Andry Rajoelina: biographie

Andry Rajoelina en 2008
Andry Rajoelina en 2008

Andry Rajoelina [‘andʐʲ radz’welna] , né le 30 mai 19741 à Antsirabe, est un homme politique malgache. Il fut maire d’Antananarivo de 2007 à 2009. Puis du 17 mars 2009 au 25 janvier 2014, il a dirigé l’Etat malgache sous le régime de la Transition à la suite de la démission du président Marc Ravalomanana le 16 mars 2009. Ce dernier transfère (en lieu et place du président du Sénat) les pleins pouvoirs à un Directoire militaire composé des plus hauts gradés de l’Armée malgache, lequel directoire (re)transfère le jour même le pouvoir à Andry Rajoelina. Cette prise de pouvoir, validée par la Haute Cour Constitutionnelle malgache (HCC), a été considérée par la Communauté internationale comme un coup d’État.

Biographie

Andry Nirina Rajoelina est né au sein de l’ethnie merina des Hauts-Plateaux de Madagascar. Son père, le colonel Roger Yves Rajoelina, est officier dans l’armée malgache.

Entrepreneur

En 19942, Andry Rajoelina commence sa carrière dans le secteur de l’événementiel comme disc jockey3, il organise et anime les soirées dansantes « Live »4. En 1998, grâce au financement de la société de capital-risque Fiaro, filiale de la compagnie d’assurances de l’État ARO, il crée l’entreprise d’impression numérique et de gestion de panneaux publicitaires Injet5. Celle-ci est la première entreprise à Madagascar à acquérir la technologie d’impression grand format ce qui lui permet de rapidement dominer le marché de l’affichage publicitaire6.

À la suite de son mariage avec Mialy Razakandisa, fille de la femme d’affaires Nicole Razakandisa, il devient actionnaire de la société Domapub, une autre société de gestion de panneaux publicitaires qu’il rachètera par la suite. Injet/Domapub détient alors le monopole de l’affichage publicitaire à Antananarivo.

En 2007, il rachète pour 400 millions de MGA (environ 150 000 €)7, la radio et chaîne de télévision Ravinala, propriété de l’homme politique Norbert Ratsirahonana8 qu’il rebaptise Viva9.

Maire d’Antananarivo

Le 3 novembre 2007, Andry Rajoelina se porte officiellement candidat à la mairie de la capitale de Madagascar, et créé l’association Tanora malaGasy Vonona ou TGV (traduction : Jeunes Malgaches prêts). Il se déclare indépendant et non affilié à l’opposition.

Le 12 décembre 2007, Rajoelina est élu maire d’Antananarivo avec 63,32% des voix face au candidat du parti au pouvoir Tiako I Madagasikara (TIM), pourtant parti favori. Huit jours plus tard, Rajoelina est reçu par Ravalomanana qui le félicite pour son élection10.

Le lendemain de cette rencontre, Rajoelina annonce que la mairie est endettée à hauteur de 8,2 milliards de MGA (environ 3 millions d’euros)11. Au début de janvier 2008, des coupures de l’éclairage public et de l’approvisionnement en eau des bornes fontaines perturbent la stabilité de la ville. En effet, la JIRAMA, compagnie nationale d’électricité, réclame à la commune des arriérés de paiements s’élevant à 3,3 milliards MGA, déduits de 717 millions MGA de taxe communales, les arriérés sont ramenés à 2,58 milliards MGA (environ 950 000 €). Andry Rajoelina réagit sur TV Plus, où il déclare : « La population d’Antananarivo ne doit pas être sanctionnée pour des raisons de stratégie politique »12, estimant que cette manœuvre avait pour but de le déstabiliser politiquement.

Président de la Haute Autorité de Transition

Durant son mandat de maire de la Capitale, il n’a au cesse de critiquer et dénoncer les pratiques du pouvoir qui avait entravé administrativement et financièrement l’exercice de son mandat. C’est le début du bras-de-fer entre Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana. Le 17 décembre 2008, après l’arrêt des émissions de la chaîne de télévision Viva TV ordonné par le gouvernement à la suite de la diffusion de l’interview de l’ancien président Didier Ratsiraka, Andry Rajoelina exige la réouverture de sa chaîne télévisée et lance un ultimatum au gouvernement qui expire le 13 janvier 2009. Il prend alors la tête d’un vaste mouvement de contestation du régime Ravalomanana dans la capitale. Des manifestations ont lieu tous les jours sur la fameuse et historique place du 13 mai à Antananarivo, le haut-lieu des contestations à Madagascar, rassemblant des centaines de milliers de personnes. Le 24 janvier 2009, il appelle à une grève générale et exige la démission du ministre de la Communication et du ministre chargé des Domaines. Le 26 janvier 2009, il organise une autre manifestation anti-gouvernementale qui dégénère en émeutes et en une série de pillages.

