Marche pacifique : la Gen Z joue sa crédibilité

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La Gen Z Nationale appelle à une marche pacifique ce jour, avec un départ prévu à 10 heures depuis Ambohijatovo en direction de la place du 13 Mai. A travers cette mobilisation, le mouvement de jeunes entend relancer ses revendications dans un contexte politique en pleine recomposition.

Dans un communiqué publié sur sa page officielle, l’organisation dénonce une « trahison de la lutte » et exige la dissolution, dans un délai de 72 heures, des institutions ju­gées garantes de l’ordre actuel, notamment l’As­semb­lée nationale, la Haute Cour constitutionnelle (HCC) et la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Après l’expiration de l’ultimatum, elle entend poursuivre la mobilisation dans la rue, invoquant un droit fondamental à manifester.
Cette marche est en quel­que sorte une démonstration de force pour un mouvement qui cherche à maintenir sa visibilité et son influence dans le débat public, après avoir joué un rôle actif dans la chute de l’ancien régime.

Intimidations
Toujours sur sa page, la Gen Z Nationale fait état d’un incident survenu à l’issue d’une réunion de ses membres. Selon ses déclarations, un individu se présentant comme un militaire aurait pris en filature les membres de la Gen Z, notamment en prenant des photos de manière clandestine, avant de proférer des menaces à l’encontre de plusieurs jeunes.
Toujours selon ces affirmations, trois d’entre eux auraient été directement visés et se trouveraient actuellement contraints de se cacher. Elle avance également que cet individu aurait confisqué le téléphone de l’un des participants et qu’il circulait dans un véhicule de la Présidence.

Influence
Ces faits interviennent alors que la Gen Z Nationale ne cache pas son intention de revenir à la charge si c’est nécessaire. Si le mouvement s’est imposé comme une force visible lors des manifestations ayant contribué à la chute de l’ancien régime, il peine depuis à structurer une véritable représentation politique.
L’absence de leadership clairement identifié et d’organisation formelle, limite sa capacité à s’imposer durablement dans le paysage politique malgache. Parallèle­ment, l’arrivée au pouvoir du colonel Michaël Randria­nirina, perçu comme le sauveur du mouvement de contestation, a contribué à reconfigurer les équilibres. En outre, le choix du nouveau président de la Refondation de respecter l’ordre constitutionnel, en dépit d’annonces initiales plus radicales, a surpris une partie de la jeunesse mobilisée, qui voit son influence s’éroder progressivement.

Nouvelles dynamiques
Face à cette situation, le lancement d’une concertation nationale des jeunes pour la refondation, le 14 avril, pourrait rebattre les cartes. Cette initiative, appelée à se déployer également dans les régions, ouvre la voie à l’émergence de nouvelles figures issues des collectivités locales.
Dotées d’une légitimité à la fois territoriale et institutionnelle, ces dernières pourraient concurrencer, voire supplanter, les acteurs ac­tuels de la Gen Z Nationale, dont la représentativité repose principalement sur la mobilisation de rue.
La marche prévue ce jour apparaît ainsi comme un moment décisif. Elle permettra de mesurer la capacité du mouvement à mobiliser et à s’imposer comme un acteur incontournable du débat politique.

(source: Tivo Rasam  – newsmada.com)

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