Irak

Le nouveau président irakien, Barham Saleh, a chargé Adel Abdel Mahdi, indépendant, de former le prochain gouvernement

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Adel Abdel Mahdi, vétéran de la politique irakienne de 76 ans, fait figure d’indépendant capable de rassembler jusqu’aux ennemis sur la scène politique irakienne éclatée. C’est à ce chiite natif de Bagdad et économiste de formation, grand habitué des cercles diplomatiques en Irak, qu’échoit la lourde tâche de dessiner le futur gouvernement. Cet équilibriste de la politique irakienne au physique massif, une fine moustache barrant son visage au teint hâlé, a plusieurs atouts en main.

Il bénéficie tout autant de l’aval de Téhéran que de Washington, un consensus nécessaire dans le pays pris en étau entre ses deux grands alliés – ennemis l’un de l’autre. Il est également crédité d’entretenir de bonnes relations avec de nombreux dirigeants kurdes, un avantage de taille pour normaliser les relations avec le Kurdistan autonome qui a voté il y a un an massivement pour faire sécession de Bagdad.

Fils d’un ministre du temps de la monarchie, abolie dans le sang en 1958, Adel Abdel Mahdi rejoint à ses débuts le parti Baas, qui portera au pouvoir à la fin des années 1970 Saddam Hussein. Il devient ensuite un opposant notoire au dictateur, d’abord dans les rangs des communistes puis dans ceux des islamistes, et revient en Irak à sa chute dans la foulée de l’invasion emmenée par les Américains en 2003.

« Lourde responsabilité »

Il est alors un haut dirigeant du Conseil suprême islamique en Irak, un mouvement proche de l’Iran dont le chef, le dignitaire chiite Ammar al-Hakim, a fondé depuis un nouveau parti, al-Hikma. Il s’est retiré il y a quelques années des formations politiques et est aujourd’hui un indépendant.

Membre des autorités intérimaires mises en place par le commandement militaire américain et brièvement ministre des Finances de cette autorité de transition, il devient vice-président de la République après les premières élections multipartites d’Irak, en 2005. Nommé ministre du Pétrole en 2014 par le Premier ministre d’alors Haider al-Abadi, auquel il succède aujourd’hui, il démissionne toutefois au bout de deux ans. Il s’est illustré à ce poste par son aisance à discuter avec les autorités locales du Kurdistan l’épineuse question des revenus de l’or noir. Ce francophone formé dans des universités françaises, qui parle également un anglais parfait, devra composer avec plusieurs figures auxquelles il a déjà eu affaire par le passé pour former son gouvernement.

(lorientlejour)

Irak: l’Alliance dirigée par Moktada Al-Sadr remporte les élections législatives

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Moktada al-Sadr à Najaf, Irak allant voter le 12 Mai 2018. (Credit: Alaa Al-Marjani/Reuters)
La liste du prédicateur populiste Moktada al-Sadr, l’un des rares dirigeants chiites irakiens à avoir pris ses distances avec l’Iran, a remporté les élections législatives irakiennes.

La commission électorale a annoncé sa victoire samedi. La liste du Premier ministre sortant Haider al-Abadi, soutenu par la communauté internationale, arrive troisième.

Moktada al-Sadr, qui avait fait alliance avec les communistes et des organisations laïques, ne pourra pas devenir Premier ministre, puisqu’il ne s’était pas présenté à l’élection. Cette victoire, inattendue (de l’Alliance Sairoon), lui assure toutefois un rôle important dans les discussions sur la formation du nouvel exécutif.

Désaccord iranien

Des supporters de l’Alliance en campagne quelques jours avant les élections (Credit: Ivor Prickett – The New York Times)

L’alliance menée par Moktada al-Sadr a obtenu 54 sièges au Parlement, selon les résultats définitifs du scrutin, marqué par une abstention record avec 44,52% de participation. La liste d’Hadi al-Amiri, un chef de milice chiite soutenu par Téhéran, est arrivée deuxième avec 47 sièges. La formation du Premier ministre sortant a décroché 42 sièges.

Avant les élections, l’Iran avait indiqué qu’il ne permettrait pas que l’alliance de Moktada al-Sadr puisse gouverner.

(agences/br/ruff)

Un mois après le référendum sur l’indépendance du Kurdistan irakien, Barzani renonce à la présidence

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Massoud Barzani, fondateur de la région autonome kurde (photo: AFP)

Le président du Kurdistan irakien a adressé, dimanche, une lettre au Parlement de la région autonome.

Le président du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, a annoncé, dimanche 29 octobre dans une lettre adressée au Parlement de la région autonome, qu’il ne sera plus président « après le 1er novembre », sur fond de crise sans précédent entre Erbil et Bagdad. « Après le 1er novembre, je n’exercerai plus mes fonctions et je refuse que mon mandat soit prolongé », affirme-t-il dans cette missive, dont l’Agence France-Presse a obtenu une copie.

« Changer la loi sur la présidence du Kurdistan ou prolonger le mandat présidentiel n’est pas acceptable », poursuit le dirigeant, à la tête du Parti démocrate du Kurdistan (PDK) et grand architecte du récent référendum d’indépendance, qui a débouché sur la perte par les Kurdes de la quasi-totalité des territoires qu’ils revendiquaient en dehors de leur région autonome.

« Je demande au Parlement de se réunir pour combler la vacance du pouvoir, remplir la mission et assumer les pouvoirs de la présidence du Kurdistan », poursuit le fondateur de cette région autonome mais aussi le responsable de sa plus grave crise.

(AFP)

Qui sont les Kurdes ? Que veulent-ils ?