Le 31 janvier 2009, Rajoelina se proclame « en charge des affaires du pays » sur la place du 13-Mai13. Le 7 février 2009, il organise une manifestation sur la place du 13-Mai et demande à ses partisans de marcher sur le palais d’État d’Ambohitsorohitra pourtant classé « zone rouge » où plusieurs dizaines de manifestants ont trouvé la mort sous les balles de la garde présidentielle. Andry Rajoelina demande alors la démission du président Ravalomanana et de son gouvernement. Un mois plus tard (le 6 mars 2009), sous le coup d’un mandat d’arrêt, Andry Rajoelina se réfugie à l’ambassade de France14.

Le 17 mars 2009, Andry Rajoelina est investi président de la Haute Autorité de la transition de la République de Madagascar et signe l’ordonnance no 2009-003 qui porte création de la Haute Autorité de la Transition (HAT) et la suspension du Parlement démocratiquement élu. Le 18 mars 2009 la Haute Cour constitutionnelle (HCC) dans son Acte 79-HCC/G du 18 mars 2009 valide ces transferts15.

Le 8 août 2009, sous la pression internationale et notamment de la SADC, le président Rajoelina signe des accords de partage du pouvoir avec les « mouvances » des anciens présidents Marc Ravalomanana, Didier Ratsiraka et Albert Zafy appelés « Accords de Maputo » 16 ainsi qu’un acte additionnel à « Addis Abeba ».

Les différents postes législatifs et exécutifs sont ainsi partagés équitablement entre les différentes factions politiques qui acceptent in extremis de laisser Rajoelina à la présidence si les accords sont appliqués. Sont ainsi nommés un Premier ministre de consensus en la personne d’Eugène Mangalaza, deux coprésidents pour une présidence collégiale, Emmanuel Rakotovahiny et Fetison Rakoto Andrianirina, et le président du Congrès, Mamy Rakotoarivelo.

Pourtant, le 22 décembre 2009, le président Rajoelina dénonce les accords de Maputo 117. Les parties concernées ont dû retourner à Maputo pour trouver un nouveau consensus en vue des Accords de Maputo 2, un plan de sortie de crise. Ces accords signés, un nouveau « Gouvernement de consensus et d’Union nationale » a été nommé, dirigé par le Premier Ministre Camille Vital.

Après la COMESA, la SADC à travers Robert Mugabe, propose une intervention militaire pour expulser Rajoelina du pouvoir. L’opposition composée principalement des partisans de l’ancien président Ravalomanana manifestent régulièrement mais font l’objet de répressions systématique. Par ailleurs, des troubles secouent régulièrement la capitale avec au moins deux tentatives de coup d’État militaire pour renverser Rajoelina (Fort Duschene, BANI….

Reconnaissance internationale

Le 21 mars 2009, Andry Rajoelina prête serment en qualité de président de la Haute Autorité de la transition dans le stade de Mahamasina, à Antananarivo. La communauté internationale demande alors que se tiennent des élections le plus rapidement possible pour rétablir l’ordre démocratique et constitutionnel18. Une feuille de route a été signée en septembre 2011 par tous les membres du gouvernement de transition, dont l’objectif est de mener le pays vers des élections libres et vers une sortie de la crise.

France

Le 20 mars 2009, le président de la République française Nicolas Sarkozy a déclaré: « Bien sûr c’est ça, un coup d’État… Il y a beaucoup de choses à dire sur l’ancien président (Marc Ravalomanana) mais j’observe qu’il est renversé sans aucune élection. J’observe que la première décision c’est la suppression du Parlement, ce qui n’est quand même pas un signe extrêmement positif » en parlant de la prise de pouvoir d’Andry Rajoelina lors d’une interview à la presse durant le sommet européen de mars 200919.

Cependant, si un gouvernement démocratique comme la France ne peut pas se permettre de reconnaître un gouvernement inconstitutionnel, les analystes voient la déstabilisation de Ravalomanana comme un avantage pour la France, considérant que le régime de ce dernier cultivait un favoritisme pour les entreprises américaines, anglaises, australiennes et japonaises, au détriment des intérêts français20,21.

Le 12 mai 2010, Andry Rajoelina a été reçu par Abdou Diouf, secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF)22. Quelques jours plus tard, le 18 mai 2011, Abdou Diouf a salué la décision d’Andry Rajoelina de ne pas se présenter aux prochaines élections présidentielles malgaches23.

Le 13 mai 2011, Andry Rajoelina a été reçu par Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères.

Trois ans après sa première déclaration, Nicolas Sarkozy a officiellement reçu Andry Rajoelina le 6 décembre 2011 au Palais de l’Élysée24. Un accord a été signé entre les deux pays, dans lequel la France s’est engagée à verser 10 millions d’euros d’aides destinées aux régions défavorisées de Madagascar et à d’autres organismes publics malgaches25

ONU

Protection lors de la crise de 2009

En mars 2009, face à la contre-attaque de Ravalomanana, Andry Rajoelina trouve refuge dans l’Ambassade de France « à la demande de la communauté internationale et du médiateur de l’ONU »26. Frédéric Desagneaux, alors Porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères et européennes de France, a déclaré que ces mesures de protection concernant Andry Rajoelina avaient été prises en concertation avec Marc Ravalomanana26.

