Guerre en Ukraine : la Russie est un État qui finance le terrorisme, selon le Parlement européen
L’assemblée a voté un texte symbolique qui qualifie la Russie d’« État promoteur du terrorisme » et l’accuse de violer « toutes les normes humanitaires et internationales » dans la guerre en Ukraine.

GUERRE EN UKRAINE – Un régime « complice de crimes de guerre ». Le Parlement européen a voté ce mercredi 23 novembre un texte qualifiant la Russie d’« État promoteur du terrorisme » dans la guerre en Ukraine, appelant les 27 pays de l’Union européenne à en faire de même.
Dans le texte adopté à Strasbourg par 494 voix pour (58 voix contre et 44 abstentions), les eurodéputés décrivent « la Russie comme un État promoteur du terrorisme et comme un État qui utilise des moyens terroristes ».
Peu après ce vote des eurodéputés, le site internet du Parlement européen a été la cible ce mercredi d’une attaque informatique, a indiqué son porte-parole.
Sur Twitter, Jaume Duch, a évoqué « une attaque DDOS » (par déni de service) paralysant « la disponibilité du site web » de l’institution. « Les équipes du Parlement travaillent à la résolution du problème dès que possible », a-t-il ajouté.
🚨The availability of @Europarl_EN website is currently impacted from outside due to high levels of external network… https://t.co/aX3B1ueQNp
— Jaume Duch (@jduch)Voir le tweet
L’attaque informatique a été revendiquée par « un groupe pro-Kremlin« , a affirmé sur Twitter la présidente du Parlement, Roberta Metsola. « Ma réponse : #SlavaUkraini » (Gloire à l’Ukraine), a-t-elle rétorqué
The @Europarl_EN is under a sophisticated cyberattack. A pro-Kremlin group has claimed responsibility. Our IT expe… https://t.co/z3bP2qZd4n
— Roberta Metsola (@EP_President)Voir le tweet
Un acte symbolique salué par Zelensky
Une manière de répondre aux appels répétés du président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui réclame depuis des semaines à la communauté internationale de déclarer la Russie du président Vladimir Poutine « régime terroriste ».
Mais le Parlement européen fait surtout ici un pas symbolique en l’absence de cadre juridique adéquat dans l’UE. À la différence des États-Unis d’ailleurs, puisque l’administration de Joe Biden refuse d’employer cette qualification pour la Russie.
« La Russie doit être isolée à tous les niveaux et tenue pour responsable afin de mettre un terme à sa politique de longue date en matière de terrorisme en Ukraine et dans le monde entier », a rapidement réagi sur Twitter le président ukrainien, saluant la décision des eurodéputés.
I welcome @Europarl_EN decision to recognize Russia as a state sponsor of terrorism and as a state which uses means… https://t.co/5nrTyB1egS
— Володимир Зеленський (@ZelenskyyUa)Voir le tweet
Cet appel de Volodymyr Zelensky avait déjà trouvé écho, notamment auprès des Parlements d’Estonie, Lituanie et Lettonie, ainsi que de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE). Cette dernière a invité en octobre les 46 pays de l’organisation paneuropéenne de défense des droits humains à déclarer le régime russe comme « terroriste ».
Des eurodéputés appellent à la mise en place d’un cadre juridique européen
« Nous avons appelé un chat un chat. (…) La reconnaissance de ce fait par le Parlement européen envoie un signal politique clair. L’Europe, les Européens ne veulent pas rester passifs, alors que leur grand voisin viole toutes les normes humanitaires et internationales », a déclaré l’eurodéputé lituanien et ancien Premier ministre, Andrius Kubilius (PPE, droite).
Dans le texte adopté ce mercredi, les eurodéputés appellent l’UE et les États membres à mettre en place un « cadre juridique européen ». Ce qui permettrait de prendre contre les pays qualifiés de soutiens au terrorisme « une batterie de lourdes mesures restrictives et qui aurait pour effet de limiter de manière importante les relations de l’Union » avec les pays en question.
Depuis l’invasion de la Russie en Ukraine en février, l’UE a accentué la prise de sanctions économiques à l’égard de la Russie, avec huit paquets de sanctions déjà annoncés. Au total, 1241 individus, dont le président russe Vladimir Poutine et son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, mais aussi les membres de la Douma, des oligarques, et 118 entités sont actuellement soumis à des gels d’avoirs et des interdictions d’entrer dans l’UE.
(source: huffingtonpost.fr)