Carême 2024
Méditation du mercredi des Cendres: «à travers le désert, Dieu nous guide vers la liberté»

Le père jésuite Adrien Lentiampa Shenge nous introduit à la méditation avec les lectures du mercredi des Cendres de l’année liturgique B.
Textes: Jl 2, 12-18; Ps 50, 3-4, 5-6ab, 12-13, 14.17; 2 Co 5, 20 – 6, 2; Mt 6,1-6.16-18
Chers Frères et Sœurs, avec ce mercredi des Cendres, s’ouvre pour nous le temps de Carême, qui nous prépare à la célébration de la solennité de Pâques. Le Carême est un moment de grâce, durant lequel nous sommes invités à ouvrir notre cœur, et à recevoir de nouveau l’invitation de Dieu à la liberté. Comme nous le dit le Pape François, dans son message pour le Carême de cette année, «à travers le désert (du Carême), Dieu nous guide vers la liberté». Oui, le Carême nous permet de nous arrêter un instant pour nous rendre compte de l’esclavage dans lequel nous vivons, parfois sans même plus s’en rendre compte. Le Carême nous aide à découvrir, dans nos vies, «l’inexplicable nostalgie de l’esclavage», comme ce fut le cas pour les Israélites après la sortie de l’Égypte.
En effet, nous le savons, «celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché, afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu» (2 Cor. 5, 21). Et pourtant, combien de fois ne préférons-nous pas l’esclavage déshumanisant de l’égoïsme, du gain facile, de la culture de la mort. L’esclavage du péché, c’est cette tentation à nous faire sans Dieu; à nous mettre sous le joug des idoles que nous nous fabriquons nous-mêmes.
Suivre la méditation proposée par le Père Adrien Lentiampa Shenge,SJ.
C’est pourquoi, il est important d’entendre cet appel qui nous est lancé dans la première lecture de ce jour, tirée du livre du prophète Joël: «Revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux». Dans la deuxième lecture, Saint Paul nous supplie même: «Nous vous le demandons au nom du Christ : laissez-vous réconcilier avec Dieu» (2 Cor. 5, 20). Ces cris sont autant de preuves que Dieu ne se lasse jamais de nous, et qu’il est toujours prêt à nous redonner vie et liberté. Ces cris donnent tout son sens au temps de Carême, où l’homme engage sa liberté pour répondre à ces cris de l’Esprit en lui, et retrouver la joie de vivre, en se tournant de nouveau vers son Dieu.
Cet engagement nous amène à vivre le Carême comme un temps de conversion, de retournement, pour reconquérir notre liberté des enfants de Dieu. La prière, l’aumône et le jeûne – que nous propose l’évangile de ce jour – nous aideront à exprimer cette conversion. Ces trois piliers du Carême nous demandent de sortir de notre égoïsme, pour trouver le sens de notre vie en Dieu, en étant attentifs à nos frères.