Herintsalama Rajaonarivelo – “ En deux mois, nous avons d’abord établi des principes de travail ”

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Le Premier ministre, Herintsalama Rajaonarivelo, arrivant à l’Assemblée nationale, le 21 octobre.

En rodage. Durant son intervention sur les médias publics, hier, Herintsalama Rajaonarivelo, Premier ministre, a parlé d’un gouvernement dont les actions seraient encore en phase de mise en marche progressive. Plus que les résultats, le locataire de Mahazoarivo a surtout évoqué la construction d’une méthodologie de travail et l’instauration d’une nouvelle dynamique de travail.

“Le gouvernement n’est en place que depuis deux mois. Pour le moment, nous avons surtout défini une vision et une ligne de conduite. Nous avons d’abord établi des principes de travail, tout en suscitant de l’espoir”, déclare ainsi le Premier ministre en réponse à l’une des questions posées par les journalistes qui l’ont interviewé. S’agissant de l’espoir, il a pris l’exemple des installations solaires et des forages “faits en trois semaines”, pour solutionner les problèmes d’eau et d’électricité à l’université d’Antananarivo.

Dans ses réponses à une question sur l’état cahoteux des routes nationales, le chef du gouvernement s’est défendu en affirmant : “En somme, durant ces deux mois, nous n’avons pas encore pu construire. Ce que nous avons fait, c’est réparer les trous. On a colmaté les brèches.” Tout en faisant référence aux trous qui jonchent les routes, Herintsalama Rajaonarivelo laisse aussi entendre l’existence de trous dans le budget et la gestion des projets routiers.

Évoquant que relier les greniers à riz de Madagascar serait une meilleure option pour un projet d’autoroute, le Premier ministre soutient que “ce qu’on attend de nous, c’est aussi de poser les bases sur lesquelles construire l’avenir”. À l’écouter, le locataire de Mahazoarivo semble vouloir défendre l’équipe gouvernementale en arguant que deux mois n’est pas suffisant pour faire une évaluation sur les projets réalisés. Au lendemain de sa nomination, justement, il a requis du temps pour faire ses preuves.

La sortie médiatique de Herintsalama Rajaonarivelo, hier, coïncide en effet avec les deux mois d’existence du gouvernement. Lors de la présentation de l’équipe gouvernementale, le 28 octobre, le colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, lui a imparti un délai de deux mois pour des résultats probants. Un point qu’il a souligné dans son discours de vœux du Nouvel An, diffusé mercredi soir, en indiquant que l’évaluation du gouvernement est en cours.

Timing “très serré”

Selon ses dires durant l’émission spéciale d’hier, le Premier ministre s’inclut dans ceux qui font l’objet d’évaluation. À l’entendre, l’évaluation ne devrait cependant pas se faire essentiellement sur la base des projets réalisés, mais surtout en tenant compte de la mise en œuvre des principes de travail tracés et des missions confiées aux membres du gouvernement.

Le locataire de Mahazoarivo indique, en effet, qu’à chaque ministre a été remise “une lettre de mission ministérielle”, sur la base de la Politique générale de la refondation (PGR) et de son Plan de mise en œuvre (PMO). Il a notamment fait remarquer qu’en raison des impératifs du calendrier constitutionnel, il y a eu une certaine incohérence dans l’agencement des premières actions gouvernementales. Le projet de loi de finances 2026 a été remis au Parlement bien avant la présentation du PMO de la PGR par le Premier ministre.

À l’entame de son intervention d’hier, Herintsalama Rajaonarivelo a mis l’accent sur le timing “très serré” qui, selon lui, s’est imposé au gouvernement. “J’ai été nommé le 20 octobre, ce qui a coïncidé avec le début de la session parlementaire. Pour respecter le prescrit constitutionnel, il fallait présenter à temps le projet de loi de finances initiale. Ensuite, les ministres ont été nommés le 28 octobre. Je n’ai eu que dix jours et les ministres deux jours pour soumettre le projet de loi de finances au Parlement”, explique-t-il.

Sur sa lancée, le Premier ministre indique qu’il fallait alors prendre le projet de texte déjà préparé par la précédente équipe de l’Exécutif, “en aménageant suivant les urgences revendiquées durant les manifestations”, afin que les parlementaires puissent voter la loi de finances durant la session budgétaire. Il annonce d’emblée qu’il y aura “impérativement” une loi de finances rectificative.

Le chef du gouvernement a aussi noté que “durant le premier mois, les ministres ont nommé les hauts responsables qui collaboreront avec eux”. De prime abord, il a fait part de ces explications pour défendre le fait que le gouvernement n’a pas eu la coudée franche durant ces deux mois d’exercice. S’agissant de la ministre d’État auprès de la présidence chargée de la refondation, il a clairement soutenu “qu’il sera difficile de procéder à son évaluation puisqu’elle n’a vraiment commencé à travailler qu’il y a deux ou trois semaines”.

Pour ce département en particulier, Herintsalama Rajaonarivelo rappelle qu’il s’agit d’un tout nouveau ministère. Qu’il fallait alors que la ministre mette d’abord en place la structure de son département, en ajoutant : “Pour ce ministère, les deux mois ne sont pas complets, il n’a même pas encore de bureau.” Néanmoins, en déclarant que, tout en posant un principe de travail, il fallait aussi susciter l’espoir, le locataire de Mahazoarivo est visiblement conscient que, pour la population, le seul critère d’évaluation recevable est l’amélioration de son bien-être.

(source: Garry Fabrice Ranaivoson – lexpress.mg)

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