L’écrivain Salman Rushdie « poignardé » lors d’une conférence dans l’État de New York
L’écrivain britannique a été visé en 1989 par une fatwa de l’ayatollah Khomeini pour le roman « Les Versets sataniques ».

INTERNATIONAL – L’écrivain britannique Salman Rushdie, âgé de 75 ans, a été « poignardé au cou » sur scène, lors d’une conférence organisée ce vendredi 12 août, peu avant 11h à l’institut Chautauqua dans l’ouest de l’État de New York, a annoncé la police, précisant des premières informations transmises par l’agence de presse américaine Associated Press.
L’écrivain a été transporté à l’hôpital par hélicoptère, sans que l’on ait plus de détail sur son état de santé. « Un suspect s’est précipité sur la scène (d’un amphithéâtre) et a attaqué (Salman) Rushdie et un intervieweur. Rushdie a subi une apparente blessure au cou après avoir été poignardé et a été transporté à l’hôpital par hélicoptère. Son état n’est pas encore connu », a indiqué la police de l’Etat de New York dans un communiqué.
Rita Landman, une endocrinologiste présente sur scène, a expliqué au New York Times qu’il avait « reçu plusieurs coups de couteau, dont un sur le côté droit de son corps mais qu’il semblait en vie » et qu’il « avait un pouls » à l’arrivée des secours.
State Police are investigating an attack on author Salman Rushdie. https://t.co/U2OL1S0evh
— NewYorkStatePolice (@nyspolice)Voir le tweet
L’agresseur a été arrêté par des spectateurs venus porter secours à l’écrivain que l’on aperçoit allongé au sol sur plusieurs photos et vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. Il a ensuite été placé en détention.
BREAKING: Author Salman Rushdie has been attacked as he was about to give a lecture in western New York. An @AP re… https://t.co/sqP3wSGesW
— The Associated Press (@AP)Voir le tweet
Salman Rushdie was taken to the hospital by medical helicopter. Author Salman Rushdie was stabbed after taking stag… https://t.co/pDjQ39etBg
— Chaudhary Parvez (@ChaudharyParvez)Voir le tweet
D’origine indienne, Salman Rushdie a été visé en 1989 par une fatwa de l’ayatollah Khomeini l’accusant de « blasphème » après la publication du roman Les Versets sataniques. Déjà en 2005, il considérait que cette fatwa avait constitué un prélude aux attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. La montée en puissance de l’islam radical n’a cessé de le ramener à ce qu’il a toujours été aux yeux de l’Occident : le symbole de la lutte contre l’obscurantisme religieux et pour la liberté d’expression.
Contraint dès lors de vivre dans la clandestinité et sous protection policière, allant de cache en cache, il se fait appeler Joseph Anton, en hommage à ses auteurs favoris, Joseph Conrad et Anton Tchekhov. Mais, à partir de 1993, fatigué d’être « un homme invisible », il multiplie les voyages et les apparitions publiques, tout en restant sous surveillance du gouvernement britannique.
Anobli en 2007 par la reine d’Angleterre, au grand dam des extrémistes musulmans, ce maître du réalisme magique, homme d’une immense culture qui se dit apolitique, a écrit en anglais une quinzaine de romans, récits pour la jeunesse, nouvelles et essais. Installé à New York depuis quelques années, Salman Rushdie avait repris une vie à peu près normale tout en continuant de défendre, dans ses livres, la satire et l’irrévérence.
« Mon problème, c’est que les gens continuent de me percevoir sous l’unique prisme de la ’fatwa’ », avait dit il y a quelques années ce libre-penseur qui se veut écrivain, pas symbole. Mais l’actualité – la montée en puissance de l’islam radical – n’a cessé de le ramener à ce qu’il a toujours été aux yeux de l’Occident : le symbole de la lutte contre l’obscurantisme religieux et pour la liberté d’expression. Déjà en 2005, il considérait que cette « fatwa » avait constitué un prélude aux attentats du 11 septembre 2001.
(source. huffingtonpost.fr)