Trafic de bois de rose: Madagascar négocie le rapatriement de 34 conteneurs saisis en Tanzanie

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Dix ans après la révélation de l’affaire du trafic de bois de rose à Hong Kong en 2014, le dossier refait surface. L’État, par le biais du directeur de la Douane, a annoncé le projet des autorités de rapatrier ces bois précieux et interdits à la vente qui se trouvent actuellement en Tanzanie. La valeur marchande de ce cargaison de 34 conteneurs comprenant environ 4 400 rondins de bois de rose (640 tonnes), est estimée à 13 millions de dollars.

Des négociations seraient en cours avec les autorités tanzaniennes pour les remorquer dans la Grande île, pour des objectifs qui restent encore indéterminés. Les 34 conteneurs de bois de rose ont quitté Madagascar en 2014. Les marchandises, illicites puisque la vente et l’exportation de ces bois sont encore interdits, auraient dû être livrés à Hongkong. En mai 2014, les Services Kényans de Protection de la Faune ont saisi au port de Mombasa la cargaison. Une plainte a été déposée par le ministère de l’Environnement kenyan et le jugement publié en 2021 indiquait le placement de ces bois au siège dudit ministère mais en novembre 2021, un Tribunal du Kenya a ordonné la libération de ce stock et sa restitution à la société Shihua Industry Alliance Co. Ltd, basée à Hong Kong. Madagascar a contesté cette décision en saisissant la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) mais les bois précieux ont déjà quitté le territoire kényan.

La société chinoise a déjà pris ses dispositions pour envoyer les bois à Dubaï. En décembre 2022, lors du transit des conteneurs au port de Zanzibar, en Tanzanie, ils ont été saisis par les autorités tanzaniennes.

En 2016, la CITES n’était pas encore favorable au rapatriement de ces bois.. « Madagascar devrait redoubler d’efforts en matière de lutte contre la fraude aux niveaux national et international afin de mettre un terme au commerce illégal du bois de son territoire, avant de penser à négocier la restitution des stocks de bois saisis, avait indiqué la CITES à l’époque. Lors de la 77è session du comité permanent de la CITES à Genève, en novembre 2023,
Le Comité a invité Madagascar à reprendre et développer le cahier des charges du groupe consultatif établi à la CoP18, pour soutenir le pays en matière
d’utilisation, au plan national, de son bois stocké et pour d’autres questions, le cas échéant.

Le trafic de l’essence de bois de rose a surtout pris de l’ampleur depuis l’autorisation exceptionnelle accordée par le régime de transition à 13 opérateurs en 2009. Si, à la faveur de cette autorisation, 18 750 tonnes ont été exportés légalement, une quantité similaire a pu sortir du pays illégalement. L’ONG Traffic international estimait qu’entre 2009 et 2014, le trafic de bois de rose a généré un manque à gagner de 348 millions d’euros à l’Etat malgache.

(source: Mandimbisoa R. – madagascar-tribune.com)

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