L’UE tente de relancer son partenariat avec le Maroc dans un contexte politique délicat
Josep Borrell a affiché à Rabat la volonté de l’Europe d’approfondir la coopération avec le royaume chérifien malgré les controverses autour du « Marocgate » et la question sensible du Sahara occidental.

La visite au Maroc de Josep Borrell, le haut représentant de l’Union européenne (UE) pour les affaires étrangères, du jeudi 5 au samedi 7 janvier, devait relancer et approfondir la relation, déjà ancienne, entre les Vingt-Sept et le Maroc. Sur le plan économique, énergétique, sécuritaire ou migratoire, les projets entre l’Union et le royaume chérifien se multiplient. Sur le plan politique, la relation reste soutenue – en 2022, l’essentiel des commissaires européens s’est rendu à Rabat. Mais plusieurs dossiers assombrissent toujours la relation, notamment l’enquête sur le récent scandale de corruption au sein du Parlement européen qui pointe vers le Qatar et le Maroc.
Josep Borrell, dont la venue avait été annulée en septembre 2022 à la suite d’une déclaration défendant le droit des Saharaouis à décider de leur futur au Sahara occidental, a donc tenté de dissiper les malentendus et renforcé les liens en rencontrant Aziz Akhannouch, le premier ministre marocain, et Nasser Bourita, le ministre des affaires étrangères du pays.
Côté approfondissement du partenariat, le chef de la diplomatie européenne a annoncé la mise en place d’« un dialogue de haut niveau en matière de sécurité » afin de lutter « ensemble contre les menaces à notre sécurité et contre le terrorisme dans notre voisinage immédiat », notamment au Sahel.
De même, il a évoqué une « coopération renforcée entre l’UE et le Maroc dans les institutions multilatérales. Nous voulons faire en sorte que des initiatives portées conjointement par des pays du Nord et du Sud permettent de relancer l’action multilatérale sur les défis globaux ». De la guerre en Ukraine au changement climatique, les sujets ne manquent pas. Au niveau économique et climatique, l’Europe et son premier partenaire commercial en Afrique, avec 45 milliards d’euros d’échanges, vont accélérer la mise en place de leur partenariat vert, afin de faciliter la transition énergétique.
(source: lemonde.fr)