démission dissolution
Après la démission du gouvernement Lecornu, Emmanuel Macron seul face au chaos qu’il a provoqué
Le chef de l’État dispose de trois options pour sortir de la crise qu’il a créée. Et aucune ne lui sera agréable.

POLITIQUE – On décrit souvent le Premier ministre comme le paratonnerre du chef de l’État. Sauf que ce lundi 6 octobre, c’est bien Matignon qui a déclenché la foudre. En remettant à Emmanuel Macron sa démission quelques heures à peine après la formation de son gouvernement contesté par ses propres partenaires, Sébastien Lecornu a fait la démonstration de ce que nombre d’acteurs et commentateurs politiques s’échinent à expliquer depuis le mois de juillet 2024 : l’issue du chaos politique se trouve à l’Élysée.
Et il appartient à son locataire de réparer les dégâts causés par une dissolution hasardeuse jetée comme un coup de poker. Le président de la République aura un choix à faire dans 48 heures, délai supplémentaire qu’il a accordé à Sébatien Lecornu pour tenter de recoller les morceaux avec Les Républicains.
À l’issue de ce délai, Emmanuel Macron « prendra ses responsabilités ». Et même en cas d’échec de ces tractations de la dernière chance, le roi n’est pas nu, en dépit des images crépusculaires le montrant marcher seul sur les quais de Seine après le coup de tonnerre. Il lui reste des cartes en main. Certes, ce ne sont pas les plus agréables à jouer, mais elles existent.
Une dissolution (risquée)
Pour le Rassemblement national, le chef de l’État doit de nouveau abattre celle de la dissolution de l’Assemblée nationale, qui se loge à l’article 12 de la Constitution. « Il ne peut y avoir de stabilité retrouvée sans un retour aux urnes », a immédiatement réagi le président du RN Jordan Bardella, certain que le parti d’extrême droite pourrait obtenir une majorité, et imposer une cohabitation en bonne et due forme au chef de l’État. « La seule décision sage dans ces circonstances, c’est d’en revenir aux urnes. On est au bout de la blague », a appuyé Marine Le Pen.
Ce mouvement n’est pas forcément le plus évident pour Emmanuel Macron qui a répété à plusieurs reprises ne pas vouloir retenter l’expérience de l’été 2024 puisqu’elle comporte plusieurs inconnues qui ont de quoi aggraver la crise qu’il a lui-même provoquée.
Premier risque réel : l’effondrement de sa famille politique, comme le laissent imaginer certains sondages, et une majorité offerte sur un plateau à l’extrême droite. Le chef de l’État resterait dans l’histoire comme celui qui a permis le retour au pouvoir de ce courant politique. Pas idéal pour un président de la République si inquiet de l’héritage qu’il laissera.
Autre perspective peu réjouissante dans la mesure où le mode de scrutin n’a pas changé : des résultats plus ou moins équivalents à ce qui est ressorti des urnes à l’été 2024. Ce qui ne réglerait rien au problème, et intensifierait les appels à la démission.
Une démission (ingrate)
Car c’est une autre carte qu’il peut abattre, celle qui se trouve à l’article 7 de la Constitution, prévoyant l’organisation d’une élection présidentielle anticipée. Sept Français sur dix la réclament, selon un sondage Odoxa publié dans la soirée par Le Figaro. Plusieurs personnalités politiques la souhaitent déjà. Les plus bruyants à ce sujet sont les responsables de la France insoumise, qui ne cessent de marteler que la seule et unique cause de l’impasse s’appelle Emmanuel Macron. Ils ont d’ailleurs relancé très vite ce lundi leur appel à la destitution du chef de l’État. Lire la suite »