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Nomination du premier ministre : retour sur la Place du 13 mai pour les contestataires

La Place du 13 mai, cœur battant de toutes les grandes mobilisations, a de nouveau vibré mercredi sous le poids de la désillusion. Quelques jours seulement après la nomination du nouveau Premier ministre, un choix perçu comme une trahison des idéaux portés par la rue, des centaines de citoyens et plusieurs figures militaires ont investi Analakely hier. Les drapeaux se sont levés, les chants ont résonné, et un sentiment d’injustice a parcouru les rangs : celui d’un peuple qui se sent une fois de plus dépossédé de son destin.
Le retour sur cette place n’est pas anodin. Beaucoup y voient le signe d’une nouvelle étape de la contestation, née du sentiment que la nomination du chef du gouvernement marque le retour déguisé de l’ancien régime et de ses soutiens économiques. Ceux qui espéraient une rupture avec les pratiques d’hier découvrent, amers, une continuité du pouvoir, où la logique des affaires semble l’avoir emporté sur la volonté populaire. Cette déception a trouvé son écho dans le discours du général Bernardin Rafidison, figure respectée de l’armée, qui a choisi de se rendre sur la place pour exprimer son indignation et annoncer sa détermination à agir.
Devant la foule compacte, le général a dénoncé la trahison des promesses faites au peuple. Il a évoqué un plan de réforme en faveur des plus démunis, désormais piétiné par ceux qui, selon lui, ont préféré se soumettre à l’argent et à l’hypocrisie. Son ton ferme, presque grave, a réveillé les consciences. Il a rappelé que la justice et la vérité sont les fondations d’une nation libre, et qu’aucune prière, aucune apparence pieuse, ne peut remplacer l’honnêteté envers le peuple. Son passage fut bref, mais suffisant pour rallumer la flamme d’un engagement que beaucoup croyaient éteint.
Ce retour sur la place publique n’est pas un hasard. D’après plusieurs sources concordantes, les tensions nées de cette nomination controversée agitent désormais les casernes. La frustration est profonde : nombre de citoyens estiment que le gouvernement reste dominé par les mêmes cercles économiques qui, depuis des années, confisquent les leviers de décision au détriment de l’intérêt national. Lire la suite »