4e conférence de l’ONU sur les pays les moins avancés

Du 9 au 13 mai 2011, Andry Rajoelina fut invité à la 4e conférence des Nations unies sur les pays les moins avancés [archive] qui s’est tenue à Istanbul en Turquie. Andry Rajoelina était lors du dîner à la table d’honneur présidentielle aux côtés du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon27.

66e session de l’assemblée générale de l’ONU

Le président Andry Rajoelina est également intervenu lors de la 66e session de l’Assemblée générale des Nations unies le 23 septembre 201128 à New York, marquant ainsi la reconnaissance internationale de son statut de président de la Haute Autorité de la Transition de la République de Madagascar: « Après trois ans de crise politique et après trois ans d’absence, Madagascar est aujourd’hui fier de retrouver sa place, ici parmi vous, dans le concert des Nations », a-t-il déclaré.

Lors de son discours à la tribune, Andry Rajoelina a insisté sur le « rôle de la médiation dans le règlement des différends par des moyens pacifiques »29. Selon lui, la diplomatie est essentielle pour trouver des solutions durables aux conflits internes comme aux crises mondiales. Pour illustrer ses propos, Andry Rajoelina a souligné l’importance de l’implication et du rôle joué par les organisations de la société civile malgache, les partenaires bilatéraux et régionaux de la Grande Île ainsi que par la communauté internationale (la SADC, l’ONU, l’Organisation internationale de la Francophonie et la Commission de l’océan Indien) pour sortir Madagascar de la crise.

Andry Rajoelina a également reconnu qu’un long chemin restait à parcourir avant que Madagascar puisse définitivement tourner la page. Il a ainsi affirmé qu’il convenait de se concentrer en premier lieu « vers la mise en application des dispositions de la feuille de route, par pur respect des premières aspirations populaires, menant vers l’organisation d’élections libres, crédibles, justes et transparentes – seule issue définitive à la crise et au retour à la normalité constitutionnelle ».

Le lendemain, lors d’une audience officielle, Andry Rajoelina a été reçu par Ban Ki-moon30, secrétaire général de l’ONU, pour discuter avec lui de la mise en place de cette feuille de route, signée le 16 septembre 2011, pour la sortie de crise

Turquie

Lors de la 4e conférence des Nations unies sur les pays les moins avancés qui se tenait à Istanbul du 9 au 13 mai 2011, le président turc Abdullah Gül s’est dit très impressionné par la présentation d’Andry Rajoelina, au point d’exprimer un intérêt à déployer des investissements turcs à Madagascar, comme le projet de construction d’une centrale hydroélectrique de 300 mégawatts27.

États-Unis

Le 17 février 2009, Niels Marquardt, alors ambassadeur des États-Unis à Madagascar, a qualifié Andry Rajoelina d’« idéaliste, émotif et inflexible », et affirme: « Sachant qu’il n’obtiendra jamais cela (le pouvoir) en négociant, il choisit la rupture avec une approche de confrontation »31.

Très vite après la prise de pouvoir du 17 mars 2009, Washington a coupé ses aides non humanitaires et suspendu les programmes AGOA et MCC de Madagascar31.

Le 21 juillet 2011, Andry Rajoelina s’est vu refuser sa demande de visa américain32.

Des relations avec certaines personnalités américaines semblent cependant s’établir: le 1er août 2011, Andry Rajoelina a reçu Neil Bush, le frère de l’ancien président des États-Unis, George W. Bush33.

Élections et sortie de crise en 2013

Après 4 ans de transition et de crise politique opposant Andry Rajoelina à Marc Ravalomanana, des élections présidentielles couplées aux législatives sont organisées fin 2013. Sous la pression de la communauté internationale, le président Rajoelina renonce à se porter candidat à la condition que son adversaire l’ancien président Marc Ravalomanana alors en exil en Afrique du Sud renonce lui aussi à se présenter. C’est la fameuse règle du « Ni-Ni ». Les partisans de Andry Rajoelina se regroupent au sein d’une plate-forme dénommée MAPAR (Miaraka Amin’i Presidà Andry Rajoelina). Ce dernier apporte son soutien à la candidature de son ministre des Finances, Hery Rajaonarimampianina. Le MAPAR obtient la majorité des sièges à la nouvelle Assemblée nationale tandis que Hery Rajaonarimampianina accède à la magistrature suprême au second tour. Mais celui-ci prend ensuite ses distances par rapport à Andry Rajoelina, ce qui lui fait perdre le soutien d’une partie significative du parlement et fragilise l’excécutif34,35

Prix et récompenses

  • 2000, puis 2001, élu Manager de l’année par le magazine L’écho austral36
  • 2003, Trophée du jeune entrepreneur décerné par la banque BNI Crédit lyonnais Madagascar37.

(source: Wikipedia 2016)