Kaboul
Pour Biden, le retrait de l’Afghanistan marque la fin de l’interventionnisme américain
«Je vous donne ma parole, du fond de mon cœur. Je suis convaincu que c’est la bonne décision, une sage décision, et la meilleure décision pour l’Amérique», a déclaré le président américain lors d’un discours solennel depuis la Maison-Blanche le 31 août. «Nous étions une nation en guerre depuis trop longtemps», a-t-il jugé ajoutant que le retrait des troupes américaines de l’Afghanistan marquait non seulement la fin de la guerre, mais aussi la fin de l’époque d’interventions militaires américaines «visant à changer d’autres pays».
Afghanistan : chaos à l’aéroport, des milliers d’Afghans tentent de fuir
L’image d’un gros hélicoptère Chinook survolant l’ambassade américaine à Kaboul avait déjà rendu évident le parallèle entre Kaboul 2021 et Saïgon 1975. Les scènes de chaos à l’aéroport Hamid-Karzaï résonnent plus encore avec celles du grand port vietnamien il y a près d’un demi-siècle. Le secrétaire d’État Antony Blinken a beau assurer sur CNN, que «ceci n’est pas Saïgon», rien n’y fait. «Si ce n’est pas un Saïgon 2.0, je ne sais pas ce que c’est», a taclé le député conservateur britannique Tobias Ellwood.
Afghanistan : après 25 ans et une offensive éclair, les Taliban reprennent le pouvoir
Sur les télévisions et les réseaux sociaux, les vidéos s’enchaînent, d’une masse immense errant sur le tarmac, à la recherche d’une voie de sortie. L’aéroport est l’ultime îlot échappant au contrôle des talibans qui, après presque tout l’Afghanistan, ont entièrement pris dimanche soir le contrôle de la capitale. Tous les moyens semblent bons. Une petite foule, surtout de jeunes hommes, court ainsi, s’accrochant aux flans gris d’un énorme C-17 de l’US Air Force roulant avant le décollage, avec un allant étrange, comme s’il s’agissait d’un simple camion en route vers le tunnel sous la Manche. Plus tard ce sont des hélicoptères d’attaque Apache qui volent à ras du sol au-dessus des pistes pour tenter, en vain, d’effaroucher les foules, comme on le fait pour de simples oiseaux, et permettre l’envol des gros-porteurs. Des passagers ont également montré une passerelle d’accès prise d’assaut, une bagarre pour se glisser dans la soute d’un avion C-130 déjà saturée, des coups échangés pour parvenir à fermer la porte d’un Airbus de Kam Air en partance. Ce désespoir a conduit à des drames. Cinq personnes seraient mortes, dont deux dans une chute alors qu’ils s’étaient cachés dans le train d’atterrissage d’un appareil.
(source: Le Figaro)
Afghanistan : les talibans entrent dans Kaboul, le président, Ashraf Ghani, a quitté le pays
Plusieurs représentants afghans, dont l’ancien vice-président Abdullah Abdullah, ont annoncé dimanche que le chef de l’Etat avait quitté le territoire. Les talibans assurent souhaiter un transfert « pacifique » du pouvoir.

Il ne leur restait plus que Kaboul à conquérir. Le président, Ashraf Ghani, a fui l’Afghanistan, dimanche 15 août, laissant de fait le pouvoir aux talibans, qui ont atteint Kaboul, signant ainsi l’épilogue d’une reconquête éclair par les insurgés.
L’annonce a été faite sous couvert d’anonymat par deux représentants afghans à l’agence de presse Associated Press (AP), dimanche 15 août, ainsi que par l’ancien vice-président Abdullah Abdullah dans une vidéo postée en ligne. « L’ancien président a quitté l’Afghanistan, laissant les gens dans cette situation. Il rendra ses comptes devant Dieu et les gens rendront leur jugement », a déclaré M. Abdullah, également chef du Haut Conseil pour la réconciliation nationale. La présidence afghane n’a pour l’heure pas commenté, invoquant des raisons de sécurité.
Les talibans promettent un « transfert pacifique »
« L’Emirat islamique ordonne à toutes ses forces d’attendre aux portes de Kaboul », a d’abord annoncé sur Twitter Zabihullah Mujahid, un porte-parole des talibans. Puis il a précisé qu’elles étaient autorisées à pénétrer dans les zones de la capitale abandonnées par l’armée afghane, pour y maintenir l’ordre. Les talibans ont ainsi intimé aux combattants d’éviter toute violence à Kaboul, de laisser passer les personnes qui veulent partir, et demandé aux femmes de se mettre dans des endroits sûrs, selon un de leurs responsables à Doha, cité par l’agence de presse Reuters.
« J’ai ordonné aux forces de sécurité (…) de garantir la sécurité de tous nos concitoyens. C’est notre responsabilité et nous le ferons de la meilleure manière possible. Quiconque pense à créer le chaos ou à piller sera traité avec force », avait déclaré plus tôt Ashraf Ghani, dans un message vidéo envoyé dimanche à la presse. Appelant les Afghans à « ne pas s’inquiéter », le ministre de l’intérieur, Abdul Sattar Mirzakwal, a assuré qu’un « transfert pacifique du pouvoir » vers un gouvernement de transition allait avoir lieu.
De leur côté, les talibans veulent prendre le contrôle du pouvoir en Afghanistan « dans les jours à venir » par un transfert « pacifique », a dit à la BBC Suhail Shaheen, un porte-parole basé au Qatar dans le cadre d’un groupe engagé dans les négociations. « Nous voulons un gouvernement inclusif (…) ce qui veut dire que tous les Afghans en feront partie », a-t-il assuré.
(source: Le Monde)