Conjoncture – Le général Pikulas appelle à préserver l’apaisement
Alors que les rumeurs de putsch semblaient retomber, des tracts viraux circulent sur les réseaux sociaux et les messageries dans le but de fissurer l’unité des forces armées. Face à cette situation, le général Démosthène Pikulas exhorte à préserver l’apaisement actuel.

De la sérénité. C’est le visage affiché par le général Démosthène Pikulas, chef d’état-major des armées, hier, face aux questions de la presse au sujet de la situation qui prévaut au sein de la grande muette et, plus largement, des Forces armées actuellement. Une question posée en marge d’une conférence organisée par l’École d’état-major (EMA), à l’amphithéâtre Havoria à Anosy.
La question des journalistes fait suite à la circulation de tracts viraux sur les réseaux sociaux et les messageries depuis la semaine dernière. Des tracts qui visent vraisemblablement à briser la cohésion des Forces armées en leur lançant un appel à « rejoindre les rangs de ceux qui sont déjà prêts à se dresser pour la patrie ». En réponse, sur un ton posé, le général Pikulas exhorte à préserver le climat d’apaisement qui prévaut actuellement.
À s’en tenir au calme affiché par le chef d’état-major des armées, il n’y a pas de quoi s’alarmer. « Il y a des appels à une prise de position, dites-vous, mais qui émet ces appels ? », réplique néanmoins l’officier général, comme pour mettre en doute la crédibilité des tracts étant donné leur caractère anonyme. « Il existe ici un pouvoir en place, un État, avec des dirigeants qui assument leurs fonctions et accomplissent leur mission », ajoute-t-il.
Sur sa lancée, le général Pikulas indique : « Ce que je peux dire, c’est un appel au calme adressé à tout un chacun, ainsi qu’au respect de l’ordre établi et des institutions du pays, sans se laisser troubler par des intérêts particuliers, ceux d’une minorité ou des intérêts privés qui ne répondent pas aux besoins de la majorité. » À l’entendre, la ligne de conduite de l’armée consiste à défendre l’intérêt général.
Dans sa réponse à la presse, le chef d’état-major des armées soutient ainsi que : « Telle est la ligne de conduite de l’armée. Nous constatons que les institutions étatiques travaillent et agissent dans le sens de l’intérêt général. Dès lors, je ne vois pas de raison de céder à l’inquiétude face à ces éventuels appels émis ici et là. »
Période trouble
En mars et avril, les informations faisant état de tentatives de coup d’État et même d’assassinat du colonel Michaël Randrianirina, président de la refondation de la République, ont défrayé la chronique. Le locataire d’Iavoloha lui-même a parlé de « période trouble » pour qualifier la conjoncture qui prévalait à ce moment-là, durant une cérémonie de remise de certificats de fin de formation à des éléments du Régiment de la garde présidentielle (RGP), dans l’enceinte du palais présidentiel, le 23 avril.
Durant cette « période trouble », Harry Laurent Rahajason, directeur de la communication de la présidence de la République, a tenu une conférence de presse durant laquelle il a fait état du survol de cinq « drones thermiques » au-dessus de la résidence du chef de l’État. Le patron de la communication présidentielle a avancé la thèse d’« une probable tentative de représailles d’entités internationales » derrière cet épisode.
Une batterie d’enquêtes a été menée en parallèle aux différentes déclarations durant cette période de mars et avril. Des investigations à l’issue desquelles plusieurs personnes ont été arrêtées puis placées en détention préventive, dont un ressortissant étranger. Les réactions étatiques fondées sur les dossiers d’enquête durant cette « période trouble » ont même entraîné un bras de fer diplomatique entre Madagascar et la France.
Les autorités malgaches ont en effet expulsé l’attaché de sécurité intérieure auprès de l’ambassade française le 28 avril. Quelques jours auparavant, le 17 avril, un conseiller du chef de l’État avait publié sur sa page Facebook que « dix ressortissants français » seraient soupçonnés par les autorités d’être impliqués dans ces tentatives de déstabilisation. Des affirmations que l’ambassade française a qualifiées de « rumeurs mensongères ».
Après cette « période trouble » de mars et avril, la conjoncture nationale semble s’être apaisée. Les débats publics se sont recentrés sur les questions touchant au quotidien des ménages, comme les taxes prévues dans le projet de loi de finances rectificative. S’agissant de l’apparition soudaine des tracts mentionnés précédemment, une source militaire indique que « ce genre d’information est toujours pris au sérieux afin d’éviter de mauvaises surprises ». Néanmoins, à l’instar de la sérénité affichée par le général Pikulas, elle se veut également rassurante quant à la situation actuelle.
(source: Garry Fabrice Ranaivoson – lexpress.mg)