Coopération – Des émissaires de Trump à Madagascar
Une délégation dépêchée par le locataire de la Maison-Blanche serait à Madagascar. Une rencontre avec le président de la Refondation de la République serait prévue.

Des émissaires de Donald Trump. Il n’en fallait pas plus pour attiser la curiosité des journalistes. L’information sur leur présence à Madagascar a circulé depuis le week-end. D’autant plus qu’il se chuchote que cette délégation dépêchée par le président des États-Unis devrait rencontrer prochainement le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État.
Du côté de la présidence de la République, les responsables de la relation avec la presse indiquent qu’ils n’ont pas encore été avisés d’une quelconque information officielle sur ce sujet. Contactée par e-mail, l’ambassade des États-Unis n’a pas répondu jusqu’à l’heure. La procédure pour les réponses à la presse serait relativement fastidieuse à la représentation américaine. Des sources diplomatiques confirment néanmoins l’information.
La sortie de l’information sur la visite des émissaires de Donald Trump dans la Grande Île coïncide avec un contexte où les actualités internationales sont dominées par les États-Unis et son président. Ceci, en raison des bombardements américains au Venezuela et de la capture du président Nicolás Maduro et de son épouse. Un événement qui a déclenché une avalanche d’hypothèses et de théories sur de probables redéfinitions des règles du jeu de la géopolitique.
Concernant la visite des émissaires du locataire de la Maison-Blanche, il serait toutefois question de la coopération bilatérale entre les États-Unis et Madagascar. Sur ce point, la suite du programme « African Growth and Opportunity Act » (AGOA), ou encore l’avenir du projet Base Toliara, rebaptisé « Vara Mada – An Energy Fuels Company », pourraient s’imposer à l’ordre du jour des discussions. Cependant, comme le confient les sources, il devrait être question d’un élargissement du champ de coopération à celui de l’immigration.
Obstacles
« Ils comptent proposer à Madagascar un accord d’accueil des migrants expulsés des États-Unis », confient les sources sur l’objet de la visite de ces émissaires américains. Une proposition que les États-Unis ont déjà faite à d’autres pays africains. Jusqu’ici, le royaume d’Eswatini, le Soudan du Sud, le Ghana, ou encore le Rwanda ont accepté la proposition américaine.
Les termes des accords diffèrent selon les pays. Dans l’ensemble, il s’agit d’accueillir un quota de migrants que Washington considère comme des migrants en situation irrégulière, expulsés des États-Unis, mais qui ne veulent pas ou ne peuvent pas retourner dans leur pays d’origine pour différents motifs, notamment politiques ou sécuritaires. Outre les migrants clandestins, il peut s’agir de personnes dont les demandes d’asile aux États-Unis ont été refusées.
Pourtant, les publications des médias internationaux sur le sujet rapportent que, dans certains cas, la liste des migrants à accueillir peut comprendre des personnes ayant des antécédents judiciaires. Des pays ont toutefois refusé d’accueillir des personnes ayant un casier judiciaire. Par ailleurs, en contrepartie, les États-Unis pourraient proposer des compensations financières, des financements de projets de développement, ou encore le renforcement du partenariat stratégique.
Une éventuelle coopération de ce genre risque cependant de se heurter à l’hostilité de l’opinion publique malgache. La migration étrangère est un sujet relativement délicat à Madagascar, sans parler des questions d’ordre éthique et de respect des droits humains. Le projet pourrait, du reste, se heurter à un obstacle juridique. La Grande Île n’a pas de loi sur le droit d’asile ou encadrant l’accueil des réfugiés.
Dans les faits, cependant, il est probable qu’il ne s’agisse pas d’une première pour le pays. Depuis quelques années, plusieurs familles venant du Moyen-Orient et de l’Asie du Sud se sont installées dans le pays.
(source: Garry Fabrice Ranaivoson – lexpress.mg)