Industrie pétrolière – L’exploitation du pétrole lourd de Tsimiroro reprend
Madagascar Oil reprend la production de pétrole lourd à Tsimiroro après des années d’incertitude et de procédures judiciaires. La première phase devrait produire environ trois cents barils par jour.

Madagascar Oil reprend du poil de la bête. Après des années minées par la volatilité des prix et des procédures judiciaires complexes, la société du groupe Benchmark annonce la reprise de ses activités de production de pétrole lourd à Tsimiroro. L’annonce a été faite hier, au Novotel Antananarivo Alarobia, par Yanto Sianpar, le nouvel administrateur général de Madagascar Oil. « Nous sommes heureux de vous annoncer que Madagascar Oil reprend la production de fioul lourd sur le site de Tsimiroro. C’est un moment historique pour Madagascar et son économie», a-t-il déclaré.
La société semble s’être dotée d’un nouveau groupe d’administrateurs chevronnés pour mener à bien les opérations. Selon les responsables, Madagascar Oil est en mesure de produire près de trois cents barils par jour lors de la première phase de développement. « Nous relançons la production avec une organisation solide et une approche opérationnelle et technologique prudente. Notre priorité est d’abord de positionner Tsimiroro sur une trajectoire de stabilité et de développement continu à long terme », a indiqué Yanto Sianpar.
La société a traversé plusieurs péripéties, surtout depuis 2021, période durant laquelle elle a été embourbée dans l’affaire Apollo 21. S’en est suivie une série de conflits judiciaires impliquant certains cadres de la société, dont l’un des points culminants a été la restructuration financière de l’entreprise. Interrogé sur ce dernier point, Yanto Sianpar confirme que celle-ci a été finalisée en 2024 et « formellement approuvée par la Cour suprême des Bahamas ».
Sécurité énergétique
Depuis juillet 2022, la compagnie a pourtant fourni du fioul lourd à des industriels dans différentes régions de la Grande Île.
Des livraisons régulières ont eu lieu à Antsirabe et à Antsiranana. Mais la question qui reste en suspens est celle de la capacité de la société à approvisionner la société nationale d’eau et d’électricité, la Jirama. « Nous aimerions faire de la Jirama un client régulier de Madagascar Oil. Le besoin en fioul lourd de la société d’État est de trois à quatre mille barils par jour. Pour combler ce besoin, nous devons procéder méthodiquement. La reprise de la production et son augmentation progressive contribueront d’abord à renforcer la sécurité énergétique nationale en fournissant au marché domestique du fioul lourd produit localement à un coût compétitif, tout en réduisant la dépendance du pays aux importations », indique l’administrateur général de Madagascar Oil.
La société a obtenu son premier permis pétrolier en amont en 2015. Le bloc de Tsimiroro a déjà montré un potentiel significatif en termes de fioul lourd, puisque ses réserves sont estimées à plus de 1,4 milliard de barils. Le gouvernement avait entamé en 2025 la révision du contrat de partage de production entre l’État et Madagascar Oil dans ce projet pétrolier, afin d’en faire « un contrat équilibré et mutuellement avantageux ». Les deux parties espèrent désormais repartir sur de nouvelles bases. Madagascar Oil annonce que certaines conditions structurelles et réglementaires demeurent essentielles pour assurer la viabilité des investissements et la planification à long terme du projet. La société insiste notamment sur la stabilité du contrat de partage de production et sur l’adoption du décret d’application de l’article 55 du code pétrolier, alors même que les autorités ont annoncé l’élaboration d’un nouveau code pétrolier.
(source: Itamara Otton – lexpress.mg)