essais nucléaires
En Polynésie, Macron reconnaît « la dette » de la France sur les essais nucléaires mais…
De nombreux Polynésiens, élus comme associations, attendaient une demande de pardon du président de la République pour ces essais nucléaires. Ce qu’ils n’ont pas obtenu.

POLITIQUE – Pour son dernier jour sur place, Emmanuel Macron a enfin abordé l’un des sujets de crispation entre Papeete et Paris: les essais nucléaires français effectués dans les années 1960 et à propos desquels le président de la République a reconnu que la France avait “une dette” à l’égard la Polynésie française. Une déclaration jugée insuffisante par certains élus qui réclamaient des excuses.
“J’assume et je veux la vérité et la transparence avec vous”, a affirmé le chef de l’État en s’adressant aux responsables polynésiens au dernier jour de sa première visite dans l’immense archipel. Reconnaissant que ce dossier sensible affectait “la confiance” entre Papeete et Paris, il a notamment annoncé que les victimes de ces essais, dont certains souffrent de cancer, devaient être mieux indemnisées.
“La nation a une dette à l’égard de la Polynésie française. Cette dette est le fait d’avoir abrité ces essais, en particulier ceux entre 1966 et 1974, dont on ne peut absolument pas dire qu’ils étaient propres”, a-t-il déclaré, applaudi par l’assistance.
“Ce que je veux briser aujourd’hui, c’est le silence”
Après avoir mené 17 essais nucléaires au Sahara, la France avait transféré en 1966 son champ de tir en Polynésie française, sur les atolls de Mururoa et Fangataufa, où elle procéda en 30 ans à 193 nouveaux essais, d’abord atmosphériques, puis souterrains. Le dernier a eu lieu le 27 janvier 1996 après la décision du président Jacques Chirac de reprendre les tirs malgré le moratoire décidé trois ans plus tôt par son prédécesseur, François Mitterrand.
Les conséquences de ces essais nucléaires sur la population sont longtemps restées tabou, mais la parution d’une enquête pointant dans un livre l’impact sanitaire sous estimé a ravivé la colère locale. Avant et pendant la venue d’Emmanuel Macron, plusieurs manifestations ont été organisées par des associations et élus indépendantistes, qui réclamaient des excuses officielles du chef de l’État. Ce qu’ils n’ont pas obtenu, même si Emmanuel Macron a eu l’occasion de discuter brièvement avec les manifestants.
“Il y a un doute qui s’est installé avec la République, avec la France. Ce doute il est lié au nucléaire”, a reconnu Emmanuel Macron. Il a cependant écarté tout “mensonge” de l’État sur les risques que représentaient les essais, plaidant la méconnaissance sur ce point à l’époque. “Trop longtemps l’État a préféré garder le silence sur ce passé. Ce que je veux briser aujourd’hui, c’est le silence. Je veux que tout le monde sache ce qui était su alors et ce qui est su aujourd’hui”, a assuré le président.
Corée du Nord: Kim Jong-un suspend ses essais nucléaires et balistiques
Dans un contexte de détente sur la péninsule coréenne, le dirigeant nord-coréen a annoncé samedi 21 avril la fin des essais nucléaires et le démantèlement d’un site nucléaire

« Une bonne nouvelle pour le monde. » C’est par ces mots que Donald Trump, le président américain, a accueilli la décision de la Corée du Nord de suspendre, à compter de ce samedi 21 avril, ses essais nucléaires. La décision concerne également les missiles balistiques et le démantèlement d’un site à partir duquel elle procédait à ses tests d’armes atomiques. La Corée du Sud y voit une décision « significative » en direction de la dénucléarisation de la péninsule et a annoncé qu’elle contribuerait à créer les conditions favorables au bon déroulement des réunions entre Kim Jong-un et Donald Trump. La Chine, principale alliée de Pyongyang, a salué la décision nord-coréenne, qui va permettre d’apaiser les tensions dans la péninsule coréenne et de promouvoir la dénucléarisation. « La Chine pense que la décision de la Corée du Nord va améliorer la situation dans la péninsule », peut-on lire dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
Selon le communiqué de KCNA, l’agence de presse nord-coréenne, Kim Jong-un considère que son pays n’a plus besoin de recourir aux essais nucléaires et aux tests de missiles balistiques dans la mesure où les objectifs de ces programmes ont été atteints. « Pour garantir dans la transparence la suspension des essais nucléaires, le site nucléaire du nord de la République sera démantelé », rapporte KCNA dans la foulée de la première assemblée plénière du Parti des travailleurs de Corée de cette année. Lire la suite »