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Madagascar : Andry Rajoelina réélu et déjà contesté

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Le président sortant a obtenu 58,95 % des voix, selon la commission électorale, au terme d’un scrutin tendu. L’opposition ne reconnaît pas les résultats et demande l’annulation de l’élection présidentielle.

Le président sortant, Andry Rajoelina, avec sa femme, Mialy, en campagne pour sa réélection, le 26 octobre à Antananarivo. ZO ANDRIANJAFY / REUTERS

Un premier tour dia vita : un premier tour et « c’est fini ». Comme il l’avait annoncé, le président sortant, Andry Rajoelina, 49 ans, a remporté l’élection présidentielle dès le premier tour du scrutin organisé jeudi 16 novembre avec 58,95 % des suffrages, selon les chiffres provisoires publiés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), samedi 25 novembre. Ceux-ci devront être confirmés d’ici à neuf jours par la Haute Cour constitutionnelle (HCC) pour devenir définitifs. Le président sortant est le seul candidat à s’être présenté à la CENI samedi, il était assis à côté de chaises inoccupées pour écouter la proclamation des résultats.

La majorité de l’opposition avait annoncé dès vendredi soir qu’elle ne reconnaîtrait pas ces résultats, en dénonçant un « simulacre d’élection organisée de force ». Elle avait appelé au boycott de l’élection après avoir en vain réclamé un report.

Les deux seuls candidats à avoir fait campagne – sur les 12 initialement en lice contre M. Rajoelina – obtiennent 14,4 % des suffrages pour l’ex-judoka Siteny Randrianasoloniaiko, et 0,8 % pour Sendrison Daniela Raderanirina. Son plus sérieux adversaire, l’ancien chef de l’Etat Marc Ravalomanana, est, en dépit de son appel au boycott, crédité de 12,10 % de voix par la commission électorale, à l’issue du dépouillement des 5,1 millions de bulletins de vote – il s’agissait de bulletins uniques sur lesquels les noms de tous les candidats étaient inscrits.

Enjeu central de cette consultation, le taux de participation de 46,36 % – proche des 48 % de la présidentielle de 2018 – apparaît élevé alors que de nombreux observateurs avaient noté la faible affluence lors de la journée du 16 novembre.

300 000 ariarys contre un bulletin de vote

Andry Rajoelina a déployé d’importants moyens pour convaincre les Malgaches de lui accorder un deuxième mandat. De grands meetings ont été organisés et de l’argent a été distribué aux électeurs en échange de leur vote en faveur de la formation présidentielle TGV (Tanora malaGasy Vonona – « Jeunes Malgaches déterminés »). Devant les antennes du parti dans plusieurs villes du pays, des foules se rassemblaient au lendemain du scrutin pour réclamer le montant promis.

Le plus souvent 300 000 ariarys (environ 65 euros) liés à des programmes de filets sociaux pour les ménages les plus vulnérables financés par la Banque mondiale. Parallèlement, l’administration et en particulier les enseignants qui constituent le gros des effectifs de fonctionnaires ont été mobilisés sur ordre des directeurs régionaux de l’éducation. Lorsqu’ils en disposent, les smartphones des chefs d’établissements ont, comme Le Monde en a été témoin, été équipés d’une application leur permettant d’enregistrer les nouveaux adhérents du parti orange – la couleur d’Andry Rajoelina.

Les chiffres proclamés par la CENI sont d’ores et déjà contestés devant la HCC. Selon une information recueillie par Le Monde, le candidat Siteny a déposé une requête pour demander « l’annulation des opérations électorales sur l’ensemble du territoire » en s’appuyant sur une liste de résultats de bureaux de vote non conformes aux procès-verbaux originaux. Il a également introduit auprès de la juridiction chargée de statuer sur la régularité de l’élection, une action visant à disqualifier Andry Rajoelina de la course à la magistrature suprême en raison de sa nationalité française. La révélation par plusieurs médias de l’obtention en 2014 de cette nationalité par naturalisation – qui, selon le droit malgache, le déchoit de la nationalité malgache – a marqué la campagne.

Un tour dia vita ? Après des manifestations réprimées à coups de gaz lacrymogènes, l’opposition redoute qu’Andry Rajoelina, galvanisé par sa victoire, n’use davantage de la force pour faire taire les protestations. La nomination du général de gendarmerie à la retraite Richard Ravalomanana à la tête de la présidence par intérim durant la campagne électorale, a suscité l’inquiétude dans les rangs de l’opposition. Le « Général bombe », comme il est surnommé pour ses méthodes expéditives, est un de ceux qui ont aidé Andry Rajoelina, alors jeune maire d’Antananarivo, à renverser Marc Ravalomanana par un coup d’Etat en 2009. Les mesures d’intimidation plus ou moins directes n’épargnent pas même les personnalités qui depuis des semaines enjoignent au pouvoir le dialogue.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, la présidente de l’Assemblée nationale, Christine Razanamahasoa, a été contrainte de fuir sa résidence alors qu’un groupe d’hommes encagoulés s’apprêtaient à y pénétrer. Si rien ne permet de lier cette tentative d’attaque à main armée et le contexte électoral, cet incident survient alors que son initiative de plate-forme de médiation et de dialogue menée avec le Conseil œcuménique des Eglises chrétiennes (FFKM) suscitait l’hostilité du camp présidentiel. « Nous ne sommes plus en sécurité », commentait sobrement Mme Razanamahasoa vendredi après-midi dans l’enceinte de son institution.

Deux tiers de l’île sans électricité

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Présidentielle 2018 Madagascar: premier tour le 7 Novembre et deuxième tour le 19 Décembre

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Mr Christian Ntsay, nouveau Premier ministre de consensus pour les élections.

Le Premier ministre Ntsay Christian l’a annoncée au Palais de Mahazoarivo lors d’un point de presse. Le premier tour aura lieu le 7 novembre 2018 et le second se tiendra le 19 décembre 2018. Et ce, conformément à la décision n°18-HCC/D3 du 25 mai 2018 qui stipule que « le gouvernement de consensus mis en place arrête avec la CENI, l’organisation d’une élection anticipée durant la saison sèche au cours de cette année 2018 mais sous réserve des possibilités techniques, matérielles et financières réelles, assurant des élections libres, honnêtes et transparentes ».

Si le Président de la République en exercice, Hery Rajaonarimampianina souhaite se présenter à cette élection, il devra quitter son poste au plus tard le 07 septembre, soit 60 jours avant le premier tour.


Convention d’Andohalo: plusieurs partis avec Razafindravahy pour la refondation avant la présidentielle

Beza Seramila du Comité restreint du HFI (à droite) et le fondateur du parti ADN, Edgar Razafindravahy (crédit: l’Express)

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