Donald Trump se voit infliger un revers majeur par la Cour suprême sur ses tarifs douaniers
Le panel de juges, pourtant majoritairement conservateur, a estimé qu’une grande partie des droits de douane imposés par le président américain n’étaient pas légaux.

C’est une très mauvaise nouvelle pour Donald Trump, un an jour pour jour après son investiture. La Cour suprême américaine a jugé ce vendredi 20 février qu’une grande partie des droits de douane déclarés par le locataire de la Maison Blanche étaient illégaux. Dans leur décision rendue à une majorité de six contre trois, les juges ont estimé que le président américain avait outrepassé les pouvoirs prévus par la Constitution.
D’après eux, il n’était pas légal d’imposer des droits de douane sur la quasi-totalité des produits entrant aux États-Unis par la nécessité d’urgence économique. « C’est un revers majeur » pour Donald Trump, juge la chaîne américaine NBC News, tandis que le Los Angeles Times y voit sa « défaite la plus cinglante » face à la Cour suprême. C’est « un test crucial des pouvoirs de l’exécutif », estime pour sa part la chaîne conservatrice Fox News, favorable au président.
Le Washington Post souligne pour sa part qu’une pareille « remise en cause » de l’administration Trump est « rare » de la part de la plus haute juridiction américaine, marquée par une solide majorité conservatrice (six juges contre trois). « Cette décision marque un changement notable dans l’approche de la Cour » à l’égard du président, estime le quotidien basé à Washington DC, rappelant qu’il s’agit d’une « rupture » avec une « série » de décisions alignées avec la Maison Blanche.
Les marchés s’emballent et le CAC 40 bat des records
Les marchés, ébranlés au printemps par l’annonce des droits de douane, ont très rapidement réagi à la décision de la Cour suprême. À la Bourse de Paris, l’indice CAC 40 a dépassé ce vendredi les 8 500 points pour la première fois de son histoire. Il prenait 1,26 % vers 16h20 (heure de Paris) et a atteint un nouveau sommet à 8 529 points, relève l’AFP.
Un bond porté par « les valeurs ayant une part à l’exportation importante » vers les États-Unis, à l’image des poids lourds du luxe et des spiritueux, a expliqué à l’agence de presse Alexandre Baradez, responsable de l’analyse des marchés à IG France. LVMH a ainsi pris 4,61 %, Hermès 3,68 % et Kering 1,60 %. Pernod Ricard a quant à lui bondi de 4,10 %.
L’annonce du jugement de la Cour suprême a également été bien reçue à la bourse de New York qui a pris de l’élan ce vendredi. Vers 17h20, le Dow Jones grappillait 0,05 %, l’indice Nasdaq prenait 0,52 % et l’indice élargi S&P 500 avançait de 0,22 %. Les secteurs de l’habillement et de l’ameublement, très dépendants aux importations, ont accueilli positivement cette décision. Le géant du commerce en ligne Amazon gagnait lui près de 3 %.
En réalité, la décision de la Cour suprême est loin de régler magiquement tous les problèmes des entreprises internationales. En Europe comme aux États-Unis, cette décision accroît l’« incertitude », relève les journalistes du New York Times, puisque de nombreux acteurs s’étaient adaptés aux droits de douane. Ils sont désormais dans l’attente, le temps de voir si l’administration Trump décide d’imposer ses droits de douane par d’autres moyens.
L’UE, le Canada et le Royaume-Uni toujours prêts à travailler avec Washington
« Nous prenons note de la décision et nous l’analysons avec attention », a réagi auprès de l’AFP le porte-parole de la Commission européenne, Olof Gill, qui a indiqué attendre des « éclaircissements » de l’administration américaine « quant aux mesures qu’elle entend prendre en répondre à cette décision ». « Les entreprises des deux côtés de l’Atlantique dépendent de la stabilité et de la prévisibilité des relations commerciales », a-t-il poursuivi, indiquant que l’UE continuera de « plaider en faveur de droits de douane faibles et d’œuvrer à leur réduction ».
Le ministre canadien chargé de la relation commerciale entre son pays et les États-Unis, Dominic LeBlanc, s’est fendu d’une réaction sur X, estimant que la décision de la Cour suprême « renforce la position du Canada selon laquelle les droits de douane » imposés par Washington sont « injustifiés ». Dans son message, le politicien rappelle également que les discussions entre les deux pays se poursuivent alors que les entreprises canadiennes continuent de pâtir des taxes douanières.
Le gouvernement britannique, quant à lui, a réagi via son porte-parole. « Nous travaillerons avec l’administration américaine pour comprendre comment cette décision affectera les droits de douane pour le Royaume-Uni et le reste du monde », a-t-il fait savoir dans un communiqué, ajoutant que Londres « bénéficie des droits de douane réciproques les plus faibles au monde ».
« Quel que soit le scénario, nous nous attendons à ce que notre position commerciale privilégiée avec les États-Unis se maintienne », a-t-il indiqué.
(source; huffingtonpost.fr)