Crise écologique – L’environnement en péril

L’environnement à Madagascar est en grave danger. Les forêts et les espèces endémiques subissent des pressions considérables, accentuées notamment lors de chaque crise politique que traverse le pays. Cette situation résulte de la combinaison de la déforestation, des feux de brousse, de l’exploitation illégale des ressources naturelles et du trafic d’animaux sauvages.
Entre 1960 et 2020, le pays a perdu près de 6 millions d’hectares de couverture forestière, avec une disparition moyenne d’environ 100 000 hectares par an, selon les chiffres présentés par le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Michaël Rafanomezantsoa Manesimana, hier, lors du lancement officiel des assises sur l’environnement et le développement durable au CCI Ivato. Parallèlement, le trafic des espèces endémiques reste difficile à endiguer. Les tortues figurent parmi les espèces les plus prisées des trafiquants. Près de 20 000 individus ont été saisis entre 2018 et 2023, et plus de 9 200 entre 2024 et 2025. Les lémuriens, emblèmes de la biodiversité malgache et qui sont en voie d’extinction, sont également victimes de ce commerce illégal. Plus de 350 individus ont été saisis entre 2000 et 2023, et plus de 90 supplémentaires entre 2024 et 2025.
Recrutement massif
Cette situation déjà préoccupante risque encore de se dégrader dans les prochaines années. Le ministère de l’Environnement et du Développement durable fait face à un grand manque de ressources humaines pour
renforcer la lutte contre les pressions exercées sur l’environnement. « Le pays ne compte que 311 agents forestiers. La situation est d’autant plus préoccupante que 250 d’entre eux vont partir à la retraite dans les trois prochaines années. Un recrutement massif est ainsi indispensable », a déclaré le ministre de l’Environnement et du Développement durable, devant le président de la Refondation de la République de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina, et le chef du gouvernement, Herintsalama Rajaonarivelo, qui assistaient à cet événement. « La loi de finances rectificative sera bientôt examinée ; c’est de votre capacité à défendre le dossier que dépendra la mise en œuvre de notre stratégie », a répliqué le Premier ministre.
D’autres défis ont également été annoncés, dont la révision de certains textes juridiques devenus obsolètes, à l’instar de l’ordonnance régissant les feux de brousse, qui date de 1960 et ne répond plus aux réalités actuelles. Michaël Rafanomezantsoa Manesimana a soulevé le manque de cadrage des investissements internationaux dans l’environnement, qui seraient pourtant conséquents. « Un encadrement plus structuré de ces financements s’avère indispensable. La mise en place d’un tel cadrage permet d’orienter ces ressources vers des projets structurants et prioritaires », a-t-il expliqué.
Le coordonnateur résident des Nations unies à Madagascar, Anthony Ngororano, a indiqué la réalité de l’urgence. « Près de 50 % des terres sont dégradées, plus de 1 million de personnes sont touchées chaque année par des cyclones, la sécheresse ou le kéré… Des champs qui produisent moins, des pêcheurs qui rentrent avec moins et des familles qui deviennent plus vulnérables », a-t-il déclaré.
Le colonel Michaël Randrianirina a souligné, dans le cadre de cet événement, que ces concertations permettront de cerner les dysfonctionnements et de définir les points à améliorer pour mieux protéger l’environnement. « Un pays qui préserve son environnement est un pays qui se développe durablement », a-t-il souligné.
(source: Miangaly Ralitera – lexpress.mg)