Le FMI aux chevets de l’Argentine après 16 ans
Le Fonds monétaire international (FMI) entend conclure un accord « rapidement » avec l’Argentine, a souligné son porte-parole jeudi, relevant que la situation du pays est très différente d’il y a une vingtaine d’années lors d’une précédente crise.
« Le FMI pourrait avancer rapidement et a l’intention d’avancer rapidement », a déclaré Gerry Rice lors d’une conférence de presse sans toutefois avancer de date dans la mesure où « les détails (de l’accord) sont en discussions » et « les modalités exactes de l’accord restent à discuter ».
La réunion du FMI de vendredi consacrée à l’Argentine ne sera pas « concluante », a-t-il poursuivi. Il s’agit d’une « réunion informelle » destinée à présenter les avancées des discussions au comité de direction. Ce dernier devra se réunir ultérieurement pour approuver un accord qui entrera alors en vigueur.
« Il est important de souligner que la situation de l’Argentine aujourd’hui est radicalement différente de ce qu’elle était il y a 15 ou 20 ans », a en outre estimé Gerry Rice, relevant des institutions économiques plus robustes, des institutions différentes.
Il a aussi admis que le FMI avait évolué de son côté en se concentrant désormais davantage aux aspects de « protection sociale » et « en particulier, à la protection des plus vulnérables ».
Gerry Rice a enfin souligné que le FMI partageait les priorités du président argentin Mauricio Macri qui a fixé comme priorité de faire baisser le déficit budgétaire.
« Le problème central est le déficit fiscal », a-t-il déclaré mercredi. « Nous devons le réduire. Nous ne pouvons pas dépenser plus que ce que nous avons, et dépendre des prêts internationaux pour le financer ».
Le déficit budgétaire est passé de 6% à 3,9% en deux ans de gestion de M. Macri. Mais une crise de confiance dans le peso argentin a entraîné une dépréciation dL’Argentine renoue avec le FMI après 16 anse la monnaie face au dollar de près de 20% en un mois et demi, poussant le gouvernement Macri à demander la semaine dernière l’aide du FMI pour éviter de replonger dans une crise.
La troisième économie d’Amérique latine a retrouvé l’an passé un bon rythme de croissance (+2,8%) et espère maintenir le cap cette année. En revanche, le gouvernement n’a pas réussi à limiter l’inflation, supérieure à 20% depuis 10 ans.
(France24 avec AFP)