Pourquoi l’Intelligence Artificielle pourrait « MENACER » la Science ,
Vous savez, il y a une question qui me hante depuis quelque temps. Une question que la plupart des gens ne prennent pas le temps de considérer vraiment. On nous dit que l’intelligence artificielle va révolutionner la science. Qu’elle va accélérer les découvertes, résoudre des problèmes que nous n’arrivons pas à résoudre.
Mais voici ce qui m’intrigue. Quand on regarde vraiment ce que cela implique, quand on examine la nature même de ce que nous appelons la science, on commence à se poser une question très inconfortable. L’intelligence artificielle pourrait-elle menacer la science elle-même ?
Avant que vous pensiez que je suis un technophobe, laissez-moi être clair. Je suis physicien. Je travaille au Commissariat à l’énergie atomique. Je crois en l’évidence. Je crois aux mathématiques. Je crois à la méthode scientifique.
Et c’est précisément pour cela que cette question me fascine. Parce que quand on fait les calculs, quand on examine les défis philosophiques, on se rend compte de quelque chose de troublant. L’IA peut prédire, mais peut-elle vraiment comprendre ?
Étienne Klein, né à Paris le , est un physicien, philosophe des sciences et producteur de radio français.
Il dirige le Laboratoire de recherche sur les sciences de la matière tout en menant une carrière de vulgarisation autour des questions soulevées par la physique contemporaine, notamment par la physique quantique et la physique des particules
Né le à Paris[1] d’un père ingénieur en électro-technique[2] et d’une mère femme au foyer[3], deuxième enfant d’une famille catholique qui en comptera sept[3], Étienne Klein poursuit ses études au lycée Louis-le-Grand. Il échoue à l’oral des concours d’entrée à l’École normale supérieure de Paris et à l’École polytechnique[3], mais est admis à l’École centrale de Paris, d’où il sort en 1981 avec le diplôme d’ingénieur, spécialité « Physique de la Matière »[4]. Il obtient un DEA en physique théorique de l’Université Paris-Sud en 1982, un doctorat en philosophie des sciences de l’Université Paris-Diderot en 1999 et l’habilitation à diriger des recherches (HDR) en 2006[5].
Il fait, en 1981, un stage d’été au CERN[6]. C’est à cette occasion que naît son goût pour l’histoire de la physique et ses prolongements philosophiques[7]. Il entre au Commissariat à l’énergie atomique en 1983[7].
Il participe à plusieurs grands projets, notamment à la mise au point de la séparation isotopique par laser et à la conception d’un accélérateur à cavités supraconductrices pour électrons[8]. Détaché au CERN pendant deux ans, entre 1992 et 1994, il participe comme ingénieur à la conception du grand collisionneur de particules européen, le Grand collisionneur de hadrons (Large Hadron Collider, LHC)[9]. Dans le même temps, il enseigne la physique quantique et la physique des particules puis la philosophie des sciences à l’École Centrale de Paris. Pendant cette période, il publie également des chroniques mensuelles dans le magazine La Recherche[10],[11].
Étienne Klein pratique l’alpinisme[12] et d’autres sports d’endurance, tels que l’ultra-trail[13]. Il est père de deux fils, nés de deux mères différentes[3