Législatives anticipées au Japon: Shinzo Abe gagne son pari

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La coalition formée par le Parti libéral-démocrate (PLD, droite) de Shinzo Abe et le parti Komeito (centre-droit) ont remporté une majorité des deux tiers à la chambre basse lors des élections législatives anticipées voulues par le premier ministre.

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a largement gagné son pari (photo AFP)

Au pouvoir depuis fin 2012, après un premier exercice raté en 2006-2007, Shinzo Abe, 63 ans, devrait ainsi rester aux commandes de la troisième puissance économique mondiale jusqu’en 2021 et atteindre le record de longévité d’un chef de l’exécutif japonais.

Conditions réunies pour convoquer un référendum

Avant ces élections, sa coalition gouvernementale disposait de 318 sièges à la chambre basse du Parlement, mais des scandales à répétition avaient terni son image et faisaient courir le risque d’une défaite lors de législatives initialement prévues dans un an.
D’où la décision le mois dernier de Shinzo Abe de déclencher des élections anticipées, pour profiter d’une opposition morcelée, pendant qu’il était encore temps.
Avec sa nouvelle confortable majorité, il se trouvera encore davantage légitimé dans sa fermeté affichée vis-à-vis de la Corée du Nord, qui a déjà tiré deux missiles au-dessus de l’archipel nippon: il est favorable à la position de l’allié américain consistant à maintenir « toutes les options » sur la table, sous-entendu y compris militaire, contre Pyongyang.
Le Parti de l’espoir, récemment créé et dirigé par la charismatique gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike, devrait remporter une cinquantaine de sièges. Soit moins que l’autre principale formation d’opposition, le Parti démocrate constitutionnel, qui gagnerait près de soixante sièges.
Yuriko Koike est restée vague sur son avenir à la tête de la formation: « En tant que fondatrice du parti, je prendrai mes responsabilités », a-t-elle déclaré. Cette femme de droite de 65 ans, une ex-vedette de la télévision au sens aigu de la communication, ancienne ministre de Shinzo Abe et elle aussi nationaliste, a vu sa cote de popularité fondre en ne se présentant pas au Parlement, dans un pays où la Constitution impose que le premier ministre soit choisi parmi les députés ou les sénateurs.

La coalition de Shinzo Abe serait donc en passe de maintenir sa majorité des deux tiers à la chambre basse, comme c’est déjà le cas au Sénat. Il s’agit là d’une condition nécessaire pour convoquer un référendum proposant de réviser la Constitution pacifiste, dictée en 1947 par les États-Unis après la reddition du Japon à la fin de la Seconde Guerre mondiale et dont l’article 9 consacre la renonciation « à jamais » à la guerre. Un voeu cher aux nationalistes japonais qui soutiennent le premier ministre, lui-même partisan d’une ligne dure face à la Corée du Nord.

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