indemnisation de Rafanoharana Paul Maillot

Paul Maillot Rafanoharana, un prisonnier embarrassant entre la France et Madagascar

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L’ancien officier de gendarmerie est détenu de manière « arbitraire » depuis juillet 2021, selon un avis rendu par l’ONU. Paris ne parvient pas à obtenir son transfèrement.

Paul Maillot Rafanoharana (à droite), Mgr Odon Razanakolona et l’ambassadeur de France, Christophe Bouchard, lors d’une rencontre à l’archevêché d’Antananarivo en octobre 2020. DR

Madagascar va-t-elle se plier à l’avis du groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire demandant la libération de l’ancien officier de gendarmerie franco-malgache, Paul Maillot Rafanoharana condamné à vingt ans de prison en décembre 2021 pour tentative présumée de coup d’Etat avec le dessein d’assassiner le président Andry Rajoelina ?

Un mois après la publication officielle de l’avis adopté à l’issue d’une enquête menée par des experts indépendants, le silence continue de prévaloir à Antananarivo. L’instance de l’ONU avait été saisie en 2022 par la famille de Paul Maillot. « Vous serez informé en temps voulu », répond le ministre de la justice, Benjamin Alexis Rakotomandimby, sollicité par Le Monde en précisant que le processus judiciaire concernant le dossier Apollo 21 – du nom donné à l’affaire – est clos et que la décision n’est pas de son seul ressort.

La réserve demeure aussi de mise côté français. « La France a pris connaissance de l’avis rendu sur le cas de Paul Maillot et sera attentive aux mesures susceptibles d’être prises par les autorités malgaches. Sa situation fait l’objet d’un suivi régulier par le ministère des affaires étrangères au titre de la protection consulaire », commente sobrement une source diplomatique.

Les avocats de l’ancien militaire de 61 ans, détenu depuis trente-sept mois dans une cellule sans fenêtre de 2 m sur 4 m dans le quartier d’isolement de la prison de Tsiafahy décrite comme un « enfer carcéral » par Amnesty International, comptent bien cependant tirer profit de ce rebondissement pour ramener à la lumière la situation de leur client dont ils ont toujours plaidé l’innocence et dénoncé les irrégularités de la procédure qui ont conduit à sa condamnation.

« Cerveau » de l’affaire ?

« Cet avis n’est pas coercitif mais il pèse dans la réputation des Etats. Quand un pays vit sous perfusion de financements extérieurs [ comme Madagascar], peut-on accepter que ses pratiques carcérales soient ainsi mises en cause par les Nations unies ? », s’interroge MPierre-Olivier Sur, en espérant a minima pouvoir faire aboutir rapidement la demande de transfèrement réclamée depuis 2022 en vertu des accords de coopération entre les deux pays.

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