Le Likud a accusé cette semaine des organisations sionistes religieuses opposées au projet de loi de la coalition, visant à exempter les étudiants ultra-orthodoxes des yeshivot du service militaire, de servir de façade à des militants de gauche cherchant à renverser le gouvernement.
Dans une publication qui a été postée sur X dans la journée de mardi, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu a partagé un extrait de la Quatorzième chaîne, favorable au gouvernement, visant à établir un lien entre des dirigeants de Partnership for Service – une organisation composée de femmes sionistes religieuses mariées à des réservistes, qui milite en faveur de la conscription des haredim et qui s’oppose au projet de loi d’exemption – et la gauche religieuse ainsi que le mouvement de protestation anti-gouvernement.
La chaîne, souvent accusée de servir de porte-parole à Netanyahu, a mis en avant l’opposition des membres de Partnership for Service à la refonte judiciaire du gouvernement, leur implication dans les efforts de coexistence entre Arabes et Juifs, et leurs liens avec des personnalités politiques telles que le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar et l’ancien Premier ministre Naftali Bennett afin de délégitimer leurs efforts.
« L’enquête prouve sans l’ombre d’un doute que la campagne de Partnership for Service contre le projet de loi sert de couverture à une campagne d’incitation à la haine et à la division menée par des organisations de gauche au sein de HaMahane HaMamlahti, avec un seul objectif : renverser le gouvernement de droite et établir un gouvernement de gauche avec les partis arabes », a écrit le Likud, s’engageant à faire adopter « un projet de loi historique qui conduira à l’enrôlement de dizaines de milliers de haredim » et allégera le fardeau des réservistes israéliens.
Jeudi, lors d’une réunion à huis clos de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, Netanyahu aurait annoncé que la loi serait adoptée « très prochainement », en parallèle d’un texte prolongeant le service obligatoire des nouvelles recrues de 32 à 36 mois.
Les médias haredim ont cité Netanyahu saluant le « travail remarquable » du président de la commission, le député du Likud Boaz Bismuth, l’un des principaux promoteurs de la législation visant à exempter les jeunes haredim du service militaire.

Au cours de l’année écoulée, les partenaires ultra-orthodoxes de la coalition de Netanyahu se sont battus pour faire adopter une loi exemptant leurs électeurs du service militaire, après une décision de la Cour suprême jugeant illégales les exemptions générales accordées depuis des dizaines d’années aux étudiants haredim à plein temps dans les yeshivot.
Les détracteurs du projet de loi estiment qu’il ne répond pas aux besoins de l’armée et qu’il perpétuerait une disparité structurelle au sein de la société israélienne, dans laquelle les haredim échappent à la conscription obligatoire pour les autres Israéliens juifs.
Soulignant le nombre élevé de soldats sionistes religieux tués dans la guerre déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas dans le sud d’Israël le 7 octobre 2023, des organisations religieuses telles que Partnership for Service tentent de faire pression sur le parti HaTzionout HaDatit, membre du gouvernement, afin qu’il s’oppose à la législation.
« Répression brutale des voix critiques »
Le reportage de la Quatorzième chaîne attaquant Partnership for Service a été loin d’être la première offensive menée par ce média pro-gouvernemental contre les opposants sionistes religieux à cette loi controversée, qui codifierait des exemptions générales pour les étudiants à temps plein des yeshivot, tout en fixant des objectifs de conscription modestes pour l’ensemble de la communauté.
En décembre, la chaîne a affirmé que le financement de la campagne sioniste religieuse contre le projet de loi provenait de militants anti-gouvernementaux associés aux manifestations de Kaplan contre la réforme judiciaire.


