Des Juifs au mont du Temple: La Jordanie avertit contre toute violation du statu quo

Publié le

842 fidèles juifs ont visité le site ; les Palestiniens se sont barricadés à l’intérieur de la mosquée Al-Aqsa pendant la nuit, faisant craindre de nouveaux affrontements

Les forces de sécurité surveillant les visiteurs juifs sur le mont du Temple pendant Pessah, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 9 avril 2023. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)

Les visiteurs juifs ont été autorisés à se rendre sur le mont du Temple dimanche matin, quelques heures après qu’un certain nombre de Palestiniens se sont barricadés à l’intérieur de la mosquée Al-Aqsa pendant la nuit, ce qui a ravivé les craintes de nouveaux affrontements.

La police israélienne a décidé de ne pas entrer dans l’enceinte du bâtiment aux premières heures de la matinée, vraisemblablement pour éviter des scènes de violence et tout débordement éventuel.

Selon la Douzième chaîne, la police a reconnu que les personnes barricadées à l’intérieur « n’avaient pas apporté avec elles le genre d’objets » qui auraient pu provoquer un incident violent ; elles ont été « évacuées » au petit matin « dans un calme relatif », alors que les visiteurs juifs commençaient à arriver sur le site.

 

Toutefois, certains fidèles musulmans auraient été empêchés d’accéder au site pour la prière du ramadan.

À l’issue des prières du Faïr [de l’aube], la police a commencé à autoriser les visiteurs juifs à pénétrer dans l’enceinte sensible, sous bonne garde et par groupes d’environ 20 personnes.

Selon un groupe d’activistes du mont du Temple, il y a eu 842 visiteurs juifs dimanche, et 1 041 au total pendant la fête de Pessah, ce qui représente une augmentation de 43 % du nombre moyen de visites juives.

Certains fidèles musulmans présents sur le site ont hurlé sur les visiteurs juifs, mais aucun acte de violence physique n’a été signalé.

Dans une déclaration, le ministère jordanien des Affaires étrangères a condamné les visites juives sur le mont du Temple dimanche, mettant en garde contre les « conséquences catastrophiques » si Israël ne mettait pas fin à ce qu’il considère comme des violations du statu quo sur le fragile site sacré.

Le communiqué prévient « que la violation par les forces de police israéliennes du caractère sacré de la sainte mosquée Al-Aqsa / Al-Haram Al-Qudsi Al-Sharif et l’agression des fidèles dans une nouvelle tentative de la vider de ses fidèles, en préparation d’incursions majeures dans la mosquée, pousseront la situation vers plus de tension et de violence, ce dont tout le monde paiera le prix ».

La police israélienne escortant les visiteurs juifs marquant la fête de Pessah vers l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa au sommet du mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, pendant le ramadan, le 9 avril 2023. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)

Une déclaration légèrement différente publiée par Petra en arabe indique clairement que la Jordanie condamne les visites juives sous la protection de la police israélienne et note que seules les prières musulmanes sont autorisées sur le site. Elle revendique la compétence exclusive du Waqf [islamique de Jérusalem soutenu par la Jordanie], qui administre le site.

« Le gouvernement israélien porte la responsabilité de l’escalade à Jérusalem et dans tous les territoires palestiniens occupés, ainsi que de la détérioration qui va s’aggraver s’il ne met pas fin aux incursions sur le lieu saint ou à la « terrorisation » des fidèles, peut-on lire dans la déclaration.

Israël a juré à plusieurs reprises de maintenir le statu quo sur le site, selon lequel les Juifs sont autorisés à s’y rendre – sous de nombreuses restrictions et seulement pendant des heures limitées – mais pas à y prier. Cependant, les Juifs sont de plus en plus souvent autorisés à y prier tranquillement, tandis que les Palestiniens sont à l’origine de violences sur le site et ont unilatéralement désigné davantage de parties du site pour la prière.

Israël a pris le mont du Temple et la Vieille Ville de Jérusalem à la Jordanie lors de la Guerre des Six Jours en 1967. Il a toutefois permis au Waqf jordanien de continuer à exercer son autorité religieuse sur le mont. En vertu du traité de paix de 1994, Israël a reconnu le « rôle spécial d’Amman… dans les lieux saints musulmans de Jérusalem ».

(…lire l’intégralité)

Laisser un commentaire