Cryptomonnaie Terra : Do Kwon, son fondateur en cavale, arrêté et inculpé
Selon l’acte d’accusation, Do Kwon a « volontairement trompé les investisseurs », entraînant une perte de près de 40 milliards de dollars pour eux.

CRYPTOMONNAIE – Le fondateur sud-coréen de la cryptomonnaie Terra, Do Kwon, a été inculpé au Montenegro pour falsification de documents, a annoncé ce vendredi 24 mars la police. Il avait été arrêté la veille dans la capitale Podgorica en compagnie de son directeur financier.
Le Monténégro va désormais recevoir dans la journée une demande d’extradition, a déclaré à l’AFP une source judiciaire.
Peu après son arrestation, un jury fédéral de New York avait retenu pas moins de huit chefs d’inculpation contre l’homme de 31 ans, accusé de divers types de fraude, dont fraude en ligne, en bande organisée, en lien avec le crash de son cryptoactif, entraînant une perte de près de 40 milliards de dollars pour les investisseurs.
Selon l’acte d’accusation, Do Kwon a « volontairement trompé les investisseurs sur de nombreux aspects de la blockchain Terra, parmi lesquels la technologie utilisée et l’ampleur de son adoption par les utilisateurs ».
Interpol avait diffusé en septembre une notice rouge pour le localiser, à la demande de procureurs sud-coréens. Le parquet avait demandé au ministère des Affaires étrangères à Séoul de révoquer son passeport, affirmant que Do Kwon était « en fuite ».
Une stabilité non assurée sur des devises
Le gendarme boursier américain, la SEC, avait de son côté engagé des poursuites mi-février contre Do Kwon pour avoir « orchestré une fraude de plusieurs milliards de dollars en actifs crypto ».
Au-delà de la lourde perte enregistrée par les investisseurs, la chute de Terraform Labs et du Terra avait ébranlé le marché mondial des cryptomonnaies, première des nombreuses secousses qui ont touché ce secteur depuis un an. Terraform Labs proposait une cryptomonnaie dite stable, ou « stablecoin », le Terra.
En principe, le cours d’un stablecoin est adossé à celui d’une devise traditionnelle ou à des actifs tangibles, ce qui garantit aux investisseurs plus de stabilité dans l’univers très volatil des cryptomonnaies.
Cependant, la stabilité de certaines de ces cryptomonnaies n’est pas assurée par des réserves en devises, mais par un algorithme qui réalise des arbitrages en fonction de l’offre et de la demande d’une autre cryptomonnaie.
C’était le cas du Terra, qui était adossé au cryptoactif développé par la Luna Foundation Guard.
« Une fraude gonflée par un pseudo “stablecoin” algorithmique »
Pour la SEC, Terraform et Do Kwon « ont à maintes reprises dupé les investisseurs » en affirmant qu’une populaire application coréenne de paiement avait utilisé la technologie derrière le Terra pour régler des transactions qui augmenteraient la valeur du Luna.
Le système de Terraform Labs « constituait simplement une fraude gonflée par un pseudo “stablecoin” algorithmique, dont le prix était contrôlé par les accusés, et pas par un quelconque code informatique », a affirmé un haut responsable de la SEC, Gurbir Grewal.
En avril 2022, la valeur du Terra avait atteint son plus haut niveau. Selon CoinMarketCap, il était alors le quatrième stablecoin le plus important et la dixième principale cryptomonnaie en termes de valeur marchande.
Un mois plus tard, le Terra avait perdu plus de la moitié de sa valeur en à peine 24 heures, semant un vent de panique. Très vite, le stablecoin et son jeton jumeau Luna sont tombés à zéro, frappant les économies de nombreux petits investisseurs. Les autorités sud-coréennes ont depuis ouvert plusieurs enquêtes criminelles autour de cette affaire.
(source: huffingtonpost.fr)