Santé mentale : prise en charge insuffisante à Madagascar

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La santé mentale reste un sujet négligé malgré une détresse psychologique croissante parmi la population. Pour ce mois de sensibilisation à la santé mentale, l’association psy-Kozy a tenu une conférence de presse hier pour sensibiliser la population aux droits des personnes souffrant de maladie mentale.

Cette association se donne comme objectif de créer un centre de réhabilitation psychosociale à Madagascar, un lieu crucial pour aider ceux qui luttent contre des troubles psychosociaux.

Malgré des besoins immenses, seule une poignée d’établissements peuvent prendre en charge ces patients touchés par ces affections dont personne ne veut en général entendre parler. Dans la capitale, 6 services psychiatriques peuvent recevoir les patients dont 4 en hospitalisation. Dans tout le pays, il existe 15 services de psychiatrie notamment dans les hôpitaux publics.

On recense uniquement 22 psychiatres pour 28 millions d’habitants dans le pays alors que les normes de l’OMS sont de l’ordre d’1 psychiatre pour 5 000 malades.

Il existe également très peu de psychologues en exercice, une jeune faculté de psychologie et un peu plus de médecins généralistes formés à la prise en charge de la maladie mentale (D.U santé mentale).

Lors de la journée mondiale de la Santé Mentale célébrée le 10 octobre dernier, une enquête MINI (outil diagnostique International Neuropsychiatric Interview) révèle que 47% des habitants de la capitale présenteraient au moins un trouble mental. Cette problématique s’étend surtout aux milieux carcéraux. Selon l’ONG Humanité & Inclusion, 98% des prisonniers ressentent souvent de la tristesse, 90% se sentent fatigués, 70% sont en colère, 60% ont peur, 15% veulent mourir et 2% ont déjà tenté de mettre fin à leur vie.

Les troubles mentaux s’inscrivent dans un large éventail d’affections qui comprennent également les troubles neurologiques et dus à l’utilisation de substances psychoactives. Parmi les affections courantes figurent la dépression et les troubles anxieux, les troubles dus à l’abus d’alcool et d’autres substances, ainsi que des troubles sévères et incapacitants comme la schizophrénie et les troubles bipolaires.

Dans les pays en développement, les troubles mentaux risquent d’augmenter de façon disproportionnée dans les décennies à venir, alerte l’OMS. De même, les personnes qui souffrent de problèmes de santé mentale et celles qui sont atteintes de handicaps psychosociaux présentent des taux disproportionnellement plus élevés de mauvaise santé physique ainsi qu’une espérance de vie réduite.

(source: madagascar-tribune.com)

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