La Cour suprême du Pakistan a rendu vendredi un arrêt prononçant la «disqualification» du premier ministre Nawaz Sharif et sa destitution de fait à la suite d’une affaire de corruption. Les services du premier ministre ont annoncé peu après qu’il démissionnait, en dépit de «sérieuses réserves» sur la procédure judiciaire, nuance le communiqué.
Nawaz Sharif, 67 ans, est accusé d’avoir caché des biens détenus par ses enfants. Le chef du gouvernement a démenti toute malversation, dénoncé un complot et estimé que son éviction pourrait déstabiliser le pays.
Nawaz Sharif «est disqualifié en tant que député au parlement et a donc cessé d’occuper le poste de premier ministre», a déclaré le juge Ejaz Afzal Khan devant une foule compacte réunie au siège de la cour pour entendre le jugement. L’arrêt ordonne aussi à l’autorité anti-corruption de lancer une nouvelle enquête sur les soupçons pesant sur Nawaz Sharif.

Nawaz Sharif et sa famille n’ont pas directement réagi dans l’immédiat à cette décision qui ouvre une période d’incertitude pour le pays. Les prochaines élections législatives sont théoriquement prévues en 2018.
C’est la seconde fois dans l’histoire du Pakistan qu’un premier ministre en poste est démis par une intervention de la Cour suprême. La première fois remonte à 2012, lorsqu’elle avait condamné le premier ministre de l’époque, Raza Gilani, pour outrage à la justice, car il avait refusé de rouvrir une enquête pour corruption contre le président d’alors, Asif Zardari.