisé dans les matériaux de construction, concernant les activités du groupe Stedic. L’accord crée deux nouvelles entités : Stedic Ravate (matériaux de construction) et Sitram (concessionnaire de véhicules). Il se désengage de ces deux entreprises commerciales, peu de temps après. Il vend également son journal l’Express de Madagascar, ainsi que l’imprimerie Ecoprim qui lui est rattachée. « Bien que ces deux dernières gagnent beaucoup d’argent et qu’elles ne soient nullement endettées, je préfère me désengager, palper du cash et me concentrer sur mes activités industrielles » confie-t-il à l’époque. Effectivement, Herizo se redéploie depuis autour des 6 entités industrielles qu’il a décidé de garder. Ces entreprises (allumettes, sel, bougies, gaz butane, etc.), qui emploient aujourd’hui près de 1200 personnes, sont éparpillées à travers le pays : Antananarivo, Morondava, Ambositra, Toamasina.
Herizo se présente à l’élection présidentielle de décembre 2001, qui oppose 6 candidats. La confrontation entre D. Ratsiraka et M. Ravalomanana au sujet de ces élections, dont le 2ème tour n’a jamais pu être organisé, plonge Madagascar dans une crise politique grave et sanglante, qui aboutit à l’investiture contestée de Marc Ravalomanana en 2002.
Le 18 mai 2002, Herizo Razafimahaleo se met en « disponibilité » de ses fonctions de Président national du LEADER Fanilo, tout en réaffirmant sa volonté de servir pleinement la Nation et d’apporter sa contribution au développement du pays. « Le combat mené, pendant ma présidence, par le LEADER Fanilo pour un réel développement de Madagascar à travers un libéralisme à visage humain, pour une manière de faire de la politique autrement, pour plus d’éthique et de responsabilité dans nos pratiques politiques, pour une bonne gouvernance et un véritable Etat de droit, pour plus de rigueur, d’austérité et de transparence dans la gestion des affaires publiques,… tout cela, j’en suis convaincu, n’aura pas été un exercice futile, même si le chemin restant à parcourir semble paradoxalement s’allonger au fur et à mesure des avancées » déclare Herizo dans son communiqué.
Qualifiant ses années d’absence de « sabbatiques », Herizo prend ainsi du recul, met en veille tout activisme politique et refuse toute sollicitation de la part des médias. Il effectue plusieurs séjours à l’étranger. C’est au cours de l’un d’entre eux qu’il fréquente l’université de Cambridge en Angleterre pour y décrocher le diplôme du Wolfson Course (Wolfson College).
A partir de 2004, il sillonne l’île en faisant des tournées, jusque dans les villages les plus reculés. Au cours de ces tournées, Herizo s’informe minutieusement des réalités quotidiennes de la population malgache et se met à l’écoute de leurs doléances. C’est également l’occasion, pour le citoyen Herizo, d’expliquer à la population son analyse des véritables causes des difficultés du pays. « Ces échanges entretenus librement avec les gens du peuple ont grandement ajouté à ma connaissance des vrais problèmes de la population », concède t-il.
Le 16 octobre 2005, invité de l’émission dominicale « Savaravina » de la Radio Nationale Malgache, Herizo sort de ses années de « mutisme” et dresse un constat sévère de la situation socio-politique. Il révèle que le groupe parlementaire LEADER Fanilo déposera au Sénat une proposition de loi organique en vue de la création de la Haute Cour de Justice (HCJ), prévue depuis toujours par la Constitution et devant laquelle sont justiciables notamment le président de la République et les membres du gouvernement.
Début 2006, la situation du pays détermine Herizo à sortir définitivement de la réserve qu’il observait depuis 4 ans : « La population est à bout et on s’achemine vers une nouvelle crise politique sans précédent ! » souligne t-il. Il marque son retour au premier plan de la scène politique par une conférence de presse tenue à l’hôtel « La Rotonde » à Besarety, le 24 janvier 2006. En présence de toute la classe politique de l’opposition et des membres de la mouvance présidentielle déçus du régime actuel, Herizo jette un pavé dans la mare en évoquant la thèse du coup d’Etat institutionnel de la « première » investiture de Marc Ravalomanana du 22 février 2002 et, surtout, réclame la clarification des règles du jeu lors des prochaines présidentielles, avec notamment refonte du Code électoral et révision de la Constitution.
En février 2006, Herizo clôture sa visite dans la capitale du Betsileo par une conférence publique à l’espace « Tombotsoa » de Fianarantsoa, devant plus de 800 personnes. Au cours de ce séjour dans la capitale du Betsileo, des membres de nombreux groupements issus de tous les horizons et diverses personnalités viennent à la rencontre d’Herizo, qui a également un entretien avec l’archevêque de Fianarantsoa, Fulgence Rabemahafaly, et des échanges informels avec les séminaristes.
A l’occasion de la visite officielle du 14 au 16 mars 2006 de Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU, Herizo prend à témoin la communauté internationale de la volonté du gouvernement d’organiser une élection libre et transparente. Il interpelle le Président pour qu’il publie les dates exactes du déroulement des élections présidentielles.
En mars 2006, Herizo tient une conférence publique à Ambalavao Tsienimparihy, suivie d’une autre à Ihosy dans la région Ihorombe. Ces rencontres permettent à Herizo d’expliciter les origines de l’appauvrissement du pays et de répondre aux questions de l’auditoire sur les problèmes d’actualités brûlantes, notamment, celui concernant la quasi-altercation publique entre le président de la République et le représentant de la Banque mondiale, James Bond, lors de l’inauguration de l’Ecole nationale de la magistrature et des greffes.
Tout en martelant l’exigence d’une clarification préalable des règles du jeu lors des présidentielles, Herizo Razafimahaleo continue son périple vers le Sud de l’île en Mars 2006, jusqu’à Toliara, en passant par Sakaraha. « Avec ou sans élection, je compte rencontrer les gens, échanger des idées et des informations avec eux lors de conférence-débats, rencontres informelles ou encore à travers des interventions radiophoniques » déclare t-il.
Dans une interview au journal Madagascar Tribune en mars 2006, l’ancienne fonctionnaire de la Justice française Eva Joly, conseillère spéciale du Président sur la lutte contre la corruption, réclame à son tour publiquement la mise en place de la Haute Cour de Justice, demandée depuis des mois par Herizo et le groupe parlementaire LEADER FANILO.
Le 22 mai 2006, invité par Boina Mandroso à une réunion-débat sur l’économie malgache, Herizo s’est vu refuser, sans raison, l’accès aux salles réservées pour cette rencontre avec la population de Mahajanga. Les journaux rapportent que les propriétaires des lieux auraient reçu des menaces (verbales) de la part des hautes personnalités de l’Etat. Herizo Razafimahaleo réitère ses appréhensions : « L’Etat est en passe de priver toute la population de son droit à l’information, et partant, de son droit au libre choix ».
En mai 2006, pour dénoncer l’absence de volonté politique réelle de discuter les affaires nationales, Herizo boycotte « les assises du dialogue pouvoir-opposition » organisées par le président de la République au palais d’Etat d’Iavoloha. Ces assises, qui se sont révélées être une véritable farce, se terminent en queue de poisson…
En Juin 2006, s’exprimant d’une manière officielle dans la « Tranobe », les notables locaux de Mananjary (les 17 « Ampanjaka ») sollicitent la candidature de Herizo Razafimahaleo (en tournée dans la région Sud-Est de l’île) et lui accordent leur bénédiction pour la course à la magistrature suprême. Ils sont suivis par les 11 autres « Ampanjaka » de la commune de Tsaravary.
A l’issue de la conférence publique de juin 2006, à Manakara, des personnalités de divers horizons sollicitent la candidature de Herizo à la présidence, à commencer par le premier magistrat de la ville, Rakamisilahy Martial, les membres de divers partis politiques comme l’AREMA, de nombreuses personnes déçues du TIM, ainsi que des dirigeants de toutes les associations que compte la région : le « Fikambanan’ny Zanak’Antesaka Miraindraiky », l’association « Fitovinany » regroupant les Antemoro, l’association des « Zafisoro », le « FITEBE » ou association des natifs du Betsileo, et le « FITEMA » ou l’association des natifs du Haut Matitana et d’Ambohibe.
Le 30 Juin 2006, la rencontre-débat prévue entre Herizo Razafimahaleo et les étudiants en économie de l’université d’Ankatso sur le thème « Le silence des économistes face aux problèmes actuels » est annulée à la dernière minute pour des motifs inexpliqués, et ce malgré l’accord des instances responsables de l’université.
Après la réunion de son comité national de coordination, le 6 juillet 2006, le parti LEADER FANILO décide de solliciter la candidature de son président fondateur, Herizo Razafimahaleo pour la prochaine élection présidentielle.
En juillet 2006, à l’issue de la conférence publique de Herizo à Imerina Imady, la région d’Imady Ala donne la bénédiction à l’enfant du pays et se dit prête à soutenir Herizo dans tous ses projets à venir. Le même jour, Herizo est reçu par l’évêque d’Ambositra, Mgr Fidelis Rakotonarivo, dans les locaux de l’évêché. Une cinquantaine de religieux assistent à une conférence portant sur « Les causes et les conséquences de l’inflation ».
Herizo termine le mois de juillet 2006 par une tournée sur la côte Est, au cours de laquelle il dénonce une baisse catastrophique du trafic portuaire à Toamasina. Des réunions publiques ont lieu à Brickaville, Foulpointe, Fénérive-Est, Beforona et, bien sûr, à Toamasina. Sa tournée s’achève sur une rencontre avec l’Archevêque de Toamasina.
Le 1er septembre 2006, Herizo officialise sa candidature à l’élection présidentielle du 3 décembre 2006 au cours d’une conférence de presse, tenue au Hilton Madagascar.
Le 25 Juillet 2008, il décède dans un hôpital d’Antananarivo.
(source: forum serasera)