médaille miraculeuse de Marie
Conversion étonnante du juif Alphonse Ratisbonne à Rome (1842)
L’ange envoyé de Dieu. En attendant l’heure de l’union, Alphonse part en voyage. C’est ainsi qu’il quitte Paris en novembre pour un périple de plusieurs mois. L’époque romantique a mis au goût du jour les voyages vers l’Orient : l’Italie, la Sicile, Malte, Constantinople et le Levant l’attendent !
Ratisbonne arrive à Rome le 6 janvier 1842. Parmi les édifices et quartiers romains visités, le Ghetto, quartier des Juifs, lui fait une très vive impression. Devant tant de misère, pitié et indignation le submergent. « Je dois dire, sans crainte d’exagérer, que jamais de ma vie je n’avais été plus aigri contre le christianisme que depuis la vue du Ghetto. Je ne tarissais point en moqueries et en blasphèmes. »
Au cours d’une de ses visites de la ville éternelle, il rencontre un ami de collège, Gustave de Bussières, dont le frère, le baron Théodore de Bussières, fervent catholique, s’est fait connaître par ses voyages en Sicile et en Orient, dont il a publié les récits. Alphonse lui raconte ses projets de voyage. Gustave l’invite alors à rencontrer son frère pour lui demander conseil. Alphonse accepte par politesse. Le 15 janvier, avant de partir pour Naples, il se rend donc, bon gré, mal gré chez Théodore de Bussières pour la visite promise. Alphonse ne le sait pas encore : comme Raphaël pour Tobie, il est l’ange que Dieu lui donne.

La conversation est légère, mais prend vite des tournures passionnées quand Alphonse partage ses impressions de Rome. Puis, le dialogue glisse sur le terrain religieux… Ratisbonne en profite pour égratigner un peu plus la foi catholique. Son hôte plein d’audace lui lance alors un défi. « Enfin, me dit M. de Bussières, puisque vous détestez la superstition et que vous professez des doctrines si libérales, puisque vous êtes un esprit fort si éclairé, auriez-vous le courage de vous soumettre à une épreuve bien innocente ? – Quelle épreuve ? – Ce serait de porter sur vous un objet que je vais vous donner… Voici ! C’est une médaille de la Sainte Vierge. Cela vous paraît bien ridicule, n’est-ce pas ? Mais quant à moi, j’attache une grande valeur à cette médaille. »