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A l’université d’Oxford, un débat pour déterminer si Israël est « un État d’apartheid responsable d’un génocide »
L’Oxford Union society, qui a accueilli des présidents américains, des célébrités et des néo-nazis, a suscité à nouveau la controverse cette semaine

LONDRES – De Mère Theresa à Albert Einstein en passant par Muammar Kadhafi et O.J. Simpson, l’Oxford Union Society – une institution étudiante de débat renommée établie au sein de l’université la plus prestigieuse du Royaume-Uni – a accueilli du bon, du moins bon et le pire.
L’attachement de l’Union à la liberté d’expression et sa volonté de susciter la controverse seront à nouveau mis en évidence, le 28 novembre, lors d’un débat qui a été intitulé « This House Believes Israel is an Apartheid State Responsible for Genocide » (« Cette assemblée estime qu’Israël est un État d’apartheid responsable d’un génocide »).
Interviendront d’un côté du débat, qui devrait attirer de très nombreux étudiants de l’Université d’Oxford, le politologue américain Norman Finkelstein, l’activiste et auteur israélo-américain Miko Peled, l’autrice palestino-américaine Susan Abulhawa et Mohammed El-Kurd, écrivain, poète et activiste palestinien. Prendront place, de l’autre côté de la table, Natasha Hausdorff et Jonathan Sacerdoti, journaliste britannique qui couvre le Royaume-Uni et l’Europe pour i24 News.
L’Afrique du Sud, défenseur de la cause palestinienne, sur la voie d’un rééquilibrage diplomatique
Après la plainte pour génocide contre l’Etat hébreu déposée par Pretoria auprès de la Cour internationale de justice en décembre 2023, le nouveau gouvernement d’union nationale sud-africain semble infléchir sa position vis-à-vis de Tel-Aviv.

Neuf mois après avoir pris la tête de la croisade contre Israël en déposant plainte pour génocide contre l’Etat hébreu auprès de la Cour internationale de justice (CIJ), l’Afrique du Sud est-elle en train de recalibrer sa politique étrangère ?
A la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, le 24 septembre, le président sud-africain Cyril Ramaphosa l’a répété : « Nous, Sud-Africains, savons à quoi ressemble l’apartheid [et] nous ne resterons pas silencieux en regardant l’apartheid se perpétrer contre d’autres. » Tout en soulignant que son pays était à l’aube d’une « nouvelle ère » depuis la formation d’un gouvernement d’union nationale, en juin.
Figure montante de ce nouvel exécutif, Ronald Lamola, 40 ans, a pris la tête du ministère des affaires étrangères dans un style qui tranche avec celui de sa prédécesseure, Naledi Pandor. Issue de la vieille garde du Congrès national africain (ANC), le mouvement de libération de l’Afrique du Sud marqué par une conception du monde héritée de la guerre froide, Mme Pandor n’a eu de cesse de dénoncer avec véhémence le « double standard » des nations occidentales, notamment en matière de droit international, tout en affichant sa proximité avec la Russie ou l’Iran.
Au cours d’une visite aux Etats-Unis, en mars, elle avait notamment refusé de qualifier l’Iran de régime autoritaire. The Wall Street Journal s’était alors fendu d’un éditorial expliquant que « l’Afrique du Sud a rejoint l’axe antiaméricain ». A l’inverse, Ronald Lamola, également membre de l’ANC, a insisté sur les « valeurs partagées » avec les Etats-Unis au cours d’un déplacement dans le pays en septembre.
Une légère inflexion
Dans le même temps, Anthony Blinken, le secrétaire d’Etat américain, saluait le partenariat « extraordinaire et important » entre les deux nations. Les Etats-Unis sont le deuxième partenaire commercial de l’Afrique du Sud et celle-ci est le premier partenaire commercial des Etats-Unis en Afrique.
« Ronald Lamola est plus ouvert à l’importance de la diplomatie économique, par opposition à une diplomatie purement idéologique », souligne Jakkie Cilliers, directeur de l’Institute for Security Studies, un groupe de réflexion panafricain. Avec ce jeune avocat spécialiste en droit des sociétés et des marchés financiers, il remarque que les « commentaires très durs qu’on a pu voir avec la ministre précédente » ne sont plus d’actualité. Une légère inflexion, qui reflète également la diversité de points de vue au sein du nouveau gouvernement d’union nationale.
Après avoir perdu sa majorité absolue au Parlement pour la première fois depuis la fin de l’apartheid à l’issue des élections du 29 mai, l’ANC partage désormais le pouvoir avec une dizaine de partis. Proche des démocraties occidentales, l’Alliance démocratique (AD), opposant historique de l’ANC, est devenue son principal allié.
Parti libéral, l’AD défend une approche modérée des relations internationales fondée sur la défense des intérêts économiques du pays. Son dirigeant, John Steenhuisen, plaide également pour une position « mesurée, rationnelle et raisonnable sur le Moyen-Orient ». Tout en estimant que l’Afrique du Sud est « dans son droit » en portant plainte auprès de la CIJ, il expliquait en mars que « ce n’est pas l’endroit pour s’agiter en criant “génocide” ».