Elon Musk voit un tiers des membres de son ministère démissioner en fustigeant son action

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Ces fonctionnaires refusent d’utiliser leurs compétences pour mettre en danger « les données sensibles des Américains, ou démanteler des services publics essentiels ».

ALLISON ROBBERT / AFP Une vingtaine de fonctionnaires américains intégrés aux effectifs pilotés par Elon Musk ont annoncé ce mardi 25 février leur démission collective.

INTERNATIONAL – Ingénieurs, spécialistes des données et chefs de produits tournent le dos à Elon Musk l’accusant de « démanteler des services publics ». Une vingtaine de fonctionnaires américains intégrés aux effectifs pilotés par le patron de X et Space X, missionnés pour sabrer dans les dépenses publiques, ont présenté leur démission collective ce mardi 25 février dans un courrier adressé à la Maison Blanche.

Leur départ groupé représente une réduction de près d’un tiers du personnel du Doge, la désormais fameuse commission pour l’efficacité gouvernementale supervisée par le multimilliardaire devenu inséparable de Donald Trump.

« S’ils n’avaient pas démissionné, ils auraient été virés », a réagi Elon Musk sur son réseau social X pour minimiser l’impact de leur départ groupé.

« Servir le peuple américain » est devenu impossible

« Nous avons juré de servir le peuple américain et de respecter notre serment au fil des administrations au pouvoir. Néanmoins il est devenu évident que nous ne pouvons plus honorer ces engagements », écrivent 21 fonctionnaires fédéraux dans une lettre consultée par l’AFP, adressée à la directrice de cabinet de la Maison Blanche, Susie Wiles.

« Nous n’utiliserons pas nos compétences techniques pour fragiliser les systèmes informatiques gouvernementaux cruciaux, compromettre les données sensibles des Américains, ou démanteler des services publics essentiels », martèlent-ils.

Dans leur lettre, les 21 démissionnaires reviennent sur ce qu’ils décrivent comme transition chaotique traversée depuis le retour à la présidence de Donald Trump en trois dates clés.
D’abord, le 21 janvier : ils racontent « des entretiens de 15 minutes avec des individus portant des badges de visiteur de la Maison Blanche » dès le lendemain de l’investiture du milliardaire new-yorkais. « Plusieurs ont refusé de décliner leur identité, nous ont interrogés à propos de loyauté politique, ont tenté de nous monter les uns contre les autres, et ont montré leurs compétences techniques limitées ».

Mise en danger des services publics

Ensuite, le 14 février : « Un tiers de nos collègues ont été licenciés de manière discrétionnaire par un courriel anonyme ». « Des fonctionnaires hautement qualifiés qui œuvraient à moderniser » la sécurité sociale et les soins de santé, la réponse aux catastrophes, l’aide étudiante ou encore fiscale. Leur « renvoi met en danger des millions d’Américains qui comptent sur ces services au quotidien » et expose leurs données personnelles à davantage de risques.

Enfin le 16 février : « Les représentants du Doge ont commencé à nous intégrer à leurs opérations ». « Les actions du Doge – licenciements d’experts techniques, mauvaise manipulation de données sensibles, casse de systèmes informatiques majeurs – entrent en contradiction avec sa mission affichée de moderniser la technologie et les logiciels fédéraux et maximiser l’efficacité et la productivité gouvernementales » , dénoncent-ils.

Selon eux, « ces actions ne sont pas compatibles avec la mission pour laquelle nous avons rejoint l’USDS : fournir de meilleurs services au peuple américain. »

Leur démission collective intervient au moment où les quelque deux millions de fonctionnaires fédéraux ont reçu un courriel intitulé « Qu’avez-vous fait la semaine dernière ? » qui les enjoint à répondre sous peine d’être renvoyés.

(source: huffingtonpost.fr)

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