La Jamaïque veut destituer le roi Charles III et voici comment elle compte s’y prendre
Le gouvernement jamaïcain a présenté un projet de loi au parlement visant à abolir la monarchie constitutionnelle et à faire du pays une République.

INTERNATIONAL – Boucler la boucle de l’indépendance. La Jamaïque veut totalement s’émanciper du Royaume-Uni, après plus de 350 ans de domination coloniale. Charles III est actuellement roi de la Jamaïque, et il en est le chef d’État. Or le pays insulaire des Caraïbes aspire désormais à devenir une république.
La Jamaïque a un monarque britannique depuis que les impérialistes ont colonisé le pays en 1655. En effet, à l’instar de nombreuses anciennes colonies britanniques, le pays a conservé cette particularité même après avoir obtenu son indépendance en 1962. Concrètement, sur place, le roi est représenté par un gouverneur général.
Mais plus pour longtemps puisque le gouvernement jamaïcain a présenté un projet de loi au parlement visant à abolir la monarchie constitutionnelle et à faire du pays une République. Pour Alando Terrelonge, député et ministre d’État, le pays veut être « véritablement libéré » de l’emprise britannique, ceci tout en « honorant ses ancêtres africains qui ont été victimes de trafic, brutalisés et réduits en esclavage par la Grande-Bretagne pendant des siècles », a-t-il déclaré au média The Independent.
Un chemin encore long avant l’émancipation
La ministre jamaïcaine des Affaires juridiques et constitutionnelles, Marlene Malahoo Forte, qui a présenté le projet de loi mercredi 11 décembre, a déclaré, citée par The Guardian, qu’il s’agissait d’« une réponse à un appel continu des Jamaïcains à modifier la Constitution ».
Mais le chemin vers la destitution de Charles est encore long. Comme le souligne le média britannique, il faut que le projet de loi modifiant la Constitution soit adopté par les deux chambres du Parlement jamaïcain avec une majorité des deux tiers. Le texte devra être validé par un référendum pour savoir si la Jamaïque doit devenir une République ou non.
Un symbole de la domination coloniale
En soi, ce changement est principalement de nature cérémoniale, puisque le Royaume-Uni ne s’exprime aujourd’hui plus sur la façon de gouverner la Jamaïque, toutefois il permettrait au pays de s’affranchir complètement d’un des derniers symboles de la domination coloniale. Un président succéderait alors à Charles dans le rôle du chef d’État.
Il restera cependant à trancher la question épineuse du Conseil privé, situé au Royaume-Uni et qui fait aujourd’hui office de Cour suprême en Jamaïque. Aujourd’hui, aucune disposition n’existe pour faire en sorte que la Cour de justice des Caraïbes devienne la plus haute cour d’appel de la Jamaïque à la place du Conseil privé. La sénatrice Donna Scott-Mottley, porte-parole pour la justice du principal parti d’opposition, le People’s National Party, a ainsi résumé le dilemme auprès du Guardian : « On ne peut pas dire qu’on est totalement décolonisés si on conserve le Conseil privé comme Cour suprême. »
(source: huffingtonpost.fr)