370 milliards ariary de l’UE : « Dons non remboursables et sans conditionnalités » selon Roland Kobia

Dans un contexte de concurrence accrue entre partenaires financiers pour soutenir Madagascar en pleine crise, l’Union européenne frappe fort.
En début de semaine, le déploiement de 370 milliards d’ariary en faveur de la Grande Île a été annoncé. Des fonds qualifiés de « véritables dons non remboursables », selon Roland Kobia, ambassadeur de l’Union européenne, destinés à l’eau potable et à l’assainissement à Tamatave, au développement économique et à l’emploi, ainsi qu’à la protection de l’environnement et au développement durable. Le message de l’ambassadeur de l’Union européenne est clair : « Tous les fonds sont de véritables dons non remboursables », insiste-t-il. Il précise qu’il s’agit de « nouveaux fonds, pas du recyclage ».
Dans un environnement où les annonces financières se multiplient, l’Union européenne entend marquer sa différence en privilégiant des subventions directes, sans alourdir la dette du pays. À Tamatave, l’accent est mis sur l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, un enjeu sanitaire et social majeur en pleine période de relèvement post-cyclonique. Roland Kobia souligne que « l’argent va directement aux bénéficiaires ». Une précision qui n’est pas anodine : elle vise à rassurer sur la traçabilité et l’efficacité des décaissements, alors que les bailleurs sont de plus en plus attentifs à l’impact concret de leurs engagements. L’ambassadeur ajoute qu’« il n’y a pas de conditionnalités ». Une affirmation forte dans un paysage international souvent marqué par des exigences de réformes structurelles ou de gouvernance.
Suivi rigoureux.
Pour autant, l’absence de conditionnalités ne signifie pas absence de contrôle. « L’UE contrôle l’utilisation des fonds avec ses partenaires, notamment Équipe Europe », explique Roland Kobia. Ce mécanisme regroupe l’Union européenne, ses États membres et leurs institutions financières afin de coordonner les interventions et d’assurer un suivi rigoureux des projets financés. Et l’origine des fonds est également mise en avant. « L’argent vient des citoyens européens des 27 États membres », rappelle l’ambassadeur, citant notamment la France et l’Allemagne comme les plus gros contributeurs. Une manière de souligner que ces ressources procèdent d’un effort collectif et d’un choix politique des contribuables européens en faveur de Madagascar.
De son côté, le gouvernement malgache « a pris un engagement solennel à exercer un contrôle strict supplémentaire pour assurer que tout va aux bénéficiaires directs », selon Roland Kobia. Cette promesse de vigilance accrue intervient dans un contexte où la transparence et la bonne gouvernance conditionnent la crédibilité des partenariats internationaux. Au-delà des chiffres, l’annonce européenne s’inscrit dans une bataille d’influence feutrée mais réelle. Face à d’autres puissances et institutions financières actives à Madagascar, l’Union européenne met en avant la nature non remboursable de ses appuis, l’absence de conditionnalités et le ciblage social et environnemental de ses interventions.
(source: Rija R. – Midi M/kara)