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Romy Voos, « blanchie » autoproclamée

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(crédit: madagascar-tribune.com)

L’interview donnée par Romy Voos Randrianarisoa sur TV5 Afrique est loin d’apporter les clarifications sur les conditions de sa libération. La justice britannique évolue dans un état de Droit et une pleine indépendance. On va donc écarter d’emblée toute suspicion de corruption ou de pressions politiques, suspicions qui auraient été de mise si l’affaire avait été gérée par la justice tropicale d’Anosy. La libération s’est donc faite dans le cadre des lois britanniques, reste à savoir lesquelles.

On écartera d’emblée les tentatives d’auto-blanchiment de la concernée sur TV5. Ses explications peu convaincantes sur l’acte de corruption pour lequel elle a été condamnée n’ont pas permis d’y voir plus clair. On préfère donc attendre que la justice britannique s’exprime sur les conditions de cette libération. Jusqu’à preuve du contraire, le jugement ayant condamné Romy Randrianarisoa reste en vigueur, et sa culpabilité établie à l’issue du procès est un fait juridique. Des déclarations télévisées d’absolution, qui plus est faites par la propre intéressée, sont donc à prendre avec des pincettes. Le clan politique auquel elle appartient est loin d’être un bon exemple d’intégrité, et ses réponses évasives au sujet des enregistrements sonores qui ont permis à la justice britannique de la confondre, n’ont convaincu qu’elle-même et le clan des distributeurs et bénéficiaires de cuvettes.

La nouvelle de la libération a en tous cas réjoui les partisans du pouvoir, qui se sont empressés d’y voir une preuve d’innocence de Romy Randrianarisoa. C’est une posture qui arrange le pouvoir, car derrière le prétendu blanchiment de la dame, c’est le pouvoir qui s’affirme propre. Le clan Rajoelina a donc tout intérêt à véhiculer cette thèse de l’erreur judiciaire. Le chœur des nationalistes par corporatisme y est également allé de son petit trémolo : peu importe que Romy Randrianarisoa soit coupable ou non, en tant que Malgache on doit se réjouir de sa libération car sa mise en détention nuisait à l’image du pays. Ici, une rectification s’impose : ça ne nuisait pas à l’image du pays, car les actes de ceux qui profitent de leur position au pouvoir pour des avantages illicites n’engagent qu’eux, et non tous les Malgaches.

La thèse de l’Early Removal Scheme

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