La Corée du Sud sollicite la Chine pour freiner le programme nucléaire nord-coréen
Le président sud-coréen, Lee Jae-myung, a demandé à son homologue chinois, Xi Jinping, de jouer un rôle de médiateur auprès du dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, qui avait annoncé préparer ses forces nucléaires à une « guerre réelle ».
S’adressant à des journalistes à Shanghaï à l’issue de sa visite en Chine, le président sud-coréen, Lee Jae-myung, a déclaré, mercredi 7 janvier, avoir demandé l’aide du dirigeant chinois, Xi Jinping, pour freiner le programme nucléaire de Pyongyang, en suggérant un gel de ce programme en échange d’une « compensation ». « J’aimerais que la Chine joue un rôle de médiateur sur les questions liées à la péninsule coréenne, y compris le programme nucléaire nord-coréen. Tous nos canaux sont complètement bloqués », a-t-il dit avoir déclaré à M. Xi en début de semaine lors de leurs entretiens à Pékin.
Selon lui, le dirigeant chinois a répondu en exhortant Séoul à faire preuve de « patience » envers son voisin, compte tenu de la détérioration des relations entre les deux Corées. « Et ils ont raison. Pendant assez longtemps, nous avons mené des actions militaires que la Corée du Nord a pu percevoir comme menaçantes », a concédé Lee Jae-myung.
« Il est dans l’intérêt commun de toutes les parties de maintenir la paix et la stabilité dans la péninsule [coréenne]. La Chine continuera à sa façon de jouer un rôle constructif à cette fin », a dit une porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois, Mao Ning.
Premier dirigeant sud-coréen à se rendre dans la capitale chinoise en six ans, Lee Jae-myung a dit, lundi, vouloir ouvrir une « nouvelle phase » dans les relations avec Pékin, fondée sur la confiance mutuelle avec son homologue chinois alors qu’il le rencontrait au lendemain du tir par la Corée du Nord, dotée de l’arme nucléaire, de deux missiles balistiques dans la mer du Japon ; Pyongyang avait annoncé préparer ses forces nucléaires à une « guerre réelle ».
Le dirigeant sud-coréen a également présenté un plan comprenant un gel du programme nucléaire de Pyongyang en échange d’une « compensation ». Il a ainsi dit avoir demandé à Pékin de transmettre ce message à Pyongyang et d’ajouter qu’« il y avait un consensus sur ces points de la part de la Chine ».
« Le simple fait de s’arrêter au niveau actuel – pas de production supplémentaire d’armes nucléaires, pas de transfert de matières nucléaires à l’étranger et pas de développement supplémentaire de missiles balistiques intercontinentaux – serait déjà un progrès », a-t-il assuré tout en ajoutant : « À long terme, nous ne devons pas renoncer à l’objectif d’une péninsule coréenne dénucléarisée. »
Mercredi, dans un message d’apaisement sur son compte X, Lee Jae-myung a publié une photo de deux pingouins enlacés pour souhaiter ses vœux de Nouvel An à Pyongyang, enjoignant au dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, de le rencontrer. « Rencontrez-vous, Po Jae-myung et Po Jong-un », a-t-il suggéré, dans une allusion aux personnages de Pororo le petit pingouin, un dessin animé sud-coréen populaire mettant en scène des pingouins et qui avait été sous-traité pour une partie de sa phase initiale de production au début des années 2000 à des studios nord-coréens.
La Corée du Sud se livre depuis des décennies à un exercice d’équilibre entre la Chine, son premier partenaire commercial, et les Etats-Unis comme garants de sa sécurité. Elle se tient à distance des vives tensions actuelles entre Pékin et le Japon, le président sud-coréen déclarant, mercredi, que les relations de son pays avec Tokyo « étaient aussi importantes que [celles] avec la Chine ».