Avec « [son] équipe », à propos de laquelle il refuse d’en dire plus, il travaille à un « projet providentiel », explique-t-il, afin de sortir l’Europe de ses dix plus importantes dépendances. En moins de cinq ans, assure-t-il, l’UE peut « retrouver sa souveraineté » dans des secteurs aussi stratégiques que l’énergie, la santé, le numérique, les matières premières critiques ou encore les moyens de paiement.
Thierry Breton
Thierry Breton se voit en homme providentiel pour l’Europe
L’ancien commissaire européen, très critique à l’égard d’Ursula von der Leyen, prépare un projet pour que l’UE « retrouve sa souveraineté » à partir de 2027.

Thierry Breton croit en son destin et il le fait savoir à ceux qui en douteraient. Il suffit d’écouter ses déclarations publiques pour comprendre que l’ex-commissaire européen au marché intérieur (2019-2024) s’imagine jouer un rôle de tout premier ordre, en France ou en Europe, et ce, dans un avenir proche. Plus précisément en 2027, quand les Français éliront un nouveau président et lorsque, à Bruxelles, veut-il croire, les choses pourraient bouger à la tête des institutions communautaires.
« J’ai l’expérience des redressements dans des situations impossibles. Ça a été ma vie », a ainsi affirmé M. Breton sur France Inter, le 25 janvier. Cette fois, c’est l’Union européenne (UE) et, avec elle, la France qu’il faut sauver. Entre les visées expansionnistes de la Russie de Vladimir Poutine, l’offensive commerciale de la Chine de Xi Jinping et la guerre idéologique que mènent les Etats-Unis de Donald Trump contre la construction communautaire, « le danger est existentiel », répète-t-il au Monde.
Thierry Breton veut un «fonds européen de souveraineté» face aux subventions américaines

Selon le commissaire européen au Marché intérieur, l’Inflation Reduction Act (IRA), également critiqué par Emmanuel Macron, se fait aux dépens des entreprises européennes.
Le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, appelle à la création d’un «fonds européen de souveraineté pour soutenir des projets industriels» et faire face à l’Inflation Reduction Act (IRA) américain, critiqué par Emmanuel Macron lors de sa visite aux États-Unis.
L’Union européenne s’inquiète depuis plusieurs mois des effets de ce plan de 420 milliards de dollars du président américain Joe Biden largement consacré au climat et adopté l’été dernier, au cœur d’une visite officielle d’Emmanuel Macron outre-Atlantique ces derniers jours. Ce plan prévoit entre autres des réformes favorisant les entreprises implantées aux États-Unis, notamment dans les secteurs des véhicules électriques, des batteries, de la tech, des énergies renouvelables ou encore de l’hydrogène.
Il «entraîne des distorsions de concurrence aux dépens des entreprises de l’Union européenne», affirme Thierry Breton dans un entretien au Journal du dimanche, après avoir menacé début novembre d’«aller devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC)» pour faire valoir ses arguments. «Un groupe de travail a déjà été créé avec des représentants de la Maison Blanche et de la Commission européenne», ajoute-t-il.
Emmanuel Macron a dit vendredi vouloir que la question des «exemptions» réclamées aux États-Unis pour les industries européennes soit «réglée» d’ici au premier trimestre 2023 après avoir jugé la veille «super agressives» certaines des mesures américaines. Le président américain s’est lui dit prêt à corriger des «défauts» de sa loi, qu’il a toutefois défendue bec et ongles.
«Après les ouvertures obtenues à Washington par le président (Macron), je suis confiant, les efforts de l’Union européenne porteront leurs fruits. Plus rapidement qu’on ne le pense, j’espère. Peut-être dans les tout prochains jours!», ajoute Thierry Breton dans le JDD .
Un cadre réglementaire «trop lourd»
Le commissaire souligne en revanche la nécessité pour l’Europe d’améliorer son attractivité et sa compétitivité en se concentrant sur «la technologie et les secteurs stratégiques pour la réussite de sa transition verte», notamment les éoliennes, l’énergie solaire et les réseaux électriques et en adaptant un cadre réglementaire «trop lourd».
Face à la crise énergétique, à la concurrence américaine et à la politique économique chinoise, il préconise «un fonds européen de souveraineté pour soutenir des projets industriels», sans oublier les plans nationaux «à coordonner». Soulignant les conditions d’endettement différentes selon les États, Thierry Breton affirme enfin qu’il «faudrait sans doute envisager un financement autour de 2 % du PIB de l’Union européenne, soit environ 350 milliards d’euros».
(source: lefigaro.fr)