Général Démosthène Pikulas
Conjoncture – Le général Pikulas appelle à préserver l’apaisement
Alors que les rumeurs de putsch semblaient retomber, des tracts viraux circulent sur les réseaux sociaux et les messageries dans le but de fissurer l’unité des forces armées. Face à cette situation, le général Démosthène Pikulas exhorte à préserver l’apaisement actuel.

De la sérénité. C’est le visage affiché par le général Démosthène Pikulas, chef d’état-major des armées, hier, face aux questions de la presse au sujet de la situation qui prévaut au sein de la grande muette et, plus largement, des Forces armées actuellement. Une question posée en marge d’une conférence organisée par l’École d’état-major (EMA), à l’amphithéâtre Havoria à Anosy.
La question des journalistes fait suite à la circulation de tracts viraux sur les réseaux sociaux et les messageries depuis la semaine dernière. Des tracts qui visent vraisemblablement à briser la cohésion des Forces armées en leur lançant un appel à « rejoindre les rangs de ceux qui sont déjà prêts à se dresser pour la patrie ». En réponse, sur un ton posé, le général Pikulas exhorte à préserver le climat d’apaisement qui prévaut actuellement.
À s’en tenir au calme affiché par le chef d’état-major des armées, il n’y a pas de quoi s’alarmer. « Il y a des appels à une prise de position, dites-vous, mais qui émet ces appels ? », réplique néanmoins l’officier général, comme pour mettre en doute la crédibilité des tracts étant donné leur caractère anonyme. « Il existe ici un pouvoir en place, un État, avec des dirigeants qui assument leurs fonctions et accomplissent leur mission », ajoute-t-il.
Sur sa lancée, le général Pikulas indique : « Ce que je peux dire, c’est un appel au calme adressé à tout un chacun, ainsi qu’au respect de l’ordre établi et des institutions du pays, sans se laisser troubler par des intérêts particuliers, ceux d’une minorité ou des intérêts privés qui ne répondent pas aux besoins de la majorité. » À l’entendre, la ligne de conduite de l’armée consiste à défendre l’intérêt général. Lire la suite »
Développement et Vie politique – L’armée veut être un acteur à part entière
Le chef d’état-major, le général Démosthène Pikulas, annonce que l’armée ne se taira plus face à la situation dans le pays. Sans remettre en cause les lois ni les institutions, il affirme que l’armée compte désormais être un acteur à part entière dans la gouvernance nationale.

L’armée sort de sa réserve. À entendre le discours du général Démosthène Pikulas, chef d’état-major des armées, hier, c’en est terminé de la Grande muette. Selon lui, dorénavant, l’armée ne compte plus fermer les yeux, ni rester indifférente, ni garder le silence. Elle a l’intention de jouer pleinement sa partition dans la vie de la nation, notamment sur le plan politique.
“On dit souvent que l’armée est sourde, muette et aveugle. (…) L’armée s’exprime aujourd’hui dans ce pays. Elle ne se considère pas comme un simple acteur réclamant sa part, mais comme un véritable copropriétaire de la nation, détenteur d’une part légitime de responsabilité. Ainsi, il faut écarter l’idée que l’Armée resterait silencieuse à l’avenir. Elle aura son mot à dire sur toutes les situations à venir, elle ne restera ni passive, ni indifférente, ni muette”, déclare le général Pikulas, en abordant la rubrique “l’armée et la nation”, en ouverture des assises militaires, au Centre de conférences international (CCI) d’Ivato, hier.
Les propos du récemment promu général de corps d’armée marquent un tournant dans la posture, vis-à-vis des affaires nationales, de celle qui pourrait alors se départir de l’indicatif Grande muette. Un concept qui veut que l’armée soit une institution qui ne s’exprime pas sur les affaires politiques. Qui lui impose une neutralité politique et un devoir de réserve. Il y a aussi la subordination de l’armée au pouvoir civil légalement établi. À Madagascar, comme dans la plupart des pays du monde, le Président ou le Chef de l’État est érigé par la Constitution comme le Chef suprême des Forces armées.
De tradition, par ailleurs, il y a aussi l’idée que les militaires exécutent les ordres sans poser de questions. À écouter l’allocution du général Pikulas, ce concept de Grande muette n’a donc plus lieu d’être. Comme argument pour défendre sa position, il sort le principe de l’intérêt supérieur de l’État.