France: « Mine de rien, ça a avancé » : le Conseil national de la Refondation lancé sous le signe du « dialogue »

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Emmanuel Macron a inauguré, jeudi, le CNR en présence de 40 représentants syndicaux, patronaux, associatifs et d’élus locaux. Une vaste consultation en ligne des Français doit s’ouvrir la semaine prochaine.

Emmanuel Macron, à l’occasion du lancement du Conseil national de la refondation, à Marcoussis (Essonne), le 8 septembre 2022. MICHEL EULER / AP

Deux grosses boîtes blanches avaient été installées en lisière du stade. Les participants au lancement du Conseil national de la refondation (CNR), jeudi 8 septembre, au centre national de rugby de Marcoussis (Essonne), pouvaient y déposer leur téléphone portable. Un moyen imaginé pour garantir la confidentialité des échanges, tenus durant huit heures sous l’égide d’Emmanuel Macron, de la première ministre, Elisabeth Borne, et de dix membres du gouvernement. Mais le symbole, aussi, d’une méfiance tenace vis-à-vis de la tournure que pouvait prendre l’événement, annoncé dans la foulée de l’élection présidentielle et organisé dans la confusion. « La clé, c’est d’installer la confiance » pour « rebâtir du consensus », a plaidé le chef de l’Etat jeudi matin, en invoquant l’urgence « historique » liée à la guerre en Ukraine, à la crise énergétique, à l’inflation ou à la transition climatique et démographique.

Cette réunion inaugurale devait donc d’abord embarquer les 40 représentants syndicaux, patronaux, associatifs et d’élus locaux ayant répondu présents, sur 52 invités. Le « premier étage » d’une démarche censée revivifier la démocratie, selon François Bayrou, secrétaire général du CNR. Les participants n’avaient pas masqué leurs doutes, certains précisant qu’ils n’étaient pas là par plaisir. « C’est comme dans La Vérité si je mens, je donne sa chance au produit, a lancé Geoffroy Roux de Bézieux, président du Mouvement des entreprises de France (Medef). Je n’ai pas la même vision de la situation que la CFDT, pour autant il s’agit de déposer un peu l’armure. » « On vit une crise sociale, écologique et démocratique, a abondé Laurent Berger, patron de la CFDT. Le rôle du syndicaliste n’est pas d’être dans le commentaire, il est de saisir cet espace de dialogue. »

Le locataire de l’Elysée a fait siffler les oreilles des absents, notamment du président du Sénat, Gérard Larcher. « Les douze qui ne sont pas là ont tort, s’est-il impatienté. Parce que quand on a un mandat, on a un mandat pour représenter, parler, même venir dire qu’on n’est pas d’accord. » Reprenant un visage qu’il veut « optimiste », il a ensuite répété que « la porte sera toujours ouverte ». Une manière de renvoyer la balle dans le camp des oppositions, qui, elles, indiquent le chemin du Palais-Bourbon plutôt que la route de Marcoussis.

« Il faut du concret maintenant »

A la fin de la journée, les participants ont quitté les lieux le sourire aux lèvres. « Tous diront qu’il s’est passé quelque chose, s’est réjoui François Bayrou. Il n’est pas vrai que c’est une manœuvre ou un machin. C’est une démarche démocratique inédite. » « On y croit, on a réussi à inclure certains sujets, comme l’évolution du travail ou le logement, approuve Laurent Berger. C’était utile, exigeant, agaçant parfois, parce qu’on n’est pas d’accord. Mais, mine de rien, ça a avancé. » « Soit on regarde nos pieds sans rien faire, soit on garde espoir et on essaye d’imaginer d’autres moyens d’action publique. Ce n’est que le début »

(source: lemonde.fr)